FONDS D'ARCHIVES SUR ARCADIE
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Articles de [ et / ou ] sur Arcadie
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Février 2007 > gayvox.com
: Gay Culture < Littérature > par Lionel Duroi
Triangul’ère
n°6, la revue gay
Une nuée de sujets relatifs à l’art homo dessine le fil
rouge d’un exemplaire de Triangul’ère. Dans le numéro
6 paru en décembre 2006, l’éditeur, Christophe Gendron,
ne déroge pas à l’objectif qu’il s’est fixé.
Il nous permet de voyager dans le temps magnifique des décennies qui
ont procédé à ce que nous sommes devenus face à
la norme, au nombre. Pour celles et ceux qui atteignent la quarantaine et plus,
l’éveil de la nostalgie tracera des ombres autour des fantômes.
Plus de 280 pages colorées de photos, dessins et textes aux sujets approfondies.
Une réalisation magnifique.
Au sommaire, la LGBT Historical Society de San
Francisco, comme un contre exemple du peu de cas que font nos édiles
en France des archives LGBT.
Un collectif d’artistes qui revisitent les marins et leur univers plus
ou moins fantasmé. L’homophobie voyageuse, le nu masculin en Chine
etc. Même les quelques pages de publicités créatives n’enlèvent
rien à l’exercice d’une publication classe et de poids !
Enfin, la magistral interview du créateur de la
revue Arcadie.
A collectionner absolument !
Au travers l’entretien ( rarissime ) accordé
par André Baudry, maître d’œuvre de la revue majeure
que fut Arcadie,
Triangul’ère vous transporte au cœur de presque trente
années d’homosexualité ( de 1954 à 1982 ).
Comme le stipule l’introduction, il s’agit de capter la nuance (
de taille pour cette génération ) entre secret et discrétion.
Certes, l’époque des mouches piégeuses et cafteuses dans
les jardins des Tuileries avait officiellement disparu, il n’en demeurait
pas moins que l’homosexuel devait se cacher pour vivre ou survivre.
Question de position sociale, de moyen ou de solidarité intergénérationnelle.
Les vieux et les pauvres trouvaient leur place dans des échanges à
la mesure des désirs défendus. Il fallait bien « faire avec
».
Lisez cet interview pour apprendre que la vente en librairie
de cette revue avait été interdite aux moins de 21 ans par le
Ministère de l’Intérieur jusqu’en 1974.
Vous retiendrez aussi comment André Baudry était surveillé
par la police, comment le chantage le guettait à tous les étages
en commençant par sa concierge et le fils de celle-ci. Les soupçons
de pédophilie allaient bon train.
À titre personnel, j’ajoute que certains
cerbères n’ont pas vraiment changé. Ma gardienne croit toujours
qu’elle détient le pouvoir d’ouvrir mon courrier, de le détourner
et même de me menacer de l’enfer si je ne quitte pas l’immeuble.
Tout n’est donc pas gagné. Un gros travail des consciences est
encore à réaliser. Une évolution n’en chasse pas
forcément une semblable. Elle fait naître de nouveaux besoins à
combler, des discriminations à araser.
Vous découvrirez dans ce long entretien d’André Baudry sur
quel mode s’établissaient les relations avec la force publique,
la justice, l’église, les hommes politiques.
Vous apprendrez aussi de quels sujets on traitait à l’époque.
Ils n’ont pas beaucoup changé. Les échanges avec les parents,
les jeunes, les vieux, tout cela relevait de questions à résoudre,
d’interrogations à porter, d’activités à diriger.
Les souffrances des uns et des autres se régulaient au mieux des possibles
au regard d’un temps qui ne laissait pas beaucoup d’espace de liberté
aux homosexuels en général.
À la radio, à la télévision, dans les tribunaux,
même en loge maçonnique, André Baudry n’a cessé
d’arpenter les couloirs de l’ignorance aussi épaisse que
les interdits absurdes.
Le contenu de la conversation avec Christophe Gendron permet de comprendre la
position du fondateur d’Arcadie.
Homme droit, on lui imputait de ne pas se positionner vraiment à gauche.
Pour autant, rétrospectivement, peut-on reprocher
à ceux qui ont mené le débat jusqu’aux frontières
de nos jours ( heureux ? ) d’avoir déployé autant d’efforts
de manière à ce qu’aujourd’hui la situation des homos
soit un minimum apaisée ?
Afin qu’on puisse en parler autrement en 2007, il fallait qu’un
début naisse quelque part et que ça décoince, ne serait-ce
qu’un peu aux entournures.
Ça manque encore de souplesse ? Qu’à cela ne tienne. Au
moins, nous savons ce que nous avons à accomplir, tous les jours, chacun
avec nous-mêmes et avec les autres, pour qu’évoluent les
mentalités. Par petites touches, il s’agit de faire mouche.
29 12 2006 > magazine illico
n° 163 ( page 6 ) : Interview croisée < de Orion Delain et Christophe
Gendron > par Didier Roth-Bettoni
« Raconter
l’histoire d’un village »
# Si certains doutent de l’existence de la culture
gay, ce n’est à l’évidence pas votre cas …
- Orion [ Delain ] : La culture gay, on a les pieds
dedans ! On ne publie que des artistes qui travaillent sur l’imagerie
gay. Certains font aussi des paysages, des choses abstraites, ça ne nous
intéresse pas. Notre envie, ça a toujours été de
surfer sur la sensibilité de l’art gay, exprès, trop peut-être
diront certains.
- Christophe [ Gendron ] : Personne ne s’y
intéresse, il n’y a pas de revue dans le monde qui s’y intéresse.
Pourtant, en dehors des photographes, il y a beaucoup d’artistes, de peintres,
de dessinateurs…
- Orion : C’est pour cela aussi qu’on
a organisé l’exposition Gay Art au salon Rainbow Attitude en 2005
: pour réunir ces artistes, les faire se rencontrer, faire rencontrer
leurs publics. On a d’ailleurs édité un numéro intermédiaire
de "Triangul’ère" pour perpétuer ce carrefour,
comme on a fait un numéro intermédiaire sur les éditeurs
gay. On veut jouer ce rôle, et si des dessinateurs ou des peintres gay
ne savent pas où publier, qu’ils n’hésitent pas à
nous contacter en envoyant un mail à editions@triangulere.com
- Christophe : Ils ne sont pas nombreux les gays
qui sont prêts à assumer l’art gay sur leurs murs. Avec "Triangul’ère",
ils peuvent l’avoir sur leur table de salon… Pour en revenir à
ta question, qu’est-ce c’est qu’une culture ? Quand il y a
une histoire commune, une persécution commune, un mode de vie commun,
une sexualité commune, quand il y a un art qui se dégage…
ça fait beaucoup de choses communes qu’on peut appeler une culture,
non ?
# Les textes que vous publiez répondent à
la même logique ?
- Orion : Notre
idée de toujours, c’est de laisser des traces de notre histoire.
C’est ce qui fait notre différence avec la presse : on fait parler
les éléphants de la communauté, on raconte notre histoire.
Dans le dernier numéro, c’est André Baudry, le fondateur
d’Arcadie, la première association homosexuelle française
dans les années 50. On a passé 8 jours chez lui en Italie : ça
faisait plus de vingt ans qu’il n’avait pas parlé !
- Christophe : Dès le début, on a
fait participer ceux qui ont compté dans cette histoire, sous forme de
textes qu’on leur a demandé ou d’entretiens. Pierre et Gilles,
Didier Lestrade, Jean-Pol Pouliquen ont parlé dès les premiers
numéros. Ces livres que sont les numéros de " Triangul’ère
", ils racontent l’histoire d’un village.
- Orion : Mais en parlant
de l’histoire, on parle aussi d’aujourd’hui : quand on célèbre
les vingt ans du centre d’archives gay de San Francisco dans le dernier
numéro, c’est aussi pour souligner ce qui se passe à
Paris avec le scandale de ce centre d’archives qui n’arrive pas
à voir le jour. [ le projet de
Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris de l'Association
de Préfiguration du CADHP ]
# C’est un rythme très particulier de
faire un numéro par an. Concrètement, comment est-ce que vous
élaborez un sommaire ?
- Christophe : On s’y
prend très longtemps à l’avance. L’entretien avec
André Baudry par exemple, cela fait trois ans qu’on y pense, qu’on
y travaille. Les thèmes des portfolios collectifs comme "
Les marins " dans le dernier numéro, on les lance très en
amont pour pouvoir contacter les artistes et regrouper les œuvres. Le dernier
numéro vient de sortir mais on sait déjà depuis un moment
ce qu’il y aura dans le prochain.
29 12 2006 > magazine illico
n° 163 ( page 7 ) : par Didier Roth-Bettoni
Un
numéro d'exception
Dire d’une revue qui ne paraît qu’une fois l’an que
son numéro en cours est exceptionnel est un peu ridicule puisque, par
définition, l’exceptionnel est la règle dans ce type de
publication où aucun numéro ne ressemble aux autres.
Et pourtant, le sommaire du numéro l’est véritablement pour
une raison au moins : l’existence en son cœur
d’un très long entretien de plus de 20 pages avec une figure historique
aussi essentielle que secrète du mouvement homosexuel français,
André Baudry, 85 ans.
Depuis qu’en 1982, il avait été contraint de faire disparaître
Arcadie, l’association homo qu’il avait créée en 1954
et la revue [ Arcadie
] qui en était l’émanation, André
Baudry avait quitté la scène, retiré en Italie dans un
silence blessé.
C’est dire l’importance de l’entretien qu’il a accordé
à Christophe Gendron, qu’il a reçu pendant 8 jours et avec
qui il revient sur la création de ce qui fut le premier lieu de rencontres
des homosexuels en France, sur la vie des homos à l’époque,
sur la frilosité de certains grands intellectuels comme Montherlant ou
Jouhandeau, sur ses rapports au fil des années avec la police, avec la
justice, sur les multiples rumeurs malveillantes qui ont couru sur son compte
( indic de la police, ancien séminariste, etc. ), sur son regard sur
l’activisme gay des années 70, sur la fameuse émission radio
de Ménie Grégoire à laquelle il participait lorsqu’elle
fut interrompue par des militants gay, sur les dernières années
de son mouvement et de sa revue, etc.
C’est absolument passionnant, le vieil homme faisant preuve d’une
précision, d’une énergie et d’une force intactes qui
transparaissent dans les belles photos d’Orion Delain.
Parmi les autres contributions de ce numéro très dense, un ensemble
sur l’homophobie auquel participent Louis-Georges Tin et Robert Badinter,
un regard rétrospectif sur le mariage de Bègles avec Noël
Mamère et Caroline Mécary, une présentation
du centre d’archives homo de San Francisco, un portfolio consacré
aux Marins, des expos personnelles d’artistes comme Michel Guillot, Boris
X, Jacques Sultana, etc.
Sans oublier une très belle et très originale contribution de
l’historien Christophe Comentale sur le nu masculin en Chine, illustrée
d’œuvres étonnantes et magnifiques.
# " Triangul’ère " n°6,
disponible en librairie. Ou sur commande www.triangulere.com
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| Documents
de [et/ou] sur
Arcadie
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| Revue
Arcadie
Parutions
voir : Liste générale
Sommaires
1982
342 343 344 : juin juillet août
Numéro d'adieu
1975
261 : septembre
1974
252 : décembre
251 : novembre
250 : octobre
247 248 : juillet août
244 : avril
Actes du Colloque international de
Paris
243 : mars
Actes du Colloque international de
Paris
241 : janvier
Actes du Colloque international de
Paris
1970
202 : octobre
n° spécial Être homosexuel
en France, en 1970
199 200 : juillet août
198 : juin
1969
186 : juin
185 : mai
184 : avril
183 : mars
181 : janvier
1966
146 : février
1965
138 : juin
1964
127 128 : juillet août
1962
100 : avril
1960
82 : octobre
n° spécial Que savons -
nous de l'homophilie ?
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