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Analyse Projet Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris APCADHP
citations à caractère critique, polémique, pédagogique et/ou scientifique des informations

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la sauvegarde des mémoires LGBTQ permet de préserver la vérité sur notre histoire

19 7 2001 : gay.com > par la rédaction
http://www.intl-fr.gay.com/index.html

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Jean Tibéri critique Bertrand Delanoë
dans un journal d'extrême-droite

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On note cette semaine une double offensive de membres RPR et DL de l'opposition municipale parisienne contre Bertrand Delanoë dans un journal d'extrême-droite, et dans un autre qui utilise les thèmes récurrents de cette dernière.
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Ce jeudi 19 juillet, sans complexe, Jean Tibéri accorde une interview à "Minute", journal d'extrême-droite, reprise dans la rubrique "Le coup de gueule de la semaine".

L'ancien maire de Paris estime que "l'exécutif municipal a une pratique préoccupante de la gestion de la concertation à Paris".
- Il faut noter que c'est la deuxième fois en quelques semaines que Jean Tibéri s'exprime dans un média proche de l'extrême-droite.
- Il y a peu, il était l'invité de Radio Courtoisie.
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De son côté, c'est dans L'Hebdo, un journal qui emploie la terminologie et les thèmes récurrents de l'extrême-droite, que Laurent Dominati s'exprimait hier.

"Personne ne s'est aperçu que Bertrand Delanoë est maire de Paris depuis trois mois" prétend le député Démocratie Libérale.

Mais où donc était-il, ces derniers mois, quand Bertrand Delanoë a fait la une des médias lors du deuxième tour des élections municipales, mais aussi lors des différentes auditions du comité olympique pour les JO de 2008, lors de la Gay Pride bien sûr, ou lors de la visite du président syrien ?
-
C'est d'autant plus étonnant que dans son interview, Laurent Dominati évoque longuement la visite à Paris du président syrien, en se félicitant de la "vague d'indignation" qu'elle a soulevé.
- Les médias se sont pourtant largement fait l'écho, à cette occasion, du discours très critique du nouveau maire de Paris ...

"A l'exception de quelques gadgets, il n'y a pas encore grand chose à dire. On n'a pas encore vu la rupture" estime Laurent Dominati à propos des 100 premiers jours du mandat de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris.
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A la mairie de Paris, on se contente de répondre :
- " L'écoute des associations homos,
- les subventions aux associations de lutte contre le Sida ou au Centre Gai et Lesbien
[CGL de Paris],
- l'annonce de la Gay Pride dans le journal municipal
[de Paris],
- le maire ovationné à la Gay Pride,
- les cérémonies de PaCS dans les mairies d'arrondissementts de gauche,
ça n'est pas, pour les gays et lesbiennes, des gadgets, mais bien des actes en rupture forte avec "avant" ! "

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14 6 2005 : le Perroquet Libéré n° 27 (page 2) > par la rédaction
http://www.leperroquetlibere.com/download/Perroquet_27.pdf

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Lyon : 1, Paris : 0
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La Mairie de Lyon a surpris son monde en annonçant la création dans la capitale des Gaules d’un « Centre de Ressources Documentaires Gay et Lesbien ».

Selon [ Michel Chomarat ] le chargé de mission « Mémoire » de la Ville de Lyon, « il était primordial qu’une institution publique accueille ce Centre afin d’en assurer sa pérennité ».
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Une initiative qui offre peut-être une porte de sortie honorable à la Mairie de Paris, embourbée depuis trois ans avec son improbable « Centre d’Archives [ et de Documentation ] Homosexuelles [ de Paris (projet de l'association APCADHP qui est subventionnée de 100 000 euros en septembre 2002 par le Conseil de Paris) ] ».

En laissant à Lyon le soin de mettre en place ce projet « primordial », Paris se sortirait d’une impasse et ferait faire des économies à ses contribuables.

A méditer.

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13 6 2005 : tetu.com > par Paul Parant
http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=1500
http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=1500&date_info=2005-06-13

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France (Mémoire)

Archives Homosexuelles à Paris :
le rapport de Préfiguration a été remis à la Ville
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Le « rapport de Préfiguration » du Conservatoire des Archives et des Mémoires Homosexuelles de Paris [ du Centre d’Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris ? ] (CADHP) a enfin été rendu, vendredi 10 juin, à la Mairie de Paris.
- D'une longueur de 62 pages, le document explicite l'identité, les métiers, le fonctionnement et les activités d'un Centre d'Archives à venir.

Stéphane Martinet, président de l'Association de Préfiguration du CADHP, attend « par pure politesse » que la Mairie [ de Paris ] ait terminé la lecture du document
- avant de le présenter à la Région [ d'île de France ], au Ministère de la Culture (appelés à financer également le Centre) et à la presse.
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La conclusion de la phase de Préfiguration était attendue avec impatience depuis fin 2002, lorsqu'une subvention de 100.000 euros avait été accordée par la Mairie de Paris, afin d'imaginer un lieu pour conserver et mettre à disposition les documents retraçant l'histoire des gays et des lesbiennes.

Un premier Centre d'Archives LGBT vient d'ailleurs d'être installé à Lyon (lire Quotidien du 18 mai).

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À Paris, « la balle est désormais dans le camp des collectivités qui devraient nous accorder un budget de fonctionnement en novembre prochain », explique Stéphane Martinet.
- Dans ce but il rencontrera Odette Christienne, adjointe au Maire de Paris chargée de la Mémoire, à la fin du mois de juin.

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19 au 25 mai 2005 : Le Nouvel Observateur (supplément Paris île de France) n° 2115 (page 25) > par Anne Delabre
http://obsdeparis.nouvelobs.com/articles/p223_2115/a268733.htm

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L’histoire

Gays : Archives enterrées
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Annoncé pour fin 2004, puis début 2005, le projet du futur Centre d’Archives et de Documentation Homosexuel de Paris (CADHP) n’est toujours pas arrivé sur le bureau d’Odette Christienne, adjointe de Bertrand Delanoë chargée de la mémoire.
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En 2002, la Mairie de Paris accorde une subvention de 100 000 € pour préfigurer un Centre d’Archives Homosexuel.

Polémique dès le début.
- Sur la parité du Conseil d’Administration (aujourd’hui respectée),
- sur le président (aujourd’hui remplacé par Stéphane Martinet
[adjoint PS au Maire du 11ème arrondissement de Paris]),
- sur l’initiateur du projet et seul salarié de l’Association [de Préfiguration (APCADHP)], Jean Le Bitoux (licencié en avril 2004)…

Autant de facteurs qui ralentissent les travaux.
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- Aujourd’hui, les 100 000 € sont épuisés,
- le local qui a servi de siège à l’Association a fermé le 15 janvier dernier.

Quand au Rapport de faisabilité, on ne finit plus d’attendre ce qu’il va préconiser.
- Stéphane Martinet assure qu’il sera remis « très prochainement » à l’Hôtel de Ville.

La Mairie [de Paris], qui n’a aucune envie de faire de vagues, estime qu’elle n’en est plus à quelques semaines près.
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Entre-temps, elle a trouvé un point de chute à ce Centre d’Archives encore fantôme :
- il occupera une partie des 250 m2 en plein cœur de Paris dans lesquels le Centre Gai et Lesbien [CGL de Paris île de France] (lieu d’informations et de conseils) va déménager d’ici fin 2005.

- Pour un espace de stockage réservé (le journal « Illico » et quelques associations lui ont déjà confié leurs archives), des documents numérisés
- et des consultations réservées à des professionnels (chercheurs, journalistes), cela devrait suffire.

Mais il reste encore beaucoup de questions en suspens, notamment sur son financement.
- Le dossier embarrasse la Municipalité face à l’embourbement de la situation au fil des mois.
- Avec le risque, à force de jouer à l’Arlésienne, que le futur CADHP ne tourne au « Titanic ».

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28 4 2005 : illico n° 124 (page 18) > par Jean-François Laforgerie
http://www.e-llico.com/content.php?section=actu&id=4101#

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Le Centre d'Archives Gay toujours en rade

CADHP : Les Archives au placard ?
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Le Centre d’Archives Gay de Paris verra-t-il le jour ?
- Trois ans après le vote d’une subvention de 100 000 euros, l’absence d’information sur l’avancement de ce projet emblématique inquiète à la fois les élus et les homosexuels …

Toujours rien ou si peu : l’important retard pris par le projet de Centre d’Archives et de Documentation Homosexuel de Paris (CADHP) agace et inquiète désormais ouvertement.
- Ce délai peu justifié,
- la communication défaillante,
- les évidents problèmes de structures (locaux fermés, salariés licenciés...) peuvent faire douter de l’avenir du projet.

Il en va ainsi des Verts qui ont décidé de demander officiellement des nouvelles du projet lors du prochain Conseil de Paris - mi avril.
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Cette pression politique semble avoir été utile puisque Odette Christienne, Adjointe au Maire en charge de la Mémoire, a enfin reçu, début avril, après l’annonce de l’initiative des Verts, de nouvelles informations sur ce dossier délicat.

- " Nous avons obtenu un rapport d’activités ainsi qu’un bilan financier de l’utilisation de leur subvention de 100 000 euros,
explique Patrice Porcheron, directeur de cabinet d’Odette Christienne.
- Les responsables du projet nous ont indiqué que le rapport [ le résultat de la phase de préfiguration ] était, pour le moment, soumis à l’avis d’experts, d’archivistes, de bibliothécaires pour validation.
- Une fois entériné par le Conseil d’Administration de l’Association de Préfiguration [ du CADHP ], nous recevrons le projet définitif.

Nous savons déjà
- qu’il comportera un plan de développement à cinq ans
- et que l’activité de Bibliothèque pour le grand public initialement prévue serait abandonnée.

- En fait, le projet s’orienterait davantage vers un public de chercheurs. "
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- " Il est exact que nous soumettons notre projet à l’avis de professionnels,
explique l’Association de Préfiguration du CADHP.
- Une fois, cette phase achevée, nous remettrons, avant la fin avril, notre rapport définitif à la Mairie de Paris.

Il est légitime qu’on demande des nouvelles du projet.
- Ce que nous pouvons dire, c’est que nous avons transmis nos bilans moraux et financiers — vérifiés par un Commissaire aux comptesà la Mairie de Paris.
- Nous envisageons d’ailleurs de faire une nouvelle demande de subvention pour 2005 ".
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Depuis 2002 et le versement d’une subvention de 100 000 euros, l’Association [ APCADHP ] n’a en effet sollicité aucune autre subvention, mais la Mairie [ de Paris ] annonce déjà la couleur.

- " Nous n’avons pas eu de demandes en 2004 ni cette année,
explique Patrice Porcheron.
- De toutes façons, notre enveloppe budgétaire pour 2005 ne nous permet pas de subventionner de nouveau cette structure.
- Par ailleurs, il est inenvisageable que le projet dépende des seules subventions municipales, ce serait une gestion de fait d’une structure dont je rappelle qu’elle n’est pas un projet municipal. "
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Cette situation inquiète-t-elle l’équipe du futur CADHP ?
- Pas vraiment même si on concède avoir quelques difficultés à mobiliser des partenaires financiers.

- " Nous avons présenté notre projet au Ministère de la Culture qui semble intéressé mais c’est toujours le cas lorsqu’on ne parle pas encore d’argent.
- C’est, en revanche, plus difficile avec des financeurs privés qui, eux, comprennent mal l’intérêt d’un tel Centre. "

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11 6 2004 : Conseil de Paris > Délibération du Conseil Municipal
http://www.paris.fr/bmo/delib/cmdelib20040607/cmdelib200406072004_sg_71.htm

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2004 SG 71 -

Subvention à l'association
"Archives, Recherches et Cultures Lesbiennes" (12e)
pour son centre de documentation
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Mme Anne HIDALGO, rapporteure.
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Délibération affichée à l'Hôtel-de-Ville
et transmise au représentant de l'Etat le 11 juin 2004
Reçue par le représentant de l'Etat le 11 juin 2004
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Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil Municipal

- Vu le projet de délibération en date du 25 mai 2004 par lequel M. le Maire de Paris
lui demande l'autorisation d'attribuer une subvention à l'association Archives, Recherches et Cultures Lesbiennes pour son action pour son centre de documentation
et lui propose l'attribution d'une subvention correspondante ;

- Sur le rapport présenté par Mme Anne HIDALGO, au nom de la 1ère Commission,

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Délibère :

Article premier
-
Une subvention de 10.000 euros est attribuée à l'Association Archives, Recherches et Cultures Lesbiennes, 163 rue de Charenton (12e)
(X03431).

Art. 2
-
La dépense correspondante sera imputée sur les crédits inscrits au chapitre 65, article 6574, fonction 020, ligne P046 du budget de fonctionnement de la Ville de Paris de 2004.

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5 12 2003 : Le Point n° 1629 > dossier de 13 pages :
- page 34 : La vérité sur Delanoë > par Carl Meeus
- page 42 : Les « one-man-show » du Maire > par Carl Meeus
- page 44 : Culture : l'opium des bobos > par François Dufay
http://www.lepoint.fr/france/document.html?did=139143
- page 45 : Favoritisme municipal > par Charles Jaigu
- page 46 : Les sujets qui fâchent > par Carl Meeus, Sophie Conrard, Mélanie Taravant, Matthieu Noli, Etienne Gernelle
http://www.tassedethe.com/cadres/souscadre/journpages/page8.htm

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Favoritisme municipal
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Bien sûr, les appartements pour les copains, les postes réservés aux Corses et aux Corréziens, c'est fini.

La zone grise du vieux système clientéliste parisien, Bertrand Delanoë peut se targuer d'y avoir mis bonne fin.

Il n'en reste pas moins que « le Maire de tous les Parisiens » a aussi ses amis.

Préfacier d'un album sur « Le Paris arabe », le natif de Tunis a organisé l'autre jour une fête sous les ors de l'Hôtel de Ville pour la fin du ramadan. On imagine déjà les hauts cris s'il y avait célébré le Carême ou Yom Kippour !
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Mais ce sont les subventions aux associations qui révèlent ses préférences.

Ballottée entre exaspération et résignation, l'opposition municipale dénonce une dérive globale :
- « En commission des finances, nous avons à chaque séance une quinzaine de subventions sans justifications : il s'agit toujours de nobles causes, comme l'exclusion ou la lutte contre le sida. C'est bien, mais quand vous avez cinquante associations qui font un travail analogue, on peut se poser des questions »,
proteste Jean-François Legaret, maire UMP du 1er arrondissement, qui ajoute :
- « La gauche plurielle avait réclamé des critères de transparence. Pourquoi ne pas mettre sur pied une commission indépendante pour l'at- tribution des subventions ? »
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Implicitement en cause : un certain tropisme, sinon favoritisme, en faveur de la communauté homosexuelle.

Ce que confirme Ronan Rosec, porte-parole de l'association SOS Homophobie, qui reçoit désormais une subvention de 6 000 euros par an :
- « Cela faisait plus de dix ans que nous réclamions une aide financière. Avec Delanoë, nous avons senti - enfin ! - une volonté globale d'agir dans l'intérêt des homosexuels. »

Même analyse du côté du Centre Gay et Lesbien [(CGL) de Paris], association spécialisée en conseil juridique et en accompagnement psychologique, qui a signé une confortable convention trisannuelle de 100 000 euros par an.

Même la chorale gay Mélo'Men a eu droit à sa subvention ...

Mais la création, sur les deniers publics, d'un Centre d'Archives [et de Documentation] Homosexuelles [de Paris] a encore du mal à trouver preneur.
- Dominique Bertinotti, la Maire PS du 4e arrondissement, a fait savoir qu'elle n'était pas intéressée par un projet au parfum trop communautariste.

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23 6 2003 : Têtu > par Xavier Héraud et Jérôme Gac et Sébastien Barangé
http://www.tetu.com/mobile/info?num=4595

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Les associations reçues à la Mairie de Paris

(Association) France

Les associations gay, lesbiennes et trans ont été reçues par la Mairie de Paris jeudi 19 juin, par Marie-Pierre de la Gontrie, adjointe au maire chargée des associations et de la démocratie locale, et plusieurs autres adjoint(e)s.

La plupart des associations ont souligné la qualité des rapports avec la municipalité, qualité nettement améliorée par rapport aux mandatures précédentes.

Certaines, comme l'APGL ont déploré la diminution ou la suppression des subventions du gouvernement et ont sollicité la mairie pour les aider à palier ce manque.

Tom Reucher, président de l'association des transsexuel(le)s ASB, a exigé une nouvelle réunion de mise à plat du futur Centre d'Archives dirigé par Jean Le Bitoux.

[...]

19 6 2003 : illico (pages 16-18) > par la rédaction
http://www.e-llico.com/content.php?section=actu&id=1775&start=1

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Les dossiers du gay Paris

Argent, grand centre, ligne d’écoute, archives, guide des assos
En six questions (qui fâchent pour certaines d’entre elles),
"Illico" fait, à l’occasion de la Marche, le point sur les dossiers qui agitent le Gay Paris

[...]

> OÙ EN EST LE CENTRE D'ARCHIVES HOMOS DE PARIS ?

L’élection, le 9 mai dernier, d’une nouveau Bureau (cinq femmes sur dix postes) pour l’Association de Préfiguration du Centre d’Archives et de Documentation Homosexuelles (AP CADHP)
- n’a pas apaisé la fureur d’Archilesb et Vigitrans qui déplorent le non respect de la parité
- "puisque seul Jean le Bitoux se voit salarié" (on est prié de ne pas rire !).

Ces groupements attendent toujours une réunion de "remise à plat" qui, compte tenu de la hauteur de vue des arguments avancés - untel est un voleur, la Mairie de Paris est macho… - tient désormais de l’utopie.
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Coté CADHP, c’est désormais Stéphane Martinet (ancien [président] d’Homosexualités Et Socialisme) qui préside l’association dont l’objectif est, en janvier 2004, de rendre une mouture définitive du projet qui devrait notamment mettre l’accent sur la mémoire orale (collecte de témoignages audio, etc.).

D’ores et déjà, un local (rue de Nazareth, 3eme arrondissement) a été ouvert
- mais il ne permet pas l’accueil du public ni le stockage d’archives.

[...]

> OÙ EN EST LA MAISON DES ASSOCIATIONS ?

Le projet de réunir l’Inter-LGBT, le Centre d’Archives Homos et le CGL de Paris dans un lieu unique n’a pas avancé d’un pouce.

La difficulté principale porte sur l’acquisition d’un immeuble dans le parc privé.
- Les immeubles inoccupés et à vendre ne sont pas légion dans le centre de Paris.
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Trois immeubles ont été repérés mais les prix exigés par les propriétaires sont prohibitifs
et la Ville ne peut préempter que si c’est pour un usage municipal.
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En gros, tout est bloqué et les impératifs de stockage (normes techniques précises) du futur Centre d’Archives Homos comme le déménagement déjà programmé du CGL semblent écarter durablement cette solution.

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13 6 2003 : l'Association de Préfiguration du Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris (APCADHP) quitte officiellement l'appartement de son principal fondateur et promoteur [et aussi " seul salarié "] pour un local attribué par la Ville de Paris
http://assoc.journal-officiel.gouv.fr/FormulaireJo.asp

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Association : ASSOCIATION DE PREFIGURATION DU CENTRE D'ARCHIVES ET DE DOCUMENTATION HOMOSEXUELLES DE PARIS

No / Identifiant :

Activité(s) : Divers

No de parution : 20030029 / No d'annonce : 1313

Paru le : 19/07/03

Département (Région) : 75 - Paris (ILE-DE-FRANCE)

Sous-préfecture : Déclaration à la préfecture de police

Type d'annonce : Modification (déclaration d'association)

Date de la déclaration : 13 juin 2003.

Déclaration à la préfecture de police : ASSOCIATION DE PREFIGURATION DU CENTRE D’ARCHIVES ET DE DOCUMENTATION HOMOSEXUELLES DE PARIS

Siège social : 33, rue Rider, 75009 Paris

Transféré ; nouvelle adresse : 37, rue Notre-Dame-de-Nazareth, 75003 Paris

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juin 2003 : Trans Genre Actu n° 06/03 (pages 3 et 7)
http://www.caritig.org/lettre/tga_03_06/tga_03_06.pdf
> communiqué du président du CARITIG (Centre d'Aide, de Recherche et d'Information sur la Transsexualité et l'Identité de Genre)
http://www.caritig.org/articles/actions/extrait_tga_2003_06_b.html

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CADHP
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suite
[à la réunion du Conseil de l'Inter-LGBT]
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Lors de sa dernière réunion le samedi 24 mai, l'Inter-LGBT,
- fédération d'une soixantaine d'associations LGBT dont le CARITIG est adhérent,
- avait au programme une discussion sur son soutien au projet du CADHP (Centre d'Archives et de Documentation des Homosexualités de Paris).

Étant absent, j'ai demandé à Dominique Place [Co - Présidente du CARITIG] de lire une mise au point que j'ai rédigée avant mon départ.

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Message de Armand Hotimsky,
Président - Fondateur du CARITIG
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Chers amis,

Je suis désolé de ne pas pouvoir être parmi vous aujourd'hui. Cependant il faut savoir faire un break de temps en temps.
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Avant mon départ, j'ai appris que le CADHP était au programme de cette réunion. Je souhaite par le biais de Dominique Place, co-Présidente m'expliquer sur ma position, ayant été particulièrement et personnellement investi dans cette histoire.
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Le CARITIG dont je suis le fondateur a toujours travaillé sur les archives trans,
- c'est à travers cet intérêt que j'ai eu l'occasion de rencontrer Gérard Koskovich, voilà deux ans.
- Précisons que Gérard Koskovich est l'un des fondateurs des Archives LGBT de San Francisco.

En novembre dernier, celui-ci m'a proposé d'être membre du Conseil d'Administration du CADHP pour représenter la communauté transgenre.
- Je n'ai pas refusé ni accepté,
- mais j'ai souhaité rencontrer les concepteurs du projet pour en savoir plus et prendre une décision en connaissance de cause.

C'est ainsi que le soir du 1er décembre 2002, j'ai eu l'occasion de rencontrer Jean Le Bitoux.
- Les échanges furent polis néanmoins ses propos sur la question transgenre étaient assez choquants.
- Étant venu plus en temps qu'observateur, j'écoutais attentivement les réponses qu'il donnait à Gérard Koskovich sur la prise en compte de la dimension transgenre dans le projet, elle équivalait celle des lesbiennes, et encore !
- Donc pour être clair cela était loin d'être une priorité, seul les gays étaient importants.

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Malgré les critiques de Marie-Hélène Bourcier et d'autres personnes, je souhaitais rester ouvert à la discussion.
- Pour travailler sérieusement sur la dimension trans au CADHP, je proposais à Le Bitoux que l'on se voit à une autre occasion.
- Finalement, ce rendez-vous n'a pas eu lieu.
- Si Le Bitoux ne m'a pas donné ses coordonnées téléphoniques, il a pris néanmoins les miennes et m'annonça qu'il me joindrait avant la fin de l'année.
- Au 31 décembre, pas d'appel ni plus tard d'ailleurs.

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En janvier, les critiques grondent contre le CADHP.
- Ne souhaitant aucunement cautionner un projet en devenant membre de son Conseil d'Administration, je me suis lancé dans une petite enquête qui m'a amené aux mêmes conclusions que Marie-Hélène Bourcier.
- A partir de ce moment-là, il n'est plus question pour moi de soutenir ce projet en l'espèce.
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Et après discussion avec les membres du Bureau du CARITIG, nous faisons notre communiqué de presse le 23 janvier
http://www.caritig.org/communiques/20030123.html
qui exprime point par point notre pensée :

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la représentation des lesbiennes est quasi-inexistante,
- les transgenres sont ignorés,
- les noms de nombreuses personnes citées dans les Comités de soutien ou d'acquisition ont été utilisés à leur insu,
- la non-transparence du projet est patente,
- certaines analyses historiques dans le premier numéro de la Revue du CADHP sont erronées,
- le choix des futurs salariés ne répond pas à des critères de compétences en gestion d'archives.

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Nous ne sommes pas contre le projet du CADHP,
- mais contre la politique mise en place par les personnes qui en sont les concepteurs.
- Nous regrettons leur impossibilité de communiquer, d'écouter et d'avancer sans ignorer certains acteurs de la communauté LGBT.

Aujourd'hui, nous ne soutenons toujours pas le projet tel quel.

Nous réitérons notre demande de réunion de mise à plat du projet avec toutes les personnes concernées.
- Il est souhaitable de repartir sur de bonnes bases et dans le dialogue
- pour que toute la communauté LGBT soit fière de ce Centre d'Archives et puisse se considérer partie prenante.
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Armand Hotimsky,
Président-Fondateur du CARITIG

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Vous trouverez dans peu de temps un dossier complet sur le site du CARITIG : pour découvrir en détail toute l'histoire du CADHP.

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12 5 2003 : lettre de la Coordination Lesbienne en France (C.L.F.) > association loi 1901, déclarée d’intérêt général
http://membres.lycos.fr/coordlesbiennat
caritig.org
http://www.caritig.org/divers/cadhp_clf.pdf

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Lille, le 12 mai 2003

Monsieur Delanoë, Maire de Paris

Objet : le CADHP

Monsieur le Maire,
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Ouvrir à Paris un Centre d’Archives et de Documentation sur les questions de genre et de sexualité est une nécessité.

C’est pourquoi la Coordination Lesbienne en France a fait part publiquement de sa satisfaction à voir le projet du CADHP soutenu par la Ville.

Et c’est pourquoi aussi nous en avons dénoncé le gai centrisme
- en signant la pétition portée par Archilesb !,
- en publiant un communiqué expliquant notre démarche
- et en rencontrant les instigateurs du projet.
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Il est de notoriété publique que le mouvement lesbien, gai, bi et trans, est en construction
- et qu’il revient de décennies d’indifférence réciproque, d’incompréhensions et parfois de haines et de violences, au moins symboliques.
- Il reproduit lui aussi le patriarcat.
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Mais dans l’affaire du CADHP, on aurait pu éviter la guerre,
- les mots qui blessent
- et les initiatives malheureuses.

L’Histoire se fait, et comme le montre l’expérience de l’Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans, il est possible à force d’intelligence morale et politique, de relever ce défi et de construire un discours et une action vraiment pertinents.

Les initiateurs du CADHP n’ont pas pris la mesure de cette évolution.
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Et la Ville de Paris, en soutenant le projet en l’état, n’a sans doute pas assez écouté celles et ceux qui,
- comme Clémentine Autain lors du Conseil Municipal décisif, ont voulu améliorer le projet.
- Certaines ont alors parlé de « pouvoir gai ».

C’est en tout cas un manque de lucidité politique.
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Maintenant, comment sortir « par le haut » de cette affaire qui empoisonne tout le monde ?
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Depuis plusieurs mois, sur la proposition de Marie-Jo Bonnet, plusieurs organisations, dont la Coordination Lesbienne en France,
- pressent la Ville de Paris d’organiser une réunion sous l’égide de l’Observatoire parisien à la parité
- car elles pensent que cela permettrait une décrispation et une ouverture.

Nous n’avons reçu aucune réponse de la Ville et la guerre continue,
- de tribunes médiatiques en procès,
- de rumeurs en menaces.

Il revient à la Ville de Paris d’apaiser les tensions et d’accompagner au mieux un projet dont elle assure le financement.
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Nous espérons que vous serez sensible à nos arguments
et vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de nos salutations distinguées.
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Nathalie Rubel, Co-présidente de la CLF

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Communiqué de presse du 15 mars 2003 de l'Académie Gay & Lesbienne

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L'Académie Gay & Lesbienne apporte son soutien
pour une réunion de mise à plat du projet du futur CADHP
sous l'égide d'une haute autorité de la Mairie de Paris

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L'Académie Gay et Lesbienne a signé les pétitions des collectifs Archilesb ! et VigiTrans comme de nombreuses associations et personnalités LGBT (plus de 800 signataires), qui réclament l'intégration des lesbiennes et des trans dans le projet du futur Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris (voir les communiqués et pétitions des associations, groupes, etc. sur notre site http://www.archiveshomo.info).
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De plus en plus de voix s'élèvent contre la conception discriminatoire de ce projet qui prétend être "fédérateur de toutes les composantes de la mouvance homosexuelle" :

- l'historienne Marie-Jo Bonnet, avec le soutien de nombreuses personnalités : Elisabeth Badinter (philosophe écrivaine), Francine Bavay (élue du Conseil régional IdF), Geneviève Fraisse (députée européenne), Henri Maurel (archives du G.P.L. et de la radio Fréquence Gaie), etc. ;

- les collectifs : VigiTrans et Archilesb ! avec le soutien de plus de 800 signataires de leurs pétitions, Lopattaq ;

- les associations : Coordination des Lesbiennes en France (CLF), Collectif National pour les Droits des Femmes, Les Voies d'Elles, Académie Gay & Lesbienne, Association du Syndrome de Benjamin (ASB), Centre d'Aide de Recherche et d'Information sur la Transsexualité et l'Identité de Genre (CARITIG), Prévention Action Santé Travail pour les Transgenres (PASTT), etc.

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Les dirigeants de la Mairie de Paris viennent d'accepter le principe d'une réunion de mise à plat sur le projet du futur CADHP sous l'égide d'une haute autorité de la Mairie,
- à la suite de l'entrevue des collectifs Archilesb !, VigiTrans et Lopattaq avec M. Christophe Girard, adjoint au Maire chargé de la culture,
- et de l'entretien de l'historienne Marie-Jo Bonnet avec Mme Benjelloun, conseillère au cabinet de Anne Hidalgo, première adjointe au Maire de Paris.

L'Académie Gay & Lesbienne apporte son soutien pour une réunion avec toutes les parties concernées, ce qui pourrait permettre de :
- faire la lumière sur la gestion du projet du futur CADHP par son Association de Préfiguration,
- de mettre un terme à la discrimination des lesbiennes, des trans, et à l'occultation des centres d'archives LGBT existants,
- de faire le point sur les archives des minorités sexuelles et de genre,
- de demander que la Mairie de Paris aide équitablement les centres d'archives LGBT existants.

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Contre un projet tendancieux qui n'est pas "soutenu
par toutes les composantes de la mouvance homosexuelle
"
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La mise à l'écart de l'histoire des lesbiennes et des trans et de leurs représentant(e)s :

Cette association (créée par trois hommes) prétend que le projet de son futur centre privé d'archives homosexuelles tend à être représentatif et fédérateur de toutes les mouvances gays, bis, lesbiennes et trans alors qu'il y a effectivement d'importants manquements (voir N° spécial "Paris brûle-t-il ?" du magazine 360° de mars 2003).

De plus, ce projet ambitionne d'être une institution d'envergure nationale, et même internationale "à l'instar de Berlin, Amsterdam, San Francisco..."
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M. Christopher Miles, président de l'AP CADHP "persiste et signe" (Agenda du magazine Têtu de février 2003, p. 6) :
- "dans un premier temps le fonds d'archives concernera majoritairement l'homosexualité masculine, pour des raisons historiques." (Chapitre a : Un projet pour toute la communauté gay et lesbienne.)
- "Cette politique d'acquisitions devrait être centrée sur l'histoire du Paris gay [...]" (Chapitre 1 : Le Centre d'Archives.)

D'autre part M. Jean Le Bitoux a fait sa sélection de lesbiennes dans ses commissions consultatives pour "travailler" avec : telles lesbiennes "psychothérapeutes" ou telles lesbiennes "écrivaines", "qu'il ne confond pas" avec telles "lesbiennes radicales" (magazine IB News de mars 2003, page 8).

Enfin, le projet du futur CADHP organise sa promotion par un budget annuel de 50 000 francs de publicité dans la presse gay (mais aucun budget de publicité pour les journaux lesbiens et trans ! ).

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Mais les problèmes de la préfiguration du CADHP ne viennent pas seulement des révoltes des lesbiennes et des trans contre le projet d'un groupe de gays soutenus par la Mairie de Paris :
(voir le recencement des nombreux articles parus dans la presse française et étrangère depuis celui de Libération du 7 décembre 2002 sur notre site http://www.archiveshomo.info).
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L'Association de Préfiguration du CADHP n'est pas une institution publique :

L'AP CADHP n'est qu'une simple association loi 1901 créée le 19 décembre 2001 ayant pour but d'ouvrir un nouveau centre privé d'archives homosexuelles à Paris (Journal Officiel du 26 janvier 2002).

M. Philippe Lasnier, du Cabinet du Maire de Paris, a d'ailleurs répondu que "la vie interne d'une association n'est pas de notre ressort" aux demandes d'intégration des lesbiennes et des trans au projet de l'AP CADHP (Agenda du magazine Têtu de février 2003, p. 6).

D'existence récente ( à peine plus d'un an ! ), cette association n'a donné aucune garantie sérieuse pour la pérennité de ses futures oeuvres.

De plus, le manque de transparence sur sa gestion ( combien de salariés ? et à quels titres ? ) crée davantage de confusion que de confiance.

Par ailleurs, M. Jean Le Bitoux a fait des interventions en qualité de "Directeur du Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris" alors que ce (futur) Centre n'existe qu'à l'état de projet sur le papier de l'Association de Préfiguration qui est elle-même encore domiciliée dans un appartement privé !
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La condescendance envers les autres associations, notamment régionales :

Sans aucune légitimité, cette association considère comme acquis d'office, d'avoir un droit sur les fonds de documents LGBT dans toute la France, et notamment sur les archives d'autres associations antérieures à elle et sur des collections privées.

"Comme institution d'envergure nationale, il doit aussi s'attacher à tisser des liens avec les principales associations régionales, pour [...] [le] dépôt des archives existantes, et pour qu'elles constituent des relais permettant de faire remonter au centre les fonds d'archives dont elles découvrent l'existence." (dossier de présentation du Projet du Centre d'Archives.)
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L'occultation des centres d'archives LGBT existants en France :

"L'Histoire des archives et bibliothèques gays et lesbiennes" dans le dossier de présentation du projet CADHP ne cite que des centres d'archives à l'étranger mais pas les initiatives et ressources françaises LGBT.
Rien sur les archives, ni sur l'histoire et la mémoire de la lutte contre le sida.

"Jean Le Bitoux n'a pas souhaité... donner son avis sur l'Académie Gay et Lesbienne" dans son interview au magazine IB News de mars 2003,

Par contre nous avons mentionné son Projet du futur CADHP et un lien vers le site de son AP CADHP dans notre Recensement annuel des centres et fonds d'archives LGBT en France (voir sur notre site http://www.archiveshomo.info).

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Cette nouvelle association (née neuf mois après l'élection de M. Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris) a bénéficié rapidement 100 000 euros de subventions !

Il ne faudrait pas que ces aides, qui doivent être utiles et profitables à toutes et à tous, instaurent un déséquilibre à l'avantage de la dernière venue, qui est subventionnée pour son projet, et les associations plus anciennes, qui n'ont aucune aide pour leur travail effectif.

Les promoteurs du projet de CADHP n'ont pas le droit de profiter de la puissance des fonds municipaux pour se livrer à une hégémonie déloyale sur les centres d'archives LGBT existants qui n'ont pas les moyens de résister.

D'ailleurs, M. Jean Le Bitoux expliqué ses motivations "de travailler" sur ce projet d'un futur CADHP :
- "C'est le projet de la Ville de Paris, soutenu par Christophe Girard et Bertrand Delanoë. Si M. [Jean] Tibéri avait conservé sa place de maire, nous ne serions pas en train de travailler là dessus. Bertrand Delanoë a bien compris que Paris était une très grande ville au niveau de l'homosexualité. Nous sommes dans une bonne conjoncture" (magazine Têtu de septembre 2002).

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La diversité des ressources et le pluralisme des centres d'archives existants contribuent à la préservation des patrimoines culturels LGBT

Mais les promoteurs du projet CADHP ont écarté celles et ceux qui ont consacré avec passion et sincérité, beaucoup de leur temps, et même de leurs deniers personnels pour contribuer à la sauvegarde des archives LGBT !

L'Histoire retiendra que cette entreprise arrogante, prétend créer LE premier centre d'archives homosexuelles pour bénéficier des subventions et pour marginaliser les initiatives citoyennes antérieures.

L'Académie Gay & Lesbienne a été créée avant que le candidat Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris ait promis son soutien pour un centre d'archives homosexuelles. Aujourd'hui, nous avons déjà archivé environ 20 000 documents GLBT et sida, et notamment sauvegardé les créations éphémères des arts populaires.

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Le déni du travail de notre Conservatoire des Archives et des Mémoires Homosexuelles, nous rend plus déterminés que jamais :
- à poursuivre notre travail d'enrichissement et de mise en valeur de notre fonds d'archives,
- à protéger celui-ci de toute tentative d'appropriation ou de récupération,
- à défendre notre association contre l'hégémonie, l'insulte et l'insinuation.

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5 3 2003 : illico > par Jean-François Laforgerie
http://www.e-llico.com/content.php?section=actu&id=1452

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Les archives autour d’une table

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Les groupes Archilesb et Vigitrans qui ont contesté plusieurs semaines durant avec virulence
et avec des méthodes parfois limites les conditions de mise en place du futur Centre d’Archives Homosexuelles de Paris ont rencontré Christophe Girard, adjoint à la mairie de Paris chargé de la Culture.

Ces deux mouvements se félicitent dans un communiqué d'avoir "obtenu" une "réunion de mise à plat" et espèrent qu'"un nouveau départ puisse être pris dans la réalisation du projet du Centre de manière à ce que celui-ci devienne la maison de toutes les minorités sexuelles et de genre."
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La réalité semble nettement plus nuancée.

Mis régulièrement en cause à coup de déclarations, courriers et communiqués divers, Christophe Girard souhaitait recevoir ses détracteurs, même s'il n'est pas l'adjoint "pilote" sur les questions d’archives.

L’adjoint au maire chargé de la Culture a proposé de tenter de réunir "toutes les parties" (élu-e-s, associations, groupes informels...) concernées par ce dossier autour d'une table pour tenter d’aplanir les divergences existantes étant entendu que le projet en lui-même et ses promoteurs ne sont pas à proprement parler " remis à plat " fait-on savoir du côté de la Mairie.
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Lire notre article : Archives Gay, mauvaise passe

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5 3 2003 : Têtu > par Quotidien
http://www.tetu.com/infos/lire/3673

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"CADHP" : Précisions de la Mairie

(Paris) France

Après le communiqué dans lequel Archilesb et Vigitrans se félicitaient d'avoir "obtenu" une "réunion de mise à plat" et espéraient qu'"un nouveau départ puisse être pris dans la réalisation du projet du Centre de manière à ce que celui-ci devienne la maison de toutes les minorités sexuelles et de genre" (lire Quotidien du 4 février),

la mairie de Paris précise que, sous la houlette de plusieurs adjoint(e)s au maire, dont Odette Christienne qui a la charge des dossiers Archives, elle soutient toujours le projet du Centre d'Archives Homosexuelles (CADHP), ses responsables et sa démarche scientifique et historique.

Elle rappelle que c'est également le cas d'un grand nombre d'associations et de groupes inter-associatifs LGBT (CGL, Inter-LGBT, Archives Lesbiennes, Collectif Pacs etc, ASB, UEEH...).
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A l'Hôtel de Ville, on indique que le rendez-vous accordé la semaine dernière par l'adjoint au maire de Paris en charge de la Culture aux deux collectifs avait pour objectif principal de "mettre fin à divers quiproquos".

Mais, précise-t-on, "il n'y a pas eu au sens propre de "remise à plat" du projet, ni d'intrusion dans la vie démocratique interne de l'association".

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4 3 2003 : Têtu > par Xavier Héraud
http://www.tetu.com/infos/lire/3664

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"Archilesb" et "Vigitrans" à la Mairie de Paris

(Paris) France

Dans un communiqué Archilesb et Vigitrans annoncent avoir rencontré Christophe Girard, adjoint à la mairie de Paris, à propos du futur Centre d'archives piloté par Jean Le Bitoux (lire Têtu n° 75).

Les deux groupes, qui avaient contesté la gestion de ce projet par le co-fondateur de Gai Pied (subventionné à hauteur de 100 000 euros par la mairie de Paris), se félicitent d'avoir "obtenu" une "réunion de mise à plat" et espèrent qu'"un nouveau départ puisse être pris dans la réalisation du projet du Centre de manière à ce que celui-ci devienne la maison de toutes les minorités sexuelles et de genre."

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1er 3 2003 : communiqué commun n° 7 des groupes Archilesb! et VigiTrans

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Archilesb! :
http://www.archiq.fr.vu
Marie-Hélène Bourcier
mhbourcier[AT]free.fr

VigiTrans : http://syndromedebenjamin.free.fr
Tom Reucher
tom.reucher[AT]free.fr

Paris, le 1er mars 2003

Communiqué de Presse n° 7

ARCHILESB! et VIGITRANS
à la Mairie de Paris

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BEAU TRAVAIL !
ARCHILESB!
ET VIGITRANS OBTIENNENT LA REUNION DE MISE A PLAT
QU'ILS APPELLAIENT DE LEUR VŒUX
POUR LE PROJET DE CENTRE D'ARCHIVES ET DE DOCUMENTATION DES HOMOSEXUALITES DE PARIS
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Archilesb!, Vigitrans et le collectif Lopattaq ont été reçus à la Mairie de Paris mercredi 26 février par Mr Christophe Girard, adjoint à la culture au Maire de Paris.

A l'issue de cette rencontre productive, l'engagement fut pris par Mr Christophe Girard d'organiser aussi rapidement que possible une réunion de travail avec toutes les parties concernées.
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Animés par la volonté de voir se mettre en place un Centre d'archives qui compte avec toutes les minorités sexuelles, Archilesb! et Vigitrans avaient adressé en février dernier un courrier à Mr Delanoë pour lui faire part des manquements dans l'actuel projet proposé par Mr Miles et Mr Le Bitoux et demander la tenue d'une réunion de mise à plat.
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En octobre dernier, Archilesb! rejoint en novembre par VigiTrans, ont lancé avec les soutiens du PASTT, du Caritig, de l'Académie Gay & Lesbienne et de nombreux acteurs de la communauté LGBT, deux pétitions pour protester contre l'exclusion des lesbiennes, des transsexuel/les et des transgenres mais aussi de la question du sida de l'actuel projet du Centre de documentation et d'archives homosexuelles de la ville de Paris (CADHP).

Celles-ci ont recueillies plus de 900 signatures à ce jour. La liste des signataires qui comporte
- des associations gaies, lesbiennes, transgenres et féministes (Act-Up Paris, Cineffable, la Coordination lesbienne de France, le collectif Droits des Femmes de Paris... )
- mais aussi de nombreuses personnalités (Pierre Bergé, Alain Touraine, Virginie Despentes... )
- ainsi que de nombreuses signatures à l'international (Lesbian Archives de New York et de Los Angeles, Feminist net of Greece, Teresa de Lauretis de l'université de Santa Cruz, Martha Gever de l'université de Floride... ) avait été jointe aux courriers adressés à Mr Delanoë ainsi qu'au CADHP.
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Archilesb!, Vigitrans et le collectif Lopattaq se réjouissent de constater que leurs revendications soient enfin entendues et qu'un nouveau départ puisse être pris dans la réalisation du projet du Centre de manière à ce que celui-ci devienne la maison de toutes les minorités sexuelles et de genre.
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Pour toute information complémentaire,contacts Presse :

Archilesb! : http://www.archiq.fr.vu
Marie-Hélène Bourcier
mhbourcier[AT]free.fr

VigiTrans : http://syndromedebenjamin.free.fr
Tom Reucher
tom.reucher[AT]free.fr

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9 2 2003 : communiqué commun n° 5 des groupes Archilesb! et VigiTrans

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Archilesb! :
http://www.archiq.fr.vu/
Marie-Hélène Bourcier
mhbourcier[AT]free.fr

VigiTrans : http://syndromedebenjamin.free.fr/
Tom Reucher
tom.reucher[AT]free.fr

Paris, le 9 février 2003

Communiqué de Presse n° 5

Rectificatif suite à la parution d'une
"Réponse de la Mairie de Paris" à Archilesb! et à VigiTrans
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Suite à la diffusion, aux allures de révélation, d'une vraie fausse lettre émanant d'Odette Christienne, adjointe au Maire, chargée du Monde combattant de la Mémoire et des Archives de la Mairie de Paris, et qui vaudrait pour réponse de la Mairie de Paris au courrier conjointement adressé par Archilesb! et Vigitrans au Maire de Paris le 30 janvier dernier :
Archilesb! et Vigitrans tiennent à apporter les précisions suivantes. Merci donc de rectifier.
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Aucune lettre émanant de Mme Christienne n'est parvenue aux intéressés. Joint au téléphone, le cabinet de Mme Christienne nous a simplement précisé que l'adjointe au Maire, chargée du Monde combattant de la Mémoire et des Archives de la Mairie de Paris ne pourrait pas assister à la réunion de mise à plat qu'Archilesb! et Vigitrans appellent de leur voeux en raison d'un emploi du temps trop chargé.

Rappelons que l'objet du courrier au Maire de Paris était de demander que soit organisée une réunion de travail avec toutes les parties concernées en présence de référents de la Mairie de Paris de manière à aider à la mise en place d'un Centre d'archives qui compte avec toutes les minorités sexuelles et de genre. Ce qui est loin d'être le cas actuellement.
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Les arguments distillés en forme de fuite dans Tetu.com avec l'aimable complicité de Judith Silberfeld qui n'a jamais caché son désir d'être la courroie de transmission de Mr Lasnier et qui a fait preuve d'une constante partialité à l'égard d'Archilesb! et de Vigitrans, ne sont donc que la reprise de propos tenus aux représentants d'Archilesb! et de Vigitrans lors de leur rendez-vous avec Mr Lasnier.
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Il serait souhaitable que les modalités de validation du projet dont il est fait état pour bloquer le débat soient enfin communiquées, d'autant que lors des rendez-vous en juin 2001 avec Messieurs Le Bitoux, Piriou, Lalement et Miles, il semblerait que Mme Christienne ait été loin d'approuver avec enthousiasme le projet qui fut par la suite et pour cette raison présenté à Mr Girard.

La mise en avant d'une définition juridique de l'archive augure mal de la méthode et correspond sans doute plus à une humeur procédurière qu'à une réelle connaissance de la spécificité des archives des minorités sexuelles.
Elle ne change rien au fait que le projet en l'état reste discriminatoire, lesbophobe et transphobe, ce qui est loin de faire l'unanimité à l'exécutif de la Mairie.
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Pour mémoire :
- Toujours aucun trans dans le Conseil d'administration ou le comité de pilotage du futur centre sans parler des lesbiennes qui devraient y figurer.
- Des sous-comités qui dans leur structure rappellent la production de l'homosexualité au XIXème siècle ?
- Des sous-comités composés d'experts fantômes : listés à leur insu ou ayant signé les pétitions d'Archilesb ! et de Vigitrans !
- Beaucoup de centres existants, d'organismes ou de particuliers qui refusent de donner leurs fonds au Centre dans l'état actuel du projet.

C'est pourquoi d'Archilesb ! et Vigitrans continuent de demander à ce qu'une réelle parité culturelle se mette en place dès à présent et à tous les niveaux.
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Pour toute information complémentaire,contacts Presse :

Archilesb! : http://www.archiq.fr.vu/
Marie-Hélène Bourcier
mhbourcier[AT]free.fr

VigiTrans : http://syndromedebenjamin.free.fr/
Tom Reucher
tom.reucher[AT]free.fr

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février 2003 : Têtu n° 75 Agenda n° 26 (page 6) > par Xavier Héraud et Jérome Gac
http://www.tetu.com/index.php?set_language=en&cccpage=anciens_numeros_2003
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INFOS

Paris : Polémique autour du Centre d'Archives
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Les lesbiennes sont-elles mises à l'écart du futur Centre d'Archives et de Documentation des Homosexualités de Paris ?
- C'est en tout cas ce qu'estime le groupe Archilesb !, qui a lancé une pétition sur ce thème à la fin du mois d'octobre dernier.
- Depuis, la polémique fait rage. Retour sur le psychodrame de cet hiver, avec les protagonistes du débat.
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Tout est parti d'une pétition lancée par Archilesb !, un groupe informel à la tête duquel se trouvent la sociologue Marie-Hélène Bourcier et l'historienne Marie-Jo Bonnet, lors du dernier festival Cinéffable, en octobre dernier.

Au Coeur du débat,
- la petite place accordée aux lesbiennes dans le projet du futur Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris (CADHP), piloté par Jean Le Bitoux et Christopher Miles,
- et cette phrase, extraite de son dossier de présentation : «Dans un premier temps, le fonds d'archives concernera majoritairement l'homosexualité masculine, pour des raisons historiques».

Archilesb !, dans sa pétition, qui a recueilli à ce jour environ 1 000 signatures, répond : «C'est bien méconnaître l'histoire des mouvements sociaux liés aux politiques sexuelles, qui trouvent leur enracinement dans les cultures féministe et lesbienne, et ce dès les années 70 en France

- Marie-Hélène Bourcier faisait pourtant partie du projet à ses débuts, mais elle avait rapidement claqué la porte.
- La Mairie de Paris, qui a attribué une subvention de 100 000 euros au Centre, a elle aussi été contactée.
- Dans une lettre à Anne Hidalgo, première adjointe au Maire de Paris, Marie-Jo Bonnet fait part de son indignation.
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C'est un article de «Libération» qui met le feu aux poudres.
Démentis, mails «forwardés», rumeurs fusent alors de partout.

Mais c'est un article paru dans Libération du 7 décembre dernier, intitulé «Des lesbiennes en guerre contre le machisme gay», reprenant cette info, qui met le feu aux poudres.

Démentis, mails «forwardés», rumeurs, attaques personnelles fusent alors dans la communauté homo. Chacun choisit son camp.
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La polémique atteint son climax avec l'apparition d'un groupuscule «énervé», le Commando des Lesbiennes Insoumises et Transgressives (CLIT).
- Ce petit groupe fait parvenir quotidiennement à Marie-Hélène Bourcier et à Marie-Jo Bonnet [et aussi à la journaliste Blandine Grosjean, auteure de l'article dans Libération], cinq jours de suite, des lettres anonymes contenant un tampon usagé.
- Au cinquième jour, Marie-Jo Bonnet reçoit une lettre dénonçant la stratégie de victimisation d'Archilesb !.
- L'historienne porte plainte, et Marie-Hélène Bourcier précise qu'elle compte faire de même.
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Le 12 décembre, Jean Le Bitoux et Christopher Miles sortent de leur silence et envoient un communiqué à la presse.

Se défendant de tout «machisme», le CADHP conteste les chiffres avancés par Archilesb ! : 5 femmes seulement sur les 59 participants investis dans le projet :
- «Ces chiffres sont erronés: le comité de soutien compte 35 noms, dont une dizaine de femmes.»
- Et de souligner que le projet est toujours en phase de préfiguration, et qu'il le restera encore de dix-huit à vingt-quatre mois.

Christopher Miles, président du projet, confie avoir vécu «amèrement» les attaques dont le Centre a fait l'objet. Pour ce qui concerne les «raisons historiques» invoquées dans le dossier de présentation du projet, il persiste et signe :
- « La majorité des documents concernant l'homosexualité à la fin du XIXe siècle sont des documents pénaux ou médicaux.
- L'homosexualité féminine n'étant pas pénalisée, ces documents parlent uniquement d'homosexualité masculine.»
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«Par ailleurs, ajoute Jean Le Bitoux, nous avons contacté les Archives Lesbiennes [Archives Recherches Cultures Lesbiennes (ARCL)] pour obtenir les doubles des documents qu'elles possèdent.»
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«Beaucoup de bruit pour rien, finalement», conclut Philippe Lasnier, conseiller de Bertrand Delanoë, notamment sur les questions homosexuelles, qui rejette toute mise en cause de la Mairie [de Paris] :
- «Comme promis début 2001 par Bertrand Delanoë, ce projet mixte a été soutenu grâce à un vote consensuel en septembre 2002.
- Mais la vie interne d'une association n'est pas de notre ressort.»

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Archilesb !, en tout cas, ne compte pas en rester là, comme l'explique Marie-Hélène Bourcier :
- «Archilesb! comme Vigitrans [groupe trans qui soutient la pétition d'Archilesb !] demandent à ce que soit organisée une réunion de mise à plat des objectifs scientifiques et de l'organisation de la préfiguration du Centre en présence d'un référent de la Mairie [de Paris].
- Autant de trans que de lesbiennes et de gays dans les instances, qu'il s'agisse du Comité de pilotage ou du Comité d'administration de l'association.
- Archilesb ! et Vigitrans feront des propositions en ce sens, ainsi qu'en matière d'animation de la réflexion sur la notion d'archives».

Et la sociologue de prévenir :
- «Le CADHP doit apprendre à travailler avec toutes celles et ceux qui le veulent et ont des compétences, et cesser de se comporter en petit chef.
- Le Centre ne se fera pas sans nous !»

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«Pour l'instant, rappelle Christopher Miles, nous n'avons pratiquement pas commencé la collecte d'archives.»

Jean Le Bitoux précise que le Centre, loin d'être opérationnel, est toujours à la recherche d'un local.
- Et le cofondateur de Gai Pied d'appeler de ses voeux la fin de la polémique :

- «Travailler sur les archives demande un minimum de sérénité.»

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31 1 2003 : e-llico > par Jean-François Laforgerie
http://www.e-llico.com/content.php?section=actu&id=1346

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Archives : la Mairie [de Paris] réagit,
la CLF [Coordination Lesbienne en France] s’explique
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La polémique sur le Centre d’Archives et de Documentation Homosexuelle de Paris se poursuit avec deux prises de positions nouvelles.

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Après la demande de réunion formulée par deux mouvements auprès du Maire de Paris, Odette Christienne, adjointe au Maire chargée du Monde combattant, de la Mémoire et des Archives a adressé une réponse par le biais d’un message ayant valeur de mise au point.

Odette Christienne y précise que
- "le projet déposé par l'Association de Préfiguration du Centre d'Archives Homosexuelles de Paris a été, à deux reprises, évalué par la Direction des services d'Archives de
[la Mairie de] Paris qui en a validé la qualité scientifique.
-
La mise en cause de cette dernière dans la lettre adressée le 20 janvier dernier par Archilesb ! Vigitrans paraît donc infondée".

Face aux inquiétudes affichées de voir les lebiennes et les trans marginalisés dans le projet, le communiqué réaffirme par ailleurs que
- "le projet scientifique du CADH de Paris, qui prévoit également un Centre de Documentation destiné à recueillir le plus grand nombre de publications françaises et étrangères de toutes les minorités sexuelles, n'est apparu en aucune façon limité, dans ses perspectives de développement, aux seules archives de la mouvance homosexuelle masculine :
- il prévoit simplement de s'appuyer au démarrage sur les fonds les plus en vue, qui sont souvent aussi ceux dont le sauvetage, en raison notamment de leur volume et de leur ancienneté, apparaît le plus urgent.

Le travail de prospection qu'il est prévu de mener durant la phase de préfiguration se déploiera dans toutes les directions et ne manquera pas de révéler des archives, lesbiennes, gays, bi et trans, aujourd'hui méconnues sinon complètement oubliées".

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De son côté, la Coordination Lesbienne en France (CLF) explicite sa position par un texte dans lequel elle réaffirme
- à la fois son attachement au projet
- et ses préoccupations quant à la mixité.

La CLF écrit :
"Par la dotation d'une subvention de 100.000 euros pour aider au démarrage d'un Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles, la Ville de Paris

- fait un pas historique dans la reconnaissance de l'homosexualité
- et comble ainsi en partie son retard sur d'autres grandes métropoles comme Londres, Berlin, Amsterdam, Barcelone, Montréal ou San Francisco.
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Mais si ailleurs une réflexion préalable et approfondie a en général été menée
- pour éviter une hégémonie gaie tant pour les archives retenues que pour les personnes appelées à participer au projet,
- il nous faut en France encore batailler pour éviter la mise au silence des lesbiennes.
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Ce n'est pas en parlant des lesbiennes
qu'on brise l'universalité,
c'est en n'en parlant pas.
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La Coordination Lesbienne en France (C.L.F.), se donne pour objectif une plus grande visibilité du lesbianisme et des lesbiennes dans ce Centre.

Deux moyens sont déjà mis en œuvre :
- d'une part, le soutien aux démarches qui exigent cette visibilité - c'est ainsi que la C.L.F. est signataire de la pétition " Archilesb !" portée par Marie-Hélène Bourcier, sociologue, et par Marie-Jo Bonnet, historienne -,
- et d'autre part, des contacts réguliers avec les instigateurs du projet du C.A.D.H.P. afin d'imaginer ensemble comment compenser ce déficit à l'égard des lesbiennes d'hier et d'aujourd'hui.
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Notre démarche s'inscrit totalement dans la volonté affichée de parité et d'égalité entre femmes et hommes.

Nous espérons ainsi contribuer au progrès vers une réelle universalité ".
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Lire aussi :
- Archives Gay, mauvaise passe
- Archilesb! et Vigitrans veulent rencontrer Delanoë

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30 1 2003 : Têtu > par Judith Silberfeld
http://www.tetu.com/infos/lire/3471

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(Paris) France :

"CADHP" : Réponse de la Mairie de Paris
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Après la demande d'Archilesb! et de Vigitranz de rencontrer le Maire de Paris afin de discuter avec lui du projet de Centre d'Archives (CADHP), Odette Christienne, adjointe au maire chargée du Monde combattant, de la Mémoire et des Archives, a tenu à faire une mise au point dans une réponse dont Tetu.com s'est procuré une copie.
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Premier point, la "qualité scientifique du projet", mise en cause par Archilesb! et Vigitranz, a été validée par la Direction des services d'Archives de [la Mairie de] Paris, dont l'expertise est indiscutable.

La pétition des deux groupes critiquant la "conception hyperclassique de l'archive", Odette Christienne se réfère à l'article premier de la loi du 3 janvier 1979, rappelant que
- "les archives sont définies en droit comme "l'ensemble des documents, quels que soient leur date, leur forme et leur support matériel, produits ou reçus par toute personne physique ou morale et par tout service ou organisme public ou privé, dans l'exercice de leur activité".
-
Cette définition, très large, permet d'accueillir les archives de toutes les minorités, telles par exemple que les papiers personnels de militantes et de militants ou des documents associatifs."
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Elle souligne également que le projet du CADHP "n'est apparu en aucune façon limité, dans ses perspectives de développement, aux seules archives de la mouvance homosexuelle masculine :
- il prévoit simplement de s'appuyer au démarrage sur les fonds les plus en vue, qui sont souvent aussi ceux dont le sauvetage, en raison notamment de leur volume et de leur ancienneté, apparaît le plus urgent.
-
Le travail de prospection qu'il est prévu de mener durant la phase de préfiguration se déploiera dans toutes les directions et ne manquera pas de révéler des archives, lesbiennes, gays, bi et trans, aujourd'hui méconnues sinon complètement oubliées."
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A la Mairie de Paris, on précise que les deux mouvements ont été reçus au cabinet du Maire,
- Archilesb!, représenté par Marie-Hélène Boursier, à la mi-novembre 2002,
- Vigitranz à la mi-janvier 2003,
et que l'exécutif de la mairie est unanime sur le projet.

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28 1 2003 : Têtu > par Xavier Héraud et Judith Silberfeld
http://www.tetu.com/infos/lire/3456

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(Association) France

Archilesb! et Vigitranz demandent un rendez-vous au Maire de Paris
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Suite à leur pétition (lire Agenda n° 26, avec Têtu n° 75, actuellement en kiosque) protestant contre "l'exclusion des lesbiennes des transsexuel(le)s et transgenres" de l'actuel projet de Centre d'archives parisien piloté par Jean Le Bitoux, Archilesb ! et Vigitranz demande
- un rendez-vous au Maire de Paris, Bertrand Delanoë,
- et l'organisation "d'une réunion de travail avec les parties concernées le plus rapidement possible".
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Lors d'une réunion qui a eu lieu samedi 25 janvier, les associations membres du conseil de l'Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (Inter-LGBT) ont voté l'adhésion de l'Inter-LGBT au Comité des personnes sympathisantes de la Coordination Lesbienne en France (CLF).

L'Inter-LGBT "manifeste ainsi sa détermination à soutenir le mouvement associatif lesbien, et à lutter contre la lesbophobie, les discriminations dont sont victimes les lesbiennes ayant leurs propres spécificités.

L'Inter-LGBT et les associations membres de son Conseil reconnaissent par la même occasion la légitimité de la démarche non-mixte des associations lesbiennes."

L'Inter-LGBT a également choisi le thème de la marche des fiertés 2003 : "Lutter contre toutes les discriminations".

L'Inter-LGBT sur la toile: http://www.inter-lgbt.org

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10 1 2003 : gayvox.com > édito de Lionel Duroi
http://www.gayvox.com/gay/index.php?gays=4&lesbienne=42&rencontre=37&idmenu=958
atitud-inn.com
http://atitud-inn.com/pages/2-5-25-221.html

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Archives Gay à Paris : le feuilleton
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Les fondements de cette polémique trouvent leurs justifications au cœur même de la naissance du projet et de la communication approximative de ces initiateurs.

Je ne suis pas d'accord pour dire comme Jean-François Laforgerie de Illico magazine qu'on cherche une mauvaise querelle au CADHP.
- La question n'est pas de savoir si la querelle est bonne ou mauvaise mais de la comprendre, de l'analyser et de permettre à chacun de s'y retrouver.

Il faudrait que les uns et les autres finissent par entendre que tous les arguments ont une valeur qu'il ne s'agit pas de nier.
- En effet, les arguments des un(e)s et des autres ne sont pas à classés en deux rubriques : Pour ou Contre le CADHP.
- A bien y regarder de près, ils sont tous POUR mais PAS COMME CA !

Or, depuis le début, il est question
- de surdité des porteurs du projet face aux reproches qui bruissent,
- de négation et de non-reconnaissance des initiatives existantes, que ce soit par le silence ou le mépris
(l’un nourrissant l’autre),
- du refus d’entendre des formes de spécificités affirmées, affichées ou défendues de la part des groupes lesbiens notamment.
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Non-reconnaissance et négation

Comme nous l'écrivions le 4 octobre 2002 ici même, le projet dans sa forme initiale, niait les compétences, les structures, les volontés dispersées ça et là dans toute la France, ne faisant référence à titre d'exemples qu'aux centres d'archives à l'étranger.
- Et nous posions la question de savoir ce que pouvait exprimer cette vague volonté fédérative de la part du CADHP qui ne citait pas (donc ne reconnaissait pas) les actions engagées par d'autres, en France.
- Comment le CADHP pouvait-il ainsi se prévaloir d'une volonté fédérative ?
Première erreur.
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Mauvaise foi

Après la publication de notre édito du 4 octobre 2002, nous avons reçu un appel de Monsieur Philippe Lasnier de la Mairie de Paris.

Il nous était reproché de n'avoir pas tenu compte que l'ensemble des élus de la Mairie (opposition comprise) avait voté la subvention de 100 000 euros et qu’à ce titre on pouvait difficilement discuter le bien fondé de cette subvention.
- Ce n’est pas parce que des élus, fussent-ils unanimes, votent une subvention, que nous serions mal placés pour commenter la mise sur orbite du projet (non la décision de le subventionner).
- A cet argument, nous avons répondu que ceci n'expliquait pas cela, à savoir : l'éviction ou l'oubli dans lequel se considéraient ceux qui mènent des actions depuis bien longtemps et auxquels l'équipe du CADHP (Mairie de Paris comprise) n'avait pas prêté d'attention, au motif qu'ils manquaient parfois de sérieux
(je songe à l'Académie Gay & Lesbienne )

Autre argument évoqué : Le projet était évalué comme imparablement sérieux par les politiques parce qu’une liste (elle est où cette liste exhaustive ?) de noms de personnes considérées comme compétentes et représentatives (en quoi ? de qui ?) avait été présentée dans le dossier de demande de subvention à la Mairie de Paris.
- Or, ce que nous reprochions à l'équipe du CADHP, c’était de nous avoir communiqué un dossier incomplet lorsqu'ils nous ont démarché pour nous demander ce que nous ferions des archives de Gai Pied.
- En effet, nous n'avions pas dans le dossier cette fameuse liste de noms. Ce qui voudrait dire, que les politiques ont eu un dossier complet, et pas ceux qui sont détenteurs d'archives et approchés à ce titre.
- Y aurait-il plus d'importance à recevoir 100 000 euros plutôt que 100 000 documents ?
- Que signifie cette manière différenciée de traiter les uns plus que les autres ?
Deuxième erreur.

Il est trop facile de reprocher à certains pétitionnaires de faire référence à 59 membres du Comité scientifique, de jouer sur les mots, de pinailler sur les chiffres et de leur répondre : "Ces chiffres sont erronés : le Comité de Soutien compte 35 noms, dont une dizaine de femmes".
- Au lieu de nourrir la polémique : publiez la liste ! Et donnez-lui un titre clair !
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Quant à savoir par qui est instruit le dossier en Mairie, personnellement, je m'en tape et je ne pense pas être le seul, mais puisqu'il y a polémique autour de ça aussi, disons que si les informations dispensées au public étaient claires, elles seraient clairement reprises.
- Cela dit, ce serait prendre les électeurs pour des imbéciles que de leur faire croire qu'un tel dossier est instruit en Mairie sans que les ténors s'en mêlent un peu au détour des couloirs pour qu'il avance plus vite (et c'est tant mieux !)…
- Cela dit, je lis dans l'article de JFL d'Illico : "le dossier a été instruit par Odette Christienne, adjointe à la Mémoire, et non par l’adjoint à la Culture …"
- Je veux bien, mais c'est à Christophe Girard, Adjoint Chargé de la Culture que le mémorandum intitulé : "Un outil pour la mémoire collective : un Centre de Documentation et d'Archives consacré aux homosexualités" a été remis le 18 juin 2001…
- On va finir par nous faire croire qu'il n'était pas au courant… Arrêtons…

Enfin, le projet n'est pas municipal mais associatif
- qu'est-ce qu'on rigole ! Je commente ou je m'en dispense ?
- Ce projet est avant tout le résultat d'une conjonction d'initiatives personnelles (là encore, je me fiche d'ailleurs qu'à la base ce soit ça, car c'est très bien qu'il existe !) et le prétexte associatif (devenu réalité en partie) n'est là désormais que pour soutenir et impulser tout ce qui sera fait pour ce projet.
- On sait très bien que les élus ont besoin de sentir qu'il y a du monde là derrière…

C'est bien par un traitement inadéquat de l'information et de la communication que pêche le CADHP.
- Nous pensons que c'est bien là l'une des erreurs majeures du projet.
- Ce n’est pas le projet en lui-même qui est visé aujourd’hui par ceux qui se préoccupent de le voir avancer avec un peu plus de rigueur médiatique et d’entente cordiale communautaire.

A bien y regarder de près, à lire entre les lignes des récriminations, des pétitions, des reproches fait par les un(e)s et les autres,
- ce n'est pas le projet d'un grand centre qui est remis en cause mais la manière, la façon, le style, le contenu du projet en lui-même et la constitution de son équipe, sa représentativité qui sont discutés.
- Ce n’est pas parce que les politiques se contentent d’une liste de quelques noms soit disant représentatifs pour faire valoir un quelconque bien-fondé d’une demande de subvention que le projet est en tout point irréprochable.
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Aveuglement et surdité

La pétition d'Archilesb ne dit rien de moins :
- "Pour que cesse l'exclusion des lesbiennes dans le projet du futur centre de documentation et d'archives homosexuelles de Paris !!! Nous demandons que les manquements et les erreurs volontaires commises dans la conception du projet ne perdurent pas et que les différents interlocuteurs (concepteurs du projet et Mairie de Paris) qui en ont été alertés à plusieurs reprises ne fassent plus font la sourde oreille."
- Voilà ce qui pêche : faire la sourde oreille.
- D'un autre côté, qualifier les manquements et les erreurs de "volontaires", c'est peut-être un peu fort… mais ça le deviendra encore plus si en face on se la joue grand seigneur…

Quant à l'argument qui consiste à demander : qui reproche aux Archives Lesbiennes d’interdire leur accès aux hommes ?
- Il est un peu facile et surtout mal venu car Archilesb n'est pas l'ARCL (Archives, Recherches et Cultures Lesbiennes). Et poser la question ainsi, c'est entretenir (voir installer) une confusion qui n'est pas nécessaire.
- En effet, les Archives Lesbiennes de la Maison des Femmes dans le 11ème arrondissement de Paris fonctionnent depuis longtemps selon des modalités qui les regardent et surtout, elles n'ont pas la prétention d'être LA seule et unique référence en la matière.
- Comme elles le communiquent sans détour :

L'association loi 1901 "Archives, Recherches et Cultures Lesbiennes" (communément appelée les Archives Lesbiennes) a été créée en 1984, période où les groupes lesbiens se développaient en grande majorité dans la non-mixité politique.
- Depuis près de vingt ans, l'association poursuit ses buts qui sont de collecter et d'archiver tout document ayant trait au lesbianisme et au féminisme.
- De par l'histoire des mouvements lesbiens et féministes, l'association reste dans une politique de non-mixité qui lui assure une totale indépendance dans ses choix d'acquisition et d'archivage.

Les revendications de groupes et d'associations tels Archilesb! ou Vigitrans (" pour que cesse l'exclusion des lesbiennes, des bi et des trans dans le projet du futur Centre de Documentation et d'Archives Homosexuelles de Paris ") s'inscrivent dans une mouvance politique mixte.

De plus, il est quelque peu déplacé d'aller soudainement reconnaître l'existence de l'ARCL
- parce que c'est arrangeant concernant l'argument polémique de la mixité,
- alors que le CADHP n'est pas fichu de reconnaître ce qui se fait par ailleurs en France et même aux portes de Paris;
je veux parler de l'Académie Gay et Lesbienne !

Enfin, toutes les lesbiennes n'ont pas forcément envie de fonctionner et d'être exclusives comme le sont les Archives Lesbiennes,
- et le CADHP devrait interpréter la requête d'Archilesb ou Vigitrans comme un honneur et ravaler un orgueil sans fondement.

Quant à leur demander : "d'axer leurs efforts pour que le centre trouve enfin un local…" je trouve le propos un peu gonflé.
- Que le CADHP commence par ne pas les ignorer et que la presse cesse de jouer sur la corde culpabilisante !
- Bientôt, et à ce rythme, si le CADHP ne trouve pas de local ce sera de la faute des lesbiennes…

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Pour terminer le tour d'horizon, et pour conclure provisoirement par une note plus modérée, citons la contribution des UEH [ Universités d'Eté Euroméditerranéennes des Homosexualités ] :

"Ce projet doit être fédérateur et soutenu par toutes les composantes de la mouvance homosexuelle…
- Pour ce qui concerne le Centre de ressources documentaires, il doit offrir la plus large documentation possible sur l’ensemble des minorités sexuelles…
- Un fond féministe important devra être constitué, car l’histoire de la libération des homosexuels et des lesbiennes est indissociable de l’essor du mouvement des femmes dans les années 60 et 70…
- Enfin, le fonctionnement du centre, et en particulier celui du Comité scientifique, doit tendre vers la parité." Etc.

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Ha ! Encore un mot. Je ne suis pas certain que "La générosité de la municipalité a réveillé les rivalités."
- Comme l'écrit Blandine Grosjean dans Libération du 7 décembre 2002.
Mais bon…
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Conclusion

Le CADHP est à notre sens l’un des plus beau projet, (avec celui du Grand CGL) que la Municipalité parisienne verra éclore pendant sa mandature s’il est mené à son terme et de la manière la plus fédérative possible.

Il faudra simplement, aux porteurs de ce(s) projet(s) savoir exister avec et au milieu des membres d’une communauté qui se sentent concernés.
- La preuve, le CADHP ne cesse de les intéresser.
- On aurait envie de leur dire à ces personnalités compétentes et représentatives : arrêtez d’être sourds aux reproches qu’il faut entendre comme des conseils et de faire comme si, de toute façon, la réalisation effective aboutira quoi qu’il arrive.

Ce serait comme construire un pont que les automobilistes refuseraient d’emprunter.
- Dites au moins, haut et fort, que vous prenez en compte les remarques et que vous tenez comptes des suggestions (le dire et le faire, cela va de paire…).

Ce serait un début et ça changerait l’ambiance de ce qui fini par être, à notre sens, faussement interprété comme de mauvaises querelles, une lutte de pouvoir, un remake d’un autre âge, un pugilat intra-communautaire dixit Jean-François Laforgerie sur le site E-llico

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7 12 2002 : quotidien Libération > par Blandine Grosjean
http://www.liberation.com/page.php?Article=72664
8.12.02 : tassedethe.com
http://tassedethe.com/cadres/souscadre/webzinfos/dossier%205.htm

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Des lesbiennes parisiennes contre "le machisme gay" : Elles s'estiment
exclues du projet de Centre d'Archives Homosexuelles

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Une partie du mouvement lesbien est en guerre ouverte contre « le pouvoir gay hégémonique et normatif » qui sévirait à Paris, notamment à l'Hôtel de Ville.

Les accusations de « misogynie antiféministe » visant des gays « dominateurs, fonctionnant par copinage » provoquent en retour celles de « lesbiennes hystériques enfermées dans une perpétuelle victimologie ».

Objet de cette poussée phobique : le futur Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles [de Paris], qui vient d'obtenir une subvention de 100 000 euros de la municipalité.
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Remontée.

Deux lesbiennes historiques, chercheuses incontournables du mouvement, Marie-Hélène Bourcier et Marie-Jo Bonnet accusent la Mairie et le promoteur du centre, Jean Le Bitoux, d'avoir exclu les lesbiennes du projet.
- Elles dénoncent la composition du comité de pilotage : 5 femmes sur 59 participants.
- Elles pointent la bibliographie qui ne fait référence qu'à deux ouvrages rédigés par des femmes, l'un américain et l'autre traitant de l'homosexualité masculine.
- Elles ont aussi du mal à digérer un passage de la présentation : « Il est probable que, dans un premier temps, le fonds d'archives concernera majoritairement l'homosexualité masculine pour des raisons historiques. »

Marie-Hélène Bourcier a lancé une pétition qui a déjà recueilli 700 signatures, dont celles d'Act Up, de la Coordination Lesbienne [en France (CLF)], d'élues vertes de la capitale.

Marie-Jo Bonnet a écrit une lettre très remontée à la première adjointe, Anne Hidalgo, chargée de la parité : « Il n'est pas normal qu'il suffise qu'un projet soit présenté par Christophe Girard [adjoint vert à la culture et gay, ndlr] pour obtenir immédiatement de l'argent. »
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La générosité de la municipalité a réveillé les rivalités. Le Centre d'Archives est devenu "le" poste stratégique pour exister. Il sera
- un lieu de conservation de la mémoire,
- un espace de ressources documentaires
- et un outil de recherche
à l'instar des archives d'autres capitales occidentales.

Bertrand Delanoë l'a voulu et, à la Mairie, on explique, énervé par cette querelle, que « seule compte la qualité scientifique du projet soutenu par les grosses structures homosexuelles ».

Nathalie Rubel de la Coordination Lesbienne [en France (CLF)] est persuadée que Jean Le Bitoux n'a pas exclu "sciemment" les lesbiennes : « Il ne se rend pas compte qu'il a tout pensé au masculin, tout construit autour de ses affinités personnelles, qui sont masculines. »
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Alibi.

Pour les féministes de Prochoix, le Centre d'Archives sera gay : « L'ajout du mot lesbien est un alibi.»
- L'association ne se joint pas à cette protestation,
- « mais si la Mairie persiste à refuser une subvention au Festival Lesbien Cinéffable, alors qu'elle a accordé 30 000 euros au Festival
[de Films] Gay et Lesbien [de Paris (FFGLP)] qui est 100 % gay, alors nous dénoncerons ce pouvoir gay parisien. »

René-Paul Leraton, membre du comité de soutien du Centre d'Archives, reste zen : « Les lesbiennes historiques ont l'habitude de s'en prendre aux seuls mecs qu'elles ont sous la main : les pédés ».

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4 12 2002 : atitud-inn.com > par Lionel Duroi
http://www.atitud-inn.com/?pid=2&rid=5&srid=25&ida=205

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Archives Gay à Paris (Le dossier)
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Archives Gay et Lesbiennes à Paris :
- cheval de bataille ou cheval de Troie ? (04.10.02) La semaine dernière, nous étions perplexe face aux mouvements des uns et des autres concernant les Archives Gay et Lesbiennes.
- Cette semaine, nos informations et nos trouvailles… dans les archives justement, nous amènent à nous poser certaines questions à 100 000 € concernant le CADHP(Centre d’Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris).
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100 000 € pour un projet.

C’est la somme allouée par la Ville de Paris à l’Association pour la réalisation d’UN (et non DU ; comme si c’était le seul projet … ! ! !) Centre d’Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris.
- Autrement résumé : CADHP.
- Ce projet est porté par Jean Le Bitoux, auteur du livre "Les oubliés de la mémoire" sur la question de la déportation des triangles roses pendant la seconde guerre mondiale. Livre recommandé à nos internautes…

Pour ceux et celles qui s’intéressent à la question des archives et des recherches sur la culture gay et lesbienne, et particulièrement ceux qui ont aujourd’hui le pouvoir de débloquer des fonds publics pour leur conservation, on a l’impression qu’ils sortent de l’œuf.
- Comme si il n’y avait pas d’autres projets, ailleurs, portés par d’autres, et surtout depuis longtemps…
- Comme si l’actualité des certaines publications et la mise en avant de certaines personnalités du monde gay l’emportaient sur les initiatives depuis longtemps engagées …

Voilà qui n’est pas pour rassurer le public sur la capacité des uns et des autres à savoir définir l’oubli, l’ignorance, la mémoire courte et aussi ce qu’il faudra pour que le projet ait du sens, à savoir :
- fédérer les initiatives dispersées, car il y en a ! Et depuis belle lurette.
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Quelles autres initiatives en France depuis longtemps ?

L’Académie Gay & Lesbienne a, depuis plus de 26 ans,
- acheté régulièrement diverses publications gays, lesbiennes et transgenres avec ses deniers personnels ;
- récupéré d’autres documents, que des gens ne pouvaient garder ;
- collecté systématiquement toutes sortes de documents gratuits (notamment des flyers, aujourd’hui très recherchés) ;
- conservé avec soin l’intégralité de ces collections afin de garder une trace du patrimoine socioculturel gay, lesbien et transgenre,
et tout cela, sans aucune aide publique. Tout ceci à deux pas de la capitale, à Vitry sur Seine.
Elle vient de créer le Conservatoire des Archives et des Mémoires Homosexuelles.

Quant à la Fondation Mémoires des Homosexualités, elle publiait en 1985 un document que j’ai retrouvé.
- Le siège social ? La Librairie Les Mots à la Bouche !
- Créée en 1984, cette association avait un Comité d’honneur où se rencontraient : Jean-Paul Aron, Françoise d’Eaubonne, Dominique Fernandez, Jocelyne François, Daniel Guérin, Michel Maffesoli et Roger Peyrefitte.
- C’est la même structure qui se trouve aujourd’hui dirigée par Christian De Leusse à Marseille.

Il faudrait peut-être lire le livre de Geneviève Pastre : "Une femme en apesanteur" paru chez Balland en mai 2002.
Et puisqu’il faut mâcher le travail aux faiseurs de projets, j’indique les pages : 243 et suivantes. Le titre du chapitre ? "La Fondation Mémoires des Sexualités".

A Lyon, n’y a t-il pas un fond privé d’archives homo [de Michel Chomarat) déposé à la Bibliothèque Municipale [ de la Part-Dieu ] ?
- Et ceci parce qu’il n’y avait pas de structure spécifique à l’époque ?

A la Maison des Femmes à Paris, n’y a t-il pas déjà un travail de conservation des Archives et Recherches de la Culture Lesbienne (ARCL)
- entamé à grand peine car avec peu de moyens malgré les nombreuses requêtes et demandes de soutien formulées depuis longtemps aux instances publiques ?
- Des références ? Pages 244 du livre de G. Pastre, encore !

A Lille, les Editions GKC [ Gay Kitsch Camp ], avec Patrick Cardon n’ont-elles pas un fond d’archives ?
- Un Centre d’Archives [ Centre Européen de Recherches, d'Etudes et de Documentation sur les Sexualités Plurielles et les Interculturalités (CEREDSPI) ] est ouvert au public là-bas depuis deux ans !
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Ce qui étonne quand on lit le document de l’Association pour la réalisation du CADHP,
- ce sont les références qui sont faites aux Centres et autres structures d’Archives Gay qui se trouvent en Hollande, aux USA, à Londres, aux Pays Bas
- bref, surtout pas en France où, personne n’a jamais rien fait avant… du moins, c’est ce qu’on voudrait nous faire croire…

Pourquoi, dans le pré-projet à 100 000 € (car on n’en n’est pas encore un projet de réalisation) financé par la Ville de Paris, n’est-il pas mentionné les sources, ressources et savoir-faire français
- que j’ai d’indiqué et que j’ai trouvé en trois coups de fils ?
- On va objecter que Paris n’est pas la France

Mais alors pourquoi faire référence à ce qui se fait à l’étranger comme si nous étions vierges de toute initiative en France ?
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Pourquoi des gens, bénévoles, qui triment comme des furieux passionnés ont-ils été écartés du projet alors même qu’un tel projet ne peut se réaliser qu’avec un minimum de consensus et d’esprit fédérateur ?

Pourquoi avoir renvoyé dans les cordes les initiateurs de l’Académie Gay et Lesbienne par exemple ?
- Coucou, Monsieur Philippe Lasnier, vous êtes là ? ? ?

N’est-il pas écrit dans le projet du CADHP, que pour réussir, il aura besoin du large soutien de la communauté homo et qu’il faudra mobiliser les énergies pour dégager les conditions de faisabilité ?

Etant donné les voix qui s’élèvent comme un bruit de foule qui hurlent à l’injure, voir à l’injustice, je me dis qu’il va falloir faire un effort du côté de l’ego pour en rabattre un peu et peut-être même aussi du côté de certains copinages qui feraient mieux d’élargir le cercle des amis…
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Alors, ces Archives Gay et Lesbiennes, pour servir qui, pour servir quoi, comment ? ? ?

Des questions à 100 00 Euros tout de même… j’insiste."

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novembre 2002 : A Paris magazine (page 12) > par la Mairie de Paris
http://www.paris.fr/fr/la_mairie/a_paris/Journal/actualites.pdf

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Paris Actualités

PROJET D’UN CENTRE
DE DOCUMENTATION HOMOSEXUELLE

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Mettre à disposition du public et des chercheurs
- un fonds documentaire,
- une bibliothèque,
- un kiosque presse,
- un espace multimédia,
- un site internet

et accueillir parallèlement colloques et expositions.

Tels sont les objectifs du futur Centre d’Archives et de Documentation Homosexuelles qui devrait voir le jour d’ici à deux ans.
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Après Londres, Berlin, Montréal, San Francisco et Barcelone,
le Conseil de Paris a apporté son soutien à la réalisation de ce projet dans la capitale française.

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24 9 2002 : Conseil de Paris > Délibération du Conseil Municipal
http://www.paris.fr/bmo/delib/cmdelib20020923/cmdelib200209232002_dac_348.htm

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2002 DAC 348 -

Autorisation à M. le Maire de Paris de signer
avec l'Association de Préfiguration du
Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris

dont le siège social est situé 33 rue Richer à Paris IXe

une convention relative à l'attribution d'une subvention de fonctionnement (D02427)
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M. Christophe GIRARD, rapporteur
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Délibération affichée à l'Hôtel-de-Ville
et transmise au représentant de l'Etat le 8 octobre 2002
Reçue par le représentant de l'Etat le 8 octobre 2002
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Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil Municipal,

- Vu le projet de délibération en date du 10 septembre 2002, par lequel M. le Maire de Paris lui demande de signer avec l'Association de Préfiguration du Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris, 33 rue Richer à Paris IXe, une convention relative à l'attribution d'une subvention de fonctionnement,

- Sur le rapport présenté par M. Christophe GIRARD au nom de la 9e Commission ;
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Délibère :

Article premier.
- M. le Maire de Paris est autorisé à signer avec l'Association de Préfiguration du Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris, dont le siège social est situé 33, rue Richer à Paris IXe, la convention dont le texte est joint à la présente délibération et qui prévoit l'attribution d'une subvention de fonctionnement. (D02427)

Art. 2.
- Une subvention de 100.000 Euros est attribuée à cette association.

Art. 3.
- La dépense correspondante sera imputée sur le budget de fonctionnement de la Ville de Paris, exercice 2002, ligne 6574, rubrique 33, P013, Provision pour subvention de fonctionnement au titre des archives.

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24 9 2002 : paris.fr > débat au Conseil de Paris
http://www.paris.fr/bmo/debat/cmdebat20020923/cmdebat20020923-90.htm

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90 - 2002, DAC 348

Autorisation à M. le Maire de Paris de signer
avec l'Association de Préfiguration
du Centre d'archives et de Documentations Homosexuel de Paris
(9e)

une convention relative à l'attribution d'une subvention de fonctionnement
Montant : 100.000 euros
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Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente :
- Nous passons au projet de délibération DAC 348 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec l'Association de Préfiguration du Centre d'Archives et de Documentations Homosexuel de Paris (9e), une convention relative à l'attribution d'une subvention de fonctionnement pour un montant de 100.000 euros.
Je donne la parole à Mme Clémentine AUTAIN.

Mme Clémentine AUTAIN, adjointe :
- Chers collègues, je voudrais vraiment apporter mon soutien à ce projet de délibération qui me paraît extrêmement important politiquement et symboliquement puisqu'il s'agit du soutien à l'Association de Préfiguration du Centre d'Archives et de Documentations Homosexuel de Paris.
Je dirai d'abord et simplement : enfin !
Enfin ! Parce que nous sommes très en retard par rapport à de grandes métropoles. Je crois donc qu'il était important que nous sortions, à Paris, de la cécité à l'égard de l'homosexualité. Il est vrai que c'est quelque chose de récent. On sait que la dépénalisation de l'homosexualité ne date que de 1982. On est sur un sujet sensible et l'évolution des mentalités sur ce sujet est récente. Je suis ravie que la Ville de Paris prenne le bon chemin.
Il est vrai que les mouvements gays et lesbiens et le succès de la Lesbian and Gay Pride permettent de sensibiliser l'opinion publique sur la liberté de choix dans l'orientation sexuelle.
Je crois que nous avançons et c'est important. Encore une fois, bravo à la Ville de Paris !
Je voudrais cependant exprimer un souci. Je souhaite que nous soyons très attentifs au juste équilibre entre le mouvement gay et le mouvement lesbien.
Cela me paraît important pour la réussite du projet, la nature de notre soutien et le message que l'on adresse à la communauté.
On sait très bien qu'au sein de la communauté est à l'œuvre la domination masculine comme partout dans la société. On parle des gays et moins des lesbiennes...

Je vois que cela fait ricaner mes collègues de l'opposition.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente :
- Ils sont un peu dissipés. Je vous demande de bien vouloir porter toute l'attention à ce dossier et de faire silence.

Mme Clémentine AUTAIN, adjointe :
- Je voudrais qu'on fasse attention à la bonne répartition pour permettre une juste visibilité de la communauté lesbienne.
Dans l'exposé des motifs, il est fait mention d'un site Internet comportant une histoire du gay-Paris... Et le Paris des lesbiennes ?
Qu'est-ce qui a motivé le choix de dire que c'est un centre d'archives et de documentation homosexuel au lieu de reprendre la terminologie gay et lesbienne qui permet de donner une visibilité aux deux ?
Je voudrais par ailleurs que dans la composition de l'Association et du Comité qui va suivre ce projet, il y ait une place pour la coordination lesbienne.
Ainsi, dans le Conseil d'administration, d'après ce que j'ai compris, il n'y a que trois femmes sur neuf hommes. Peut-être pourrait-on viser la parité ?
Je pense qu'on doit pouvoir trouver des chercheurs et des scientifiques femmes pour être dans ce Conseil d'administration !
J'exprime ce souci. J'y serai attentive. Je pense que ma collègue Anne HIDALGO le sera tout autant.
Place aux gays et aussi aux lesbiennes.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente :
- Avant de passer la parole à M. GIRARD, je voudrais dire combien je suis attentive à tout ce que vient de dire Clémentine AUTAIN.
Dans cette communauté aussi, la question de la discrimination, vous l'avez évoquée, est présente.
La visibilité doit être assurée pour les hommes, comme pour les femmes.

Je me réjouis aussi bien sûr que ce projet voit enfin le jour.
Je donne la parole à M. Christophe GIRARD.

M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission :
- Je ne répondrai pas sur un plan technique. Je laisserai ma collègue Odette CHRISTIENNE en charge de la mémoire de répondre.
Je pense qu'il est normal que les adjoints répondent dans le cadre de leur délégation, mais j'aimerais faire un commentaire qui vient du cœur et de ma conscience.
Je comprends mal qu'en 2002, l'homosexualité soit encore un sujet parfois troublant, dérangeant, amusant. Néanmoins je me souviens d'un léger incident que le Président SÉGUIN avait su atténuer avec autorité et humanité lorsque M. GALDIN a fait, je crois, un commentaire qu'il avait trouvé amusant sur le Maire, "garçon de plage", sur la Gay-pride, devenue marche des fiertés homosexuelles.
Pour éviter qu'il y ait des malentendus, un peu d'attention, et de respect, sont nécessaires. Pourquoi ?
Tout simplement parce que quand on est un ado, que l'on a 12, 13, 14, 15 ans, on se retrouve, comme ce fut mon cas, seul face à sa famille, seul face à ses camarades de lycée, seul face aux professeurs, parce que personne ne vous a expliqué qu'il y a plusieurs formes de sexualité dans la nature.
Pour éviter qu'il y ait des drames et des suicides en chaîne, je crois que si notre Assemblée ici, qui a manifesté à part quelques voix discordantes, plutôt beaucoup de tolérance, beaucoup de progrès à l'endroit des mœurs, vote largement cette subvention, je crois qu'on en sortira grandis, et qu'on donnera de Paris un exemple à la fois de modernité et aussi de tolérance, et plus que de la tolérance, de respect, car c'est ce que nous demandons, les uns et les autres, quand on est concerné dans notre chair, le respect.

Croyez-moi, le respect parfois, cela passe par le silence et l'écoute. Cela passe aussi par une attitude de soutien, d'ouverture et de compréhension.
(Applaudissements).

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente :
- Commentaire fort et utile qui nous touche, tous et toutes.
Madame CHRISTIENNE, vous avez la parole.

Mme Odette CHRISTIENNE, adjointe :
- Je vous remercie, Madame la Maire.
J'ai initié très tôt ce projet avec l'ensemble des demandeurs. Cela s'est passé au début de la mandature.
Je tiens à rassurer quand même Clémentine AUTAIN qui a fait des compliments mais qui a émis certaines réserves.
Je me suis placée sur un autre plan, et je vous dirai pourquoi nous portons l'appui à ce projet que nous souhaitons voir aboutir.

Sur un plan général, toute ouverture d'un centre de documentation d'archives comportant une bibliothèque mise à disposition du public est un bien inestimable dans la mesure où un tel centre propose des outils de travail indispensables à la recherche, à l'écriture de l'histoire. C'est un lieu de rencontres et d'échanges scientifiques.
L'ouverture du centre dont il est question aujourd'hui répond aussi à un besoin historique et scientifique et aussi à un besoin de "travail de mémoire" que vous avez souligné, avec une bibliothèque proposant un très large éventail culturel : histoire, sociologie, littérature, arts, etc.
Il s'agit également de "regrouper toutes les tranches de vie parisienne provisoires urbaines ou rurales" autrement dit de créer un centre de référence pour aider à une écriture "juste et sincère" de l'histoire.
Les porteurs du projet affirment sa neutralité et son indépendance vis-à-vis de telle école de pensée ou de recherche, donc a fortiori de groupes, nous dirons sexués.
Nous insistons sur la qualité scientifique du projet. En effet, le Comité scientifique de haut niveau comprend de nombreux universitaires, des journalistes, des responsables associatifs, de très nombreuses associations.
Il ne s'agit pas de parler de gays, de lesbiennes et il s'agit de l'ensemble des associations.
Le travail réalisé en amont est très important et sérieux et a été souligné par le directeur des archives auquel j'avais demandé une analyse du dossier. Cela a donc été fait de manière très approfondie.
De très nombreux fonds ont déjà été recensés avec le soutien des Archives de Paris qui ont validé le projet et pourront également éventuellement assister le porteur de projets archivistiques comme pour les autres associations.

La faisabilité du projet ne fait pas de doutes, pas plus que la capacité des animateurs à le mener à bien.
Nous signalons que des partenariats ont été noués avec de nombreux centres de recherches en province : Lyon, Reims, Rennes, Bordeaux, Marseille, Lille, Dijon, Orléans, Montpellier, Strasbourg, Nantes, Rouen, Clermont-Ferrand, la liste n'est pas exhaustive, avec des centres d'archives et de chercheurs étrangers, et des chercheurs indépendants étrangers aussi, ce qui assurera un véritable rayonnement international.
En créant le centre, Paris rejoindra Londres, Berlin, Amsterdam, Barcelone, Montréal, San Francisco.
Nous affirmons la légitimité scientifique, culturelle et citoyenne de ce projet.
Nous souhaitons que soit attribuée la subvention de la Mairie de Paris pour aider à son démarrage.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et radical de gauche).

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente :
- Merci beaucoup, Madame la Maire, pour ces précisions.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 348.
- Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ?
- Le projet de délibération est adopté. (2002, DAC 348).

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6 9 2002 : fr.gay.com > par la rédaction
http://www.intl-fr.gay.com/actu/2927
http://fr.gay.com/headlines/253
http://fr.gay.com/v2/headlines/253

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Paris : le projet de Centre d'Archives
et de Documentation Gay
avance

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Le projet de Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelle avance.
- Pendant la campagne des élections municipales, Bertrand Delanoë s'était engagé à l'aider.
- Depuis, l'équipe du futur Centre travaille avec l'équipe municipale afin que le Centre puisse sortir de terre rapidement.
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Le projet est piloté par Jean Le Bitoux et Christopher Miles.

Peu connu des plus jeunes, Jean Le Bitoux est une figure du milieu homosexuel depuis 30 ans.
- Il a fondé le journal Gai Pied en 1979,
- a participé activement à la lutte contre le SIDA
[ en tant que salarié de l'association Aides ],
- s'est passionné pour la reconnaissance de la déportation des homosexuels par les nazis.

[...]

Les 23 et 24 septembre prochains, lors du Conseil de Paris, il sera proposé aux élus de voter pour une subvention de 100 000 euros pour le Centre d'Archives [et de Documentation Homosexuelles de Paris (CADHP)].
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La région Ile-de-France sera également sollicitée pour une subvention.
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Le budget prévoit 3 salariés permanents pour animer les lieux,
- dont un conservateur d'archives
- et une personne dédiée à la mise en place d'un futur site Internet.

La Mairie de Paris cherche un petit local provisoire, de préférence dans le quatrième arrondissement.
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Afin d'essayer d'éviter les réactions homophobes auxquels certains élus parisiens de droite ont habitué le Conseil de Paris, Jean-Luc Roméro, a écrit à tous les présidents de groupe à la Mairie de Paris.

[...]

12 6 2002 : gay.com > par la rédaction
http://www.intl-fr.gay.com/index.html

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Les associations gays reçues ce mercredi soir
à la Mairie de Paris

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Des responsables d'associations LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) parisiennes seront reçues ce mercredi en fin d'après-midi à l'Hôtel de Ville de Paris par des collaborateurs de Bertrand Delanoë.

Cette rencontre avait été mise en place l'an dernier, après l'élection à la mairie de Paris du candidat de la gauche plurielle.
- Le 18 juin 2001, pour cette première, ce sont environ 80 associations LGBT qui avaient rencontré maires adjoints et conseillers à la Mairie de Paris, pendant près de trois heures.

Le but est de permettre aux responsables associatifs de rencontrer des maires adjoints ou leurs représentants, chargés des associations, de la Culture, des affaires sociales, de l'intégration, de la lutte contre l'exclusion etc.

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28 2 au 6 3 2002 : Nouvel Observateur (supplément Paris - Ile de France) n° 1947 (page 16) > par Eric Lamien
http://obsdeparis.nouvelobs.com/articles/p64/a12078.htm

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Le Gay Marais : Ghetto ou village ?

Oui au droit à l’indifférence
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Avec l'Hôtel de Ville de Paris, tout baigne.
- Et des petits Marais commencent à faire souche dans le 95 et le 77.
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Entre les gays parisiens et la nouvelle équipe municipale, les signes de bonne entente sont patents.

Alors que la précédente municipalité ne prenait même pas la peine de répondre aux demandes du monde associatif, à peine élu, Bertrand Delanoë a
- nommé un Médiateur Gay à son cabinet
(lire portrait page 13)
- et débloqué les premières subventions pour le Centre Gay et Lesbien [CGL de Paris], le Festival du Film Gay et Lesbien [de Paris (FFGLP)] ou SOS Homophobie

Mais le financement n’est qu’un aspect parmi d’autres.
- La plupart des Mairies d’arrondissement détenues par la gauche plurielle organisent désormais des « cérémonies républicaines de PaCS ».
- Les installations municipales sont plus facilement accessibles aux groupes sportifs gays parisiens.
- Et les futures « Maisons d’Associations » (une par arrondissement) devront accueillir les structures gays et lesbiennes.
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De plus, la nouvelle campagne de lutte contre le sida élaborée par la municipalité comprend pour la première fois des visuels explicitement gays.
- Ils seront diffusés fin avril dans la presse homosexuelle, ainsi que dans le milieu associatif et commercial.
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On est même en passe d’oublier le couac de cet automne, quand Bertrand Delanoë s’était opposé à une proposition de son Adjoint à la Culture, Christophe Girard (Verts).
- Celui-ci ambitionnait de transformer le théâtre désaffecté de la Gaîté-Lyrique en Bibliothèque Gay et Lesbienne.
- La Gaîté-Lyrique sera finalement vouée aux « musiques nouvelles ».

Mais le Maire de Paris s’est engagé à soutenir la création d’un Centre d’Archives Homosexuelles.
- Une « étude de faisabilité » devrait être en grande partie financée par l’Hôtel de Ville (1).

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Christophe Girard
entend cependant continuer à tenir «un rôle omniprésent et vigilant» sur les questions qui touchent à la communauté gay.

- Dans son périmètre d’action, il a demandé à la Direction des Affaires Culturelles de sensibiliser les Bibliothèques Municipales : les livres traitant de l’homosexualité étaient absents des rayons.
- Et il s’engage à soutenir les projets culturels gays, tout en restant lucide : «Il s’agit de faire respecter une véritable pluralité. Mais toujours avec des critères de qualité: l’homosexualité ne donne pas forcément du talent.»
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(1)
Pour présenter son projet, l’Association Pour la réalisation du Centre d’Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris organise, le 6 avril, un colloque à l’Institut d’Etudes politiques de Paris.

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5 2 2003 : 20 minutes > par la rédaction
http://www.20minutes.fr/

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Archives Homos, pas machistes
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Face aux attaques des mouvements Archilesb! et Vigitrans, dénonçant la mise à l’écart des lesbiennes dans le projet de Centre d’Archives Homosexuelles,
la Mairie de Paris organise sa défense.

Odette Christienne, adjointe au Maire chargée de la mémoire et des archives, rappelle que
- « la Direction des services d’Archives de Paris en a validé la qualité scientifique ».

Ce projet a pour but de rassembler écrits, témoignages, presse, revues… du monde homosexuel.
- « Il n’est apparu en aucune façon limité aux seules archives de la mouvance homosexuelle masculine », ajoute encore l’élue.
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A l’Hôtel de Ville, on rappelle que le collectif d’associations lesbiennes, gays, bi et trans, « reconnues donc représentatives (…) soutiennent sans réserve ce projet »

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19 7 2001 : gay.com > par la rédaction
http://www.intl-fr.gay.com/index.html

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Jean Tibéri critique Bertrand Delanoë
dans un journal d'extrême-droite

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On note cette semaine une double offensive de membres RPR et DL de l'opposition municipale parisienne contre Bertrand Delanoë dans un journal d'extrême-droite, et dans un autre qui utilise les thèmes récurrents de cette dernière.
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Ce jeudi 19 juillet, sans complexe, Jean Tibéri accorde une interview à "Minute", journal d'extrême-droite, reprise dans la rubrique "Le coup de gueule de la semaine".

L'ancien maire de Paris estime que "l'exécutif municipal a une pratique préoccupante de la gestion de la concertation à Paris".
- Il faut noter que c'est la deuxième fois en quelques semaines que Jean Tibéri s'exprime dans un média proche de l'extrême-droite.
- Il y a peu, il était l'invité de Radio Courtoisie.
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De son côté, c'est dans L'Hebdo, un journal qui emploie la terminologie et les thèmes récurrents de l'extrême-droite, que Laurent Dominati s'exprimait hier.

"Personne ne s'est aperçu que Bertrand Delanoë est maire de Paris depuis trois mois" prétend le député Démocratie Libérale.

Mais où donc était-il, ces derniers mois, quand Bertrand Delanoë a fait la une des médias lors du deuxième tour des élections municipales, mais aussi lors des différentes auditions du comité olympique pour les JO de 2008, lors de la Gay Pride bien sûr, ou lors de la visite du président syrien ?
-
C'est d'autant plus étonnant que dans son interview, Laurent Dominati évoque longuement la visite à Paris du président syrien, en se félicitant de la "vague d'indignation" qu'elle a soulevé.
- Les médias se sont pourtant largement fait l'écho, à cette occasion, du discours très critique du nouveau maire de Paris ...

"A l'exception de quelques gadgets, il n'y a pas encore grand chose à dire. On n'a pas encore vu la rupture" estime Laurent Dominati à propos des 100 premiers jours du mandat de Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris.
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A la mairie de Paris, on se contente de répondre :
- " L'écoute des associations homos,
- les subventions aux associations de lutte contre le Sida ou au Centre Gai et Lesbien
[CGL de Paris],
- l'annonce de la Gay Pride dans le journal municipal
[de Paris],
- le maire ovationné à la Gay Pride,
- les cérémonies de PaCS dans les mairies d'arrondissementts de gauche,
ça n'est pas, pour les gays et lesbiennes, des gadgets, mais bien des actes en rupture forte avec "avant" ! "

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18 6 2001 : gay.com > par la rédaction
http://www.intl-fr.gay.com/index.html
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80 associations gays et lesbiennes
reçues à la Mairie de Paris

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Environ 80 associations gays et lesbiennes ont rencontré maires adjoints et conseillers à la Mairie de Paris lundi 18 juin pendant près de trois heures.

Cette rencontre, qui était une première à l'Hôtel de Ville, a permis à de nombreux responsables associatifs de rencontrer une dizaine de Maires adjoints (ou leurs représentants, chargés des associations et de la Culture bien sûr, mais aussi des affaires sociales, de l'intégration, de la lutte contre l'exclusion etc.
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- " Les gens se sont lâchés, ont dit ce qu'ils avaient à dire, y compris des gens très revendicatifs "
explique à Gay.com, Philippe Lasnier, membre du cabinet de Bertrand Delanoë, chargé des questions liées à l'homosexualité.

- " Des associations très revendicatrices ont dit "Je crois rêver, pincez moi !"
- Quelqu'un a aussi dit "C'est historique !" même si ça me semblait normal "
ajoute Philippe Lasnier.

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