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16 3 2002 :
Premières assises de la Mémoire Gay
à la Bibliothèque de la Part-Dieu
de Lyon
http://www.bm-lyon.fr
> organisées par Michel Chomarat, directeur
de Mémoire Gaie
>
intervention de Michèle Larrouy, présidente
des Archives, Recherches, Cultures Lesbiennes (ARCL)
http://arcl.free.fr/article.php3?id_article=9
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HISTOIRE DE LASSOCIATION
.
1.
Historique du collectif
Le
Centre des Archives, Recherches, Cultures Lesbiennes
a été créé en 1983 à une époque
où le milieu comme le mouvement lesbien était en plein
essor :
- des groupes, associations, lieux existaient à Lille,
Nantes, Nancy, Grenoble, Paris, Rennes, Lyon, Toulouse, Marseille,
Tour, Rouen, Besançon, dans une rupture plus ou moins
totale avec le féminisme hétérosexuel comme
avec le mouvement homosexuel mixte.
- Des journaux et revues lesbiennes françaises et francophones
étaient publiées : Lesbia, Espaces, lAgendienne,
Amazonne dHier, Lesbienne dAujourdhui
au Québec, les Lesbiannaires en Belgique,
CLIT 007 en Suisse.
Ces
groupes avaient conscience de se projeter vers lavenir, le
désir de réunir toutes les traces lesbiennes possibles
ainsi que de se rendre visibles.
- Les ARCL se créèrent grâce à
cette dynamique.
- Mais les années « théoriques » se vivront
petit à petit au passé pour une grande majorité
du milieu lesbien.
Larrivée
au pouvoir du gouvernement PS en 1981 va provoquer
petit à petit une dépolitisation, une disparition
ou une intégration de nombre de mouvances en lutte.
- Bien sûr, la peur de la répression liée au
pouvoir de droite disparaît et permet de développer
une dynamique de visibilité ;
- mais cela se traduit aussi par un refus de poursuivre les analyses
théoriques et des pratiques radicales et féministes,
danalyser loppression des femmes par le groupe social
masculin, grille obligée pour " lire " la société
libérale, raciste, machiste, blanche...
.
2.
Le collectif
Raconter un
lieu matériel, temporel, symbolique et vivant cest
aussi raconter les lesbiennes qui le font vivre.
- De nombreuses lesbiennes ont participé à la vie
du Lieu, au développement du fonds, aux collectifs successifs.
Il
faut rendre hommage à Claudie Lesselier, historienne
qui est lune de celles sans qui les A.R.C.L.
nexisteraient pas.
- "Maintenir les liens avec les associations groupes ou journaux
au niveau international est un travail permanent de relances car
il y a toujours un danger que ceux-ci se relâchent et disparaissent"
Claudie Lesselier (Bilan ARCL, bulletin n°
11, 1992).
Ces
dernières années, le collectif sest
stabilisé avec 6 à 8 militantes actives. Linvestissement
dans le lieu Archives nest pas un investissement
politique et lesbien classique :
- il y faut des compétences techniques de classement, une
connaissance approfondie du fonds comme de lhistoire du mouvement
féministe et lesbien.
- Collecter les documents, trier, classer, ranger, rendre accessible
à toute.
Par ailleurs, les archives accueillent cycliquement de nouvelles
collaboratrices qui, en travaillant sur des thématiques personnelles
permettent de faire vivre le fonds en laissant une trace de leur
travail.
Nous ne pouvons
pas nous comporter comme un groupe de réflexions théoriques
ou dactions classiques.
Nous
prenons peu de temps pour des débats, hors celui de larchivage
;
pourtant, nous nous sommes retrouvées
- sous des banderoles dénonçant lhétéro-sexisme
durant les grandes grèves sociales en 1995 en France,
- contre le Front National
- et à chaque Fierté Lesbienne avec
des mots dordre très radicaux.
Mais nous sommes avant tout un centre
de documentation.
.
3.
Le fonds et sa politique de rassemblement
Existant
depuis 1984,
- et
ayant dès son ouverture - déjà - des documents
datant de plus de 15 ans ;
- aujourdhui les armoires, étagères et autres
placards croulent sous les livres, les dossiers, les boîtes
de photos, cassettes audio, vidéos, affiches, badges etc.
!
Lévolution
du fonds
- A sa
création entre 82 et 84, les lesbiennes du premier collectif
" les Feuilles Vives " font don de documents
plutôt littérature grise, et journaux du mouvement
lesbien, féministe et homosexuel depuis 1971 : tracts, affiches,
photos, romans basiques lesbiens, essais théoriques en français,
anglais, allemand, espagnol...
- Le bulletin
mensuel de lassociation diffusé largement et échangé
aux autres archives a été réalisé jusquen
1992.
- En 1989
le collectif crée le premier Annuaire des Lieux Lesbiens
Féministes et Homosexuels mixtes. Il fut la seule
banque de données sur le sujet pendant plus de 5 ans.
- En 1990
il y a plus de 80 Revues en abonnement ou échange du bulletin
des Archives Lesbiennes ; des centaines darticles sur des
écrivaines ; des dossiers thématiques ; un bulletin
régulier : onze numéros entre 84 et 92 (voir article
A. Nenquin bulletin n° 11).
- Une
feuille dinfo remplacera le bulletin de 92 à 94.
- En 1998,
lassociation créera un calendrier pour sautofinancer.
AUJOURDHUI,
QUEN EST-IL ?
Début
2002, les ARCL rassemblaient
- plus de 3000 ouvrages : romans, essais, poésie, bandes
dessinées, thèses, livres dart...
- Des
centaines de revues, anciennes ou actuelles de différents
pays
- Des
milliers de documents de littérature « grise »,
classés par années et, ou par thèmes.
- De nombreux
dossiers thématiques, composés de coupures de presse,
tracts, affiches, références bibliographiques...
- Une
cinquantaine de thèses ou mémoires.
- Plus de 300 vidéos, fictions et documentaires.
- Des centaines daffiches culturelles, politiques
- Des centaines de photos de manifestations.
- Les fonds de plusieurs militantes décédées.
Cinq
grands secteurs nouveaux ont été développés
en fonction des implications, des recherches du moment et de lintérêt
des lesbiennes du collectif :
- Arts
plastiques grâce aux dons de nombreux livres dart de
personnes privées. Vidéos en consultation libre sur
téléviseur (plus de 300 titres documentaires souvent
émissions T.V.et fiction).
- Constitution dune Exposition de photos (plus de 200 photos
choisies dans le fonds et agrandies format A3) retraçant
lhistoire du mouvement lesbien et féministe (dons Catherine
DEUDON, Odile DEBLOOS, Michèle CAMPBELL + fonds Archives)
- Fonds Cinéma féministe, lesbien et homosexuel avec
de nombreux documents : scénarios, photos de films, brochures
des festivals de nombreux pays
- Une revue de presse culturelle et politique qui se poursuit au
court des ans...
- Nous avons fait revivre plusieurs thématiques du fonds
par des créations de dossiers, dun calendrier, Histoire
du Mouvement Lesbien 70-80, Viol, Cinéma, Santé, Polar,
Musique, Poésie et des dossiers des grandes « figures
» comme Germaine DULAC, Monique WITTIG, Audre LORDE
... pour des soirées de lectures ou de débats.
Vu
le profil associatif, militant et bénévole de lassociation,
la politique de rassemblement et de mise en valeur des documents
se fait depuis de nombreuses années selon :
- Les
dons qui ont constitué le fonds.
- Les intérêts des militantes.
Les
faits politiques ou culturels du moment :
- par exemple la guerre du Golfe nous a fait créer
un dossier sur lhistoire du féminisme face aux guerres
;
- la guerre en Bosnie, regrouper des textes théoriques
sur le viol ;
- le SIDA a impliqué un dossier sur la santé
lesbienne, et un rassemblement de documents autour de la thématique
Femmes et Sida ;
- les nombreux documents reçus sur les Contrats dUnion
Civil et Social nous a permis de constituer un réel
dossier (coupures de presse, positions politiques, contenus des
différents projets).
Mais le grand
problème reste largent.
Nous navons jamais pu obtenir de subventions
et nous fonctionnons grâce aux adhérentes et, surtout
par lhébergement dans le lieu Maison des Femmes
de Paris.
La vente de
lAnnuaire des Lieux, créé en 1989
a permis de fonctionner jusquà maintenant ainsi que
les dons dassociations ou de personnes.
- Un millier dexemplaires de cet Annuaire étaient
vendus chaque année.
- Mais la 4ème parution sest arrêtée en
1997, la banque de données ayant été pillée
par des guides commerciaux vendus moins cher à grand renfort
de publicités.
La
bibliothèque est très fréquentée lors
des consultations hebdomadaires des revues et documents.
- Mais les utilisatrices sont souvent étudiantes et ne peuvent
pas toujours payer ladhésion annuelle.
Nous
poursuivons des projets qui mettent en valeur notre fonds et le
rendent plus facilement accessible par la saisie des données
en vue
- dun libre accès de celles-ci aux utilisatrices
- et dune mise en réseau avec une protection pour partie.
Cela permettrait une connexion avec dautres Centres dArchives.
.
4.
Le lieu
De
84 à 92, les archives se tiennent dans un appartement privé
de deux pièces au 5e étage dun immeuble parisien.
- Alors que le propriétaire fait pression pour que nous partions,
un débat sengage dans le collectif et parmi les adhérentes
: certaines désirent poursuivre le projet dans un lieu autonome
et non lié au féminisme (voir débat du collectif,
bulletin n° 11).
- Mais le choix de la totalité du collectif de lépoque
est de se tourner vers le rez-de-chaussée de la Maison
des Femmes (100m2 1200 F / mois).
Dès
sa création en 1982, la Maison des Femmes de Paris
est un lieu féministe et lesbien avec le
MIEL (Mouvement dInformation et dEchanges
Lesbiens) qui y tient ses réunions et sa cafétéria,
le groupe karaté,
- puis après 90 le groupe de
lesbiennes féministes UTOPIA, les Lesbiennes
Internationales et le Groupe Santé Lesbienne.
Quatre
ans plus tard, après avoir déménagé
2 fois, les Archives Lesbiennes intègrent
en septembre 97 le nouveau local de la Maison des Femmes de
Paris, au 163 rue de Charenton.
- Le bilan sur cette cohabitation féministe et lesbienne
est positif.
- Le lieu reste encore trop petit, les locaux étant polyvalents.
- Mais nous disposons, de deux salles darchives, dune
grande salle de projection Vidéo et dune salle commune
pour des soirées - lecture, de débats et de concerts.
Bien
que le rêve soit davoir une réelle structure
autonome, et au delà de limpossibilité de financer
ce projet, il
nen reste pas moins que partager nos locaux avec dautres
associations féministes et lesbiennes de la Maison
des Femmes de Paris permet
- de faire connaître les archives à dautres femmes
participant à des activités culturelles ou militantes
- et de profiter du rayonnement de cette association importante.
.
5.
Les utilisatrices
Il y a
- celles "qui passent" pour savoir
si nous possédons tel ou tel document ;
- celles qui viennent vers un lieu culturel, déchanges
de convivialité et de solidarité.
Les lectrices
adhérentes viennent
- emprunter des romans et des essais reflets de leur vie de lesbienne,
les dernières acquisitions, des biographies,
- consulter des documents sur des mouvements lesbiens marquants...
Les
étudiantes ou chercheuses envoyées par des enseignantes
de leur département de recherches, plusieurs dizaines par
an,
- font des recherches concernant des secteurs aussi différents
que les arts plastiques, les mouvements lesbiens aux U.S.A.,
le mouvement des lesbiennes radicales, le cinéma lesbien,
la littérature francophone, la poésie, la bande dessinée
lesbienne, le regard des féministes sur les lesbiennes Butchs,
les groupes féministes en Palestine, la santé,
les premiers journaux, des images de lesbiennes, des textes sur
le racisme, la procréation assistée, les mouvements
de femmes sous loi musulmane...
- Elles sont en demande dune informatisation à leur
disposition, cest à dire plusieurs postes de travail
qui leur permettrait une consultation plus rapide du fonds.
.
6.
Conclusion
Le Collectif
des ARCL garde pour objectif
- de collecter, archiver et proposer aux lesbiennes - comme à
toutes les femmes - laccès à un fonds documentaire,
un des plus vaste au niveau national, témoignant de leur
histoire, de leurs luttes et de leurs différentes expressions.
- Lassociation reste dans une mouvance
politique non-mixte assumée.
Les
démarches de lassociation sont aujourdhui,
au vu du soutien affiché de la Mairie de Paris aux
associations lesbiennes comme gays, dobtenir des subventions
- pour
développer leur rayonnement, en professionnalisant le travail
darchivage et son suivi, grâce à des vacations
rémunérées.
Développer
leurs utilisations pour toutes sans ségrégation et
la possibilité dune mise en réseau avec les
autres centres darchives existants
ne peut que lutter contre la lesbophobie et linvisibilisation
persistante.
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5 5 2005 : Le
Figaro (page 6) > par Pascale Sauvage
http://www.lefigaro.fr/politique/20050505.FIG0053.html
http://www.lefigaro.fr/politique/20050505.FIG0054.html
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ENQUÊTE :
Élu
il y a quatre ans, le Maire de la capitale a-t-il changé
la ville ?
Voyage
dans le Paris de Bertrand Delanoë
.
Depuis
quatre ans qu'il est installé à la Mairie de Paris,
Bertrand Delanoë a eu le temps.
- Le temps d'ancrer son pouvoir.
- Le temps de mettre en oeuvre les premières mesures de son programme
électoral : couloirs de bus, restrictions budgétaires sur
le train de vie de l'Hôtel de Ville ...
- Le temps de préparer la candidature de Paris aux Jeux
Olympiques de 2012.
Mais
il avait promis beaucoup plus aux Parisiens, invités à
« changer d'ère » avec lui.
A mi-chemin de la
mandature, une fois retombées l'euphorie de la victoire et l'énergie
réformatrice de son équipe, la capitale tient-elle l'ambitieuse
promesse du premier Maire socialiste de son histoire depuis la
Commune ?
.
Tout
au plus a-t-on « changé d'air », affirme l'opposition
municipale, qui commence à peine à se remettre de son
KO politique des 11 et 18 mars 2001.
- La droite parisienne croit avoir trouvé un angle d'attaque fédérateur
en accusant un Maire « bobo » de n'en avoir que pour
les « bobos », les bourgeois bohèmes, au détriment
des véritables acteurs du rayonnement économique et culturel
de la capitale française.
.
Le
Figaro a enquêté au
coeur du Paris de Delanoë
pour savoir si la ville a changé.
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1.
Un Maire moins vibrionnant que solitaire
.
Célibataire,
homosexuel, noctambule, à la fois droit-de-l'hommiste et individualiste,
puisque très attaché à sa liberté personnelle,
Bertrand Delanoë cumule les critères du bourgeois bohème
parisien
- contre lequel
l'UMP sonne la charge dans le Livre noir qu'elle
a publié début 2005.
Le
bobo n'y « est qu'un soixante - huitard ou un héritier
de cette mouvance ayant gravi avec succès les échelons d'une
société de consommation que ses pères disaient naguère
mépriser.
- En d'autres termes, le bobo d'aujourd'hui n'est jamais, même s'il
s'en défend, qu'un rejeton de la vieille gauche caviar «
libérale-libertaire » apparue sous les années Mitterrand
(...).
- Le Maire de Paris et ses acolytes travaillent dur pour satisfaire
les attentes exorbitantes de cet électorat aussi exigeant que stratégique
».
Destinée
à galvaniser les militants de l'UMP, l'accusation
se heurte cependant à la personnalité complexe du Maire
de Paris et à un mode de gouvernement très structuré.
- Un mode aux antipodes du dilettantisme prêté par ses adversaires
et ses rivaux à Bertrand Delanoë lorsqu'il n'était
que le président du squelettique groupe socialiste du Conseil
de Paris.
- Face à un Jacques Chirac programmé pour l'Élysée.
[...]
Pourtant, l'opposant
vibrionnant n'a mis que quelques semaines à occuper l'espace politique
et médiatique dévolu à ce personnage si particulier
sur l'échiquier politique français qu'est le Maire de
Paris.
Ainsi
la comparaison entre Chirac et Delanoë s'est-elle imposée,
y compris dans l'esprit des plus fidèles chiraquiens de Paris,
qui se plaignent aujourd'hui de l'appropriation, par le Maire socialiste,
de la puissance de feu administrative, politique et médiatique
que représente la Mairie.
Delanoë,
pourfendeur du système Chirac, a-t-il instauré son
propre « système » à Paris, comme l'affirme
le Livre noir de l'opposition municipale ?
- Jean-François Legaret n'est pas loin de le croire lorsqu'il
réclame qu'une commission d'élus suive les dépenses
engagées pour le train de vie de l'équipe municipale
- puisque l'une des premières mesures imposées par Delanoë
fut la suppression de la questure de l'Hôtel de Ville, qui
gérait ce budget du temps de Chirac puis de Tiberi.
[...]
Hormis
la suppression de la questure, Bertrand Delanoë s'est bien
gardé de renoncer aux moyens et attributs qui font du Maire
de Paris l'un des personnages les plus puissants de la République.
- Son opposition lui tient grief d'occuper un des bureaux les plus vastes
de la capitale... C'était celui de ses prédécesseurs.
- Et, s'il continue d'habiter son propre appartement de la rue de Sèvres,
il traite comme il convient ses invités de marque dans les salons
classés, interdits à ce titre à tout autre usage
que celui de pièces de réception.
[...]
« Ils ont été
bien meilleurs que nous sur le verrouillage de l'administration»,
constate l'un de ses anciens adjoints [de Jean Tibéri].
Le
« verrou », d'autres disent « l'entonnoir » du
système de gouvernement de Delanoë, c'est le cabinet
du Maire et son directeur, Bernard Gaudillère.
- « Il n'y a que lui qui ait un accès direct au Maire
; c'est à lui que doivent s'adresser les adjoints, les chargés
de mission, les maires d'arrondissement », affirme un
de ces derniers, socialiste.
Exception faite peut-être
de Daniel Vaillant, le Maire du XVIIIe, vieux compagnon
de route de Lionel Jospin aux côtés de Bertrand
Delanoë et de Claude Estier.
- Cette proximité lui permet de saisir directement
le Maire quand une décision se fait attendre. « Bertrand
est vexé quand on lui dit que ses collaborateurs n'osent pas lui
transmettre certains dossiers, mais ça arrive », sourit l'ancien
Ministre de l'Intérieur.
- Ce que confirme Roger Madec, Maire du XIXe, persuadé,
pour sa part, que certaines colères de Bertrand Delanoë
sont « du cinéma délibéré ».
Bertrand Delanoë
veut tout voir, tout savoir.
- « Il n'aime pas l'improvisation »,
résume Christophe Caresche, qui fut longtemps son collaborateur
à l'Assemblée nationale.
- Toute
l'organisation du travail municipal découle de ce trait de caractère.
A commencer par la
stabilité du dispositif formé par Bernard Gaudillère
et du secrétaire général de l'Hôtel
de Ville, Pierre Guinot-Deléry.
- Les deux hommes, en place depuis le printemps 2001, se connaissaient
bien avant de se retrouver à la Mairie, où chacun
a trouvé l'opportunité de relancer sa carrière.
- Le premier avait épuisé les charmes du ministère
des Finances ; le second ceux des préfectures de province.
- Ni l'un ni l'autre ne revendiquent l'accès aux médias.
Ce n'était pas le cas de leurs prédécesseurs, sous
Tiberi.
- Bref, avec eux, Delanoë a pu éviter le piège
de la course-poursuite entre le cabinet et l'administration, en dépit
de quelques accrochages inévitables.
.
L'opposition affirme
volontiers que « Delanoë est un homme seul ».
- Obligé de s'en remettre à ses
adjoints et aux conseillers techniques du cabinet, il est effectivement
très méfiant et « jamais dans la délégation
totale, car tout le monde est doublé », constate un adjoint.
- Christophe Caresche est même marqué par une confidence
livrée par le Maire de Paris à propos d'un des ses
amis politiques : « Il fait trop confiance à ses collaborateurs,
il est mort. »
- Le seul à échapper à cette défiance naturelle
est son porte-parole, Laurent Fary.
Outre Christophe
Caresche, les élus les plus sollicités sont
- Jean-Pierre Caffet, adjoint chargé de l'urbanisme,
élu dans le XVIIIe,
- Christian Sautter, ancien ministre, ancien préfet de la
Région Ile-de-France chargé des Finances.
La
première adjointe, Anne Hidalgo, qui avait assuré
l'intérim le temps que Delanoë se remette de l'agression
dont il avait été victime fin 2002, suscite une certaine
méfiance en raison de sa proximité politique avec François
Hollande.
- Elle n'appartient pas vraiment au premier cercle, dont un des piliers
est le patron de la fédération PS de Paris
et président du groupe socialiste du Conseil de
Paris, Patrick Bloche.
Plusieurs
des Maires d'arrondissement de gauche lui avaient préféré
Jack Lang en l'an 2000.
- Cette plaie-là n'est pas complètement cicatrisée,
malgré une pacification indispensable.
- « Il a besoin des Maires pour être réélu,
car la campagne se joue aussi arrondissement pas arrondissement »,
rappelle le Maire du Xe, Tony Dreyfus, qui fut le premier
à appeler la candidature de Delanoë.
- La relation la plus difficile reste celle qu'il entretient avec le fabiusien
Michel Charzat, dans XXe, qui avait sérieusement
envisagé d'être candidat à la Mairie de Paris.
Le modus vivendi s'établit sur des rapports personnels réduits
au strict minimum.
.
« Il fait des
efforts énormes pour se donner un vernis collectif, concède
le Maire du XIXe, Roger Madec, mais le premier élu
qui l'enquiquinerait serait mort. »
Quatre
ans après son élection, personne n'est donc en état
de contester au Maire de Paris une once de pouvoir.
- Le bobo inorganisé et dépensier que l'opposition
s'attendait à affronter s'est révélé un homme
de pouvoir, au fond assez classique, élevé, il ne faut pas
l'oublier, à l'école de François Mitterrand.
Pas
vraiment bobo dans la forme, Delanoë le serait-il dans le
fond, en répondant aux revendications de cet électorat inclassable,
au portefeuille bien garni mais au mode de vie hédoniste et individualiste
?
- Au risque de verser dans le clientélisme et la satisfaction des
besoins catégoriels, forme de gouvernance qu'il ne cessait de dénoncer
lorsqu'il était dans l'opposition.
.
Aux
yeux des jeunes animateurs du Perroquet Libéré,
mensuel satirique consacré à l'Hôtel de Ville
et diffusé par courrier électronique, la dérive vers
une gestion « communautariste » des aspirations des Parisiens
est vérifiée.
- Depuis deux ans, ces anciens chevènementistes traquent
les gaffes de l'exécutif.
Comme
cette subvention accordée à une association homosexuelle
féminine organisatrice de manifestations interdites aux hommes.
- « C'est une bourde », reconnaît
Delanoë.
- Qui admet n'avoir pas contrôlé le détail des activités
de chacune des associations oeuvrant dans ce domaine.
Tout
en récusant une dérive clientéliste en direction
des quartiers du Marais et de la Bastille :
- « Je ne suis pas communautariste, mais
je subventionne les associations homo qui, en tant que telles, étaient
exclues du champ municipal avant mon arrivée. »
.
Tout
comme il réfute, bien qu'il ajoute « comprendre les interrogations
», la même accusation que lui valent ses gestes symboliques
en direction des juifs et des musulmans.
- « Il n'y a qu'une communauté, la communauté des
Parisiens, mais je m'efforce au respect, pour la première
fois dans cette ville, de toutes les composantes de cette communauté.
»
Le concept de l'identité
plutôt que celui de communauté, à la différence,
répète-t-il, de la société défendue
par Nicolas Sarkozy.
- « Les Parisiens sont comme ils veulent. Bobos ou pas, je
roule pour eux et je crois à la diversité sociologique de
cette ville », conclut-il.
.
Diversité
incarnée au sein même de l'équipe municipale,
où se côtoient des élus d'horizons aussi divers
que Daniel Vaillant, fils d'un mécanicien automobile de
la Nièvre, et Christophe Girard,
directeur de la stratégie du groupe LVMH.
- Le
premier, Maire d'un XVIIIe arrondissement encore très contrasté
socialement, estime qu'il y a eu « trop de désintérêt
pour les quartiers dégradés et, dans le même temps
trop de projets décalés ».
- Le
second, inventeur des « Nuits blanches », emblématiques
de la culture bobo, voudrait en faire encore plus à destination
de ces Parisiens montrés du doigt par une partie de la droite.
.
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7 et 8 juin 2004 :
Mairie de Paris > Délibération du Conseil
Municipal
http://www.paris.fr/bmo/delib/cmdelib20040607/cmdelib200406072004_sg_71.htm
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2004 SG 71 -
Subvention
à l'association
Archives, Recherches et Cultures Lesbiennes (12e)
pour son Centre de Documentation
.
Mme
Anne HIDALGO, rapporteure.
.
Délibération
affichée à l'Hôtel-de-Ville
et transmise au représentant de l'Etat le 11 juin 2004
Reçue par le représentant de l'Etat le 11 juin 2004
.
Le
Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil
Municipal
-
Vu le projet de délibération en date du 25 mai 2004 par
lequel M. le Maire de Paris
lui demande l'autorisation d'attribuer une subvention à l'association
Archives, Recherches et Cultures Lesbiennes pour son action
pour son centre de documentation
et lui propose l'attribution d'une subvention correspondante ;
-
Sur le rapport présenté par Mme Anne HIDALGO,
au nom de la 1ère Commission,
.
Délibère :
Article premier
- Une subvention
de 10.000 euros est attribuée à l'Association Archives,
Recherches et Cultures Lesbiennes, 163 rue de Charenton (12e)
(X03431).
Art. 2
- La dépense correspondante sera imputée sur les crédits
inscrits
au chapitre 65, article 6574, fonction 020, ligne P046
du budget de fonctionnement de la Ville de Paris de 2004.
.
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été
2003 : Regards n° 91-92 (page 77) > par K.G.
http://www.regards.fr/ |
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Polémique : Archives pas gays
.
Voilà un an,
Bertrand Delanoë soutenait le projet d'un Centre d'Archives
Homosexuelles dans la capitale.
- Le Iancement de celui-ci était confié,
subvention de 100 000 euros à l'appui, à plusieurs de ses
proches.
[...]
Au coeur de la vive
polémique :
- l'orientation essentiellement gay du projet de Centre d'Archives
[et de Documentation] Homosexuelles de
Paris (CADHP) omettant ouvertement
les lesbiennes, les transsexuels et bisexuels,
[...]
Distinguer le seul
fait gay dans l'histoire relève de l'anecdote malvenue ou bien
d'un coup de force étroitement politique et masculin, fût-il
homo.
.
Plus
encore, le projet d'Archives Historiques est élaboré
sans que soient posées au préalable quelques questions fondamentales
:
- comment constituer la mémoire des minorités et exclus
sans impliquer ceux -ci dans l'élaboration même du projet
au risque de reproduire de nouveau un discours discriminateur ?
- Quels moyens se donne-t-on pour produire des archives
pour, par delà les ouvrages savants écrits sur eux, faire
directement entendre la voix de tous ceux qui ne produisent pas d'écrits
?
- Comment questionner enfin le lien entre histoire d'un fait de société
et militance sur ce thème ?
L'actuel
projet CADHP ne s'est posé aucune de ses questions.
[...]
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27 5 2003 : communiqué
commun des groupes
- Archilesb ! http://www.archiq.fr.vu/
Marie-Hélène Bourcier : mhbourcier[AT]free.fr
- et VigiTrans
Tom Reucher : tom.reucher[AT]free.fr
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Paris, le 27 mai 2003
Communiqué
de Presse n° 7
Discriminations
Discordantes
.
L'Inter LGBT
et le [l'Association de Préfiguration du] CADHP
toujours aussi discriminants à la veille de la marche des fiertés
!
Archilesb !
et VigiTrans interpellent l'Inter LGBT
(Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans)
- sur son renouvellement inconditionnel au projet
de Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris
(CADHP),
- un projet que le Conseil de la Lesbian & Gaie [Gay]
Pride île-de-France avait déjà adoubé
en 2002 alors qu'il était et reste discriminant.
Quelle valeur attribuer
au mot d'ordre de l'Inter LGBT pour la Marche des
Fiertés [LGBT] en juin prochain : ensemble
contre toutes les discriminations ?
.
Samedi 24 mai à
l'AGECA s'est tenue la réunion du Conseil de l'Inter
LGBT.
Le
[l'Association
de Préfiguration du] CADHP
y a présenté l'état d'"avancement" de
son projet.
- Seule nouveauté : le renouvellement du Conseil d'Administration
et du Bureau de manière à ce qu'il soit paritaire
(biologiquement) c'est-à-dire composé d'hommes et de femmes.
Archilesb
! et VigiTrans ne peuvent
- que constater que cette parité [de l'Association
de Préfiguration] du CADHP
n'est pas respectée dans le choix des salariés (seul
Jean Le Bitoux se voit salarié);
- que la parité homme/femme n'est pas un
critère qui permet de prendre en compte la diversité des
identités et des cultures sexuelles et de genre (parité
culturelle).
.
- Le PASTT
(Prévention Action Santé Travestis Transsexuelles),
- le CARITIG (Centre d'Aide, de Recherche et d'Information
sur la Transsexualité et l'Identité de Genre)
- et l'ASB (Association du Syndrome de Benjamin)
ont d'ailleurs interpellé Stéphane
Martinet (élu PS), le nouveau président
de [l'Association de Préfiguration] du
CADHP sur l'absence persistante de transsexuel(le)s et de
trangenres dans la "nouvelle" équipe.
.
Archilesb
! et VigiTrans regrettent
que l'Inter LGBT
- ait refusé l'autorisation de filmer ce débat historique
sur la question des archives
- et n'ait pas soumis au vote le renouvellement de son soutien à
une équipe contestée
- et qui bloque la tenue d'une réunion de mise à plat avec
les élus de la Mairie de Paris comme l'avait intelligemment
proposé en mars Christophe Girard adjoint du Maire
à la culture.
De
nombreuses associations présentes ont également fait part
de leurs inquiétudes vis à vis du projet :
- manque de transparence,
- un parti pris du scientifique discutable et le fait que la phase dite
de "préfiguration" pour laquelle a été
votée une subvention de 100.000 euros par le Conseil de Paris
en octobre dernier se soit limité à un lifting inadéquat
des instances de l'association.
Malgré
les critiques formulés depuis plus de six mois, le
[l'Association de Préfiguration du] CADHP
persiste à privilégier une conception dix-neuviémisante,
élitiste et universitaire de l'archive.
- Devant un parterre d'associations médusées, Stéphane
Martinet, le président [de l'Association de Préfiguration
du] du Centre a déclaré "que l'archive
n'etait pas de la militance",
- creusant l'écart entre les concepteurs du Centre
et ses interlocuteurs toujours conçus comme de simples donneurs
d'archives et en aucun cas comme les acteurs de leur propre mémoire
et histoires.
.
Archilesb
! et VigiTrans sont
solidaires des critiques qui ont été émises lors
de cette réunion, notamment celles émanant
- de la Coordination Lesbienne en France,
- du collectif de pédés queers LopAttaQ,
- des associations transsexuelles et de transgenres (CARITIG, PASTT,
ASB)
- mais aussi de l'Académie Gay &
Lesbienne,
- de CONTACT
- et du Centre Gai et Lesbien [de Paris]
qui devant le manque de crédibilité
et de légitimité du projet a réaffirmé
comme d'autres sa volonté de ne pas confier ses archives au Centre
en l'état.
.
-
Pour toute information complémentaire :
[ http://www.archiq.fr.vu/
]
www.archilesb.org
www.vigitrans.org
-
Pour consulter la revue de presse nationale et internationale sur le
CADHP :
http://www.archiveshomo.info/
.
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12 5 2003 : lettre
de la Coordination Lesbienne en France (C.L.F.)
> association loi 1901, déclarée dintérêt
général
http://membres.lycos.fr/coordlesbiennat
caritig.org
http://www.caritig.org/divers/cadhp_clf.pdf
|
|
.
Lille, le 12 mai 2003
Monsieur
Delanoë, Maire de Paris
Objet
: le CADHP
Monsieur le Maire,
.
Ouvrir à
Paris un Centre dArchives et de Documentation
sur les questions de genre et de sexualité est une nécessité.
Cest pourquoi
la Coordination Lesbienne en France a fait part publiquement
de sa satisfaction à voir le projet du CADHP soutenu
par la Ville.
Et
cest pourquoi aussi nous en avons dénoncé le gai
centrisme
- en signant la pétition portée par Archilesb !,
- en publiant un communiqué expliquant notre démarche
- et en rencontrant les instigateurs du projet.
.
Il est de notoriété
publique que le mouvement lesbien, gai, bi et trans, est en construction
- et quil revient de décennies dindifférence
réciproque, dincompréhensions et parfois de haines
et de violences, au moins symboliques.
- Il reproduit lui aussi le patriarcat.
.
Mais
dans laffaire du CADHP, on aurait pu éviter
la guerre,
- les mots qui blessent
- et les initiatives malheureuses.
LHistoire se
fait, et comme le montre lexpérience de lInterassociative
lesbienne, gaie, bi et trans, il est possible à force dintelligence
morale et politique, de relever ce défi et de construire un discours
et une action vraiment pertinents.
Les
initiateurs du CADHP nont pas pris la mesure de cette
évolution.
.
Et
la Ville de Paris, en soutenant le projet en létat,
na sans doute pas assez écouté celles et ceux qui,
- comme Clémentine Autain lors du Conseil Municipal
décisif, ont voulu améliorer le projet.
- Certaines ont alors parlé de « pouvoir gai ».
Cest
en tout cas un manque de lucidité politique.
.
Maintenant, comment
sortir « par le haut » de cette affaire qui
empoisonne tout le monde ?
.
Depuis
plusieurs mois, sur la proposition de Marie-Jo Bonnet, plusieurs
organisations,
dont la Coordination Lesbienne en France,
- pressent la Ville de Paris dorganiser
une réunion sous légide de lObservatoire
parisien à la parité
- car elles pensent que cela permettrait une décrispation et une
ouverture.
Nous
navons reçu aucune réponse de la Ville et la
guerre continue,
- de tribunes médiatiques en procès,
- de rumeurs en menaces.
Il
revient à la Ville de Paris dapaiser les tensions
et daccompagner au mieux un projet dont elle assure
le financement.
.
Nous espérons
que vous serez sensible à nos arguments
et vous prions dagréer, Monsieur le Maire, lexpression
de nos salutations distinguées.
.
Nathalie
Rubel, Co-présidente de la CLF
.
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|
15 2 2003 : communiqué de la Coordination Lesbienne en France
(C.L.F.) association loi 1901, déclarée dintérêt
général http://membres.lycos.fr/coordlesbiennat
|
|
.
Communiqué de presse du 15 février 2003
.
La
Coordination Lesbienne en France a écrit ce jour
une lettre à M. Bertrand Delanoë, Maire de Paris,
- pour
appuyer la proposition de Marie-Jo Bonnet de
réunir sous légide de lObservatoire parisien
de la parité les différents protagonistes du Centre
dArchives et de Documentation Homosexuelles de Paris.
-
Elle [La
Coordination Lesbienne en France] souhaite
y prendre sa place, au moins à titre dobservatrice.
.
Par ailleurs, parce
que la question des archives lesbiennes est plus large que celle du CADHP,
la CLF a demandé ce quil
en est du soutien municipal aux autres structures, pérennes
et qui ont notre confiance,
- comme les ARCL
(les Archives [Recherches et
Cultures] Lesbiennes domiciliées
à la Maison des Femmes de Paris) qui existent et fonctionnent
sans subvention depuis 1984,
- ou la Bibliothèque
municipale Marguerite Durand, qui elles aussi
gardent mémoire de lHistoire des lesbiennes, du lesbianisme
et du féminisme.
.
La
Coordination Lesbienne en France
est
une union d'associations non-mixtes lesbiennes et d'individues
Elle existe depuis
mai 1997.
Elle accueille aussi toute association ou personne sympathisante.
Elle se veut une force dans le champ politique et social, une affirmation
de la citoyenneté lesbienne.
Ses
buts sont
- de renforcer la visibilité et la représentation des lesbiennes
dans la société,
- faire progresser les droits des lesbiennes
- et favoriser les échanges entre les groupes de lesbiennes.
.
|
| 1er
2 2003 : communiqué de l'historienne Marie-Jo Bonnet |
|
.
Marie-Jo BONNET
Docteur en Histoire
contactmjbonnet[AT]yahoo.fr
Paris
le 1er février 2003
Je
propose la tenue d'une table ronde
sous l'égide
d'Anne Hidalgo
et de l'Observatoire pour l'égalité entre les
femmes et les hommes,
réunissant les actrices et acteurs de la recherche,
de la documentation et des archives
.
Nous
pourrons discuter des questions suivantes :
.
Faut-il
centraliser les archives sur les lesbiennes et les gays en un lieu unique
?
Comment
garantir l'autonomie des centres existants
- Archives
Lesbiennes [Archives Recherches Cultures Lesbiennes (ARCL)]
logées
à la Maison des femmes de Paris,
- Académie Gay & Lesbienne,
- Bibliothèque du CGL, etc...)
et des "initiatitives privées".
Quel
est le rôle du politique ?
- Comment se font les financements ?
- Sur quels critères ?
- Qui décide ?
Plus
précisément pour les lesbiennes. Où mettre leurs
archives ?
- Avec les femmes ?
(je rappelle qu'un projet de Cité des femmes est
à l'étude au cabinet d'Anne Hidalgo sur la question
des archives féministes, de l'extension de la Bibliothèque
Marguerite Durand, (qui étouffe dans ses locaux trop
petits), de la documentation, etc.) ;
- ou avec les gays ?
C'est une question politique essentielle puisque nous voyons par la pratique
qu'à part la Maison des Femmes de Paris, les archives
relatives à l'Eros lesbien sont invisibilisées dans la plupart
des projets "officiels".
.
Que
les personnes qui s'associent à cet appel me le fassent savoir
afin que nous le proposions dans un premier temps à Mme Hidalgo.
.
Très cordialement,
Marie-Jo
Bonnet
.
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février
2003 : Têtu
(n° 75) Agenda n° 26 (page 6) > par Xavier Héraud
et Jérome Gac
http://www.tetu.com/index.php?set_language=en&cccpage=anciens_numeros_2003
|
|
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INFOS
Paris : Polémique autour du Centre d'Archives
.
Les lesbiennes sont-elles
mises à l'écart du futur Centre d'Archives et de Documentation
des Homosexualités de Paris ?
- C'est en tout cas ce qu'estime le groupe Archilesb
!, qui a lancé une pétition sur ce thème
à la fin du mois d'octobre dernier.
- Depuis, la polémique fait rage. Retour sur le psychodrame de
cet hiver, avec les protagonistes du débat.
.
Tout est parti d'une
pétition lancée par Archilesb !, un groupe
informel à la tête duquel se trouvent la sociologue Marie-Hélène
Bourcier et l'historienne Marie-Jo Bonnet, lors du dernier
festival Cinéffable, en octobre dernier.
Au Coeur du débat,
- la petite place accordée aux lesbiennes
dans le projet du futur Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles
de Paris (CADHP), piloté par Jean Le Bitoux
et Christopher Miles,
- et cette phrase, extraite de son dossier de présentation
: «Dans un premier temps, le fonds d'archives
concernera majoritairement l'homosexualité masculine, pour des
raisons historiques».
Archilesb !,
dans sa pétition, qui a recueilli à ce jour environ 1 000
signatures, répond : «C'est bien méconnaître
l'histoire des mouvements sociaux liés aux politiques sexuelles,
qui trouvent leur enracinement dans les cultures féministe et lesbienne,
et ce dès les années 70 en France.»
- Marie-Hélène
Bourcier faisait pourtant partie du projet à ses débuts,
mais elle avait rapidement claqué la porte.
- La Mairie de Paris, qui a attribué une subvention de 100
000 euros au Centre, a elle aussi été contactée.
- Dans une lettre à Anne Hidalgo, première adjointe
au Maire de Paris, Marie-Jo Bonnet fait part
de son indignation.
.
C'est
un article de «Libération» qui met
le feu aux poudres.
Démentis, mails «forwardés», rumeurs fusent
alors de partout.
Mais c'est un article
paru dans Libération du 7 décembre dernier,
intitulé «Des lesbiennes en guerre
contre le machisme gay», reprenant cette info, qui met le
feu aux poudres.
Démentis, mails
«forwardés», rumeurs, attaques personnelles fusent
alors dans la communauté homo. Chacun choisit son camp.
.
La polémique
atteint son climax avec l'apparition d'un groupuscule «énervé»,
le Commando des Lesbiennes Insoumises et Transgressives (CLIT).
- Ce petit groupe fait parvenir quotidiennement
à Marie-Hélène Bourcier et à Marie-Jo
Bonnet [et aussi à la journaliste Blandine Grosjean,
auteure de l'article dans Libération],
cinq jours de suite, des lettres anonymes contenant un tampon usagé.
- Au cinquième jour, Marie-Jo Bonnet reçoit une lettre
dénonçant la stratégie de victimisation d'Archilesb
!.
- L'historienne porte plainte, et Marie-Hélène Bourcier
précise qu'elle compte faire de même.
.
Le 12 décembre, Jean Le Bitoux et Christopher Miles
sortent de leur silence et envoient un communiqué à la
presse.
Se défendant
de tout «machisme», le CADHP
conteste les chiffres avancés par Archilesb ! : 5
femmes seulement sur les 59 participants investis dans le projet
:
- «Ces chiffres sont erronés: le comité de soutien
compte 35 noms, dont une dizaine de femmes.»
- Et de souligner que le projet est toujours en phase de
préfiguration, et qu'il le restera encore de dix-huit à
vingt-quatre mois.
Christopher Miles,
président du projet, confie avoir vécu «amèrement»
les attaques dont le Centre a fait l'objet. Pour
ce qui concerne les «raisons historiques» invoquées
dans le dossier de présentation du projet, il persiste
et signe :
- « La majorité des documents concernant l'homosexualité
à la fin du XIXe siècle sont des documents pénaux
ou médicaux.
- L'homosexualité féminine n'étant pas pénalisée,
ces documents parlent uniquement d'homosexualité masculine.»
.
«Par
ailleurs, ajoute Jean Le Bitoux, nous avons contacté les
Archives Lesbiennes
[Archives Recherches Cultures Lesbiennes (ARCL)]
pour obtenir les doubles des documents qu'elles possèdent.»
.
«Beaucoup
de bruit pour rien, finalement», conclut Philippe Lasnier,
conseiller de Bertrand Delanoë, notamment sur les
questions homosexuelles, qui rejette toute mise en cause de la Mairie
[de Paris] :
- «Comme promis début 2001 par Bertrand Delanoë,
ce projet mixte a été soutenu grâce
à un vote consensuel en septembre 2002.
- Mais la vie interne d'une association n'est pas de notre ressort.»
.
Archilesb !,
en tout cas, ne compte pas en rester là, comme l'explique Marie-Hélène
Bourcier :
- «Archilesb! comme Vigitrans
[groupe trans qui soutient la pétition d'Archilesb
!] demandent à ce que soit organisée
une réunion de mise à plat des objectifs scientifiques et
de l'organisation de la préfiguration du Centre en
présence d'un référent de la Mairie
[de Paris].
- Autant de trans que de lesbiennes et de gays dans les instances, qu'il
s'agisse du Comité de pilotage ou du Comité d'administration
de l'association.
- Archilesb ! et Vigitrans feront des propositions
en ce sens, ainsi qu'en matière d'animation de la réflexion
sur la notion d'archives».
Et la sociologue de
prévenir :
- «Le CADHP doit apprendre à
travailler avec toutes celles et ceux qui le veulent et ont des compétences,
et cesser de se comporter en petit chef.
- Le Centre ne se fera pas sans nous !»
.
«Pour
l'instant, rappelle Christopher Miles, nous n'avons pratiquement
pas commencé la collecte d'archives.»
Jean
Le Bitoux précise que le Centre,
loin d'être opérationnel, est toujours à la recherche
d'un local.
- Et le cofondateur de Gai Pied d'appeler de ses voeux la
fin de la polémique :
- «Travailler sur les archives demande un minimum de sérénité.»
.
|
31
1 2003 : e-llico > par Jean-François Laforgerie
http://www.e-llico.com/content.php?section=actu&id=1346
|
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.
Archives : la
Mairie [de Paris] réagit,
la CLF
[Coordination Lesbienne en France]
sexplique
.
La
polémique sur le Centre dArchives et de Documentation
Homosexuelle de Paris se poursuit avec
deux prises de positions nouvelles.
.
Après
la demande de réunion formulée par deux mouvements auprès
du Maire de Paris,
Odette
Christienne, adjointe au Maire chargée du Monde
combattant, de la Mémoire et des Archives a adressé
une réponse par le biais dun message ayant valeur de mise
au point.
Odette
Christienne y précise que
- "le projet déposé par l'Association de Préfiguration
du Centre d'Archives Homosexuelles de Paris a été,
à deux reprises, évalué par la Direction des
services d'Archives de [la Mairie de] Paris
qui en a validé la qualité scientifique.
- La mise en
cause de cette dernière dans la lettre adressée le 20 janvier
dernier par Archilesb ! Vigitrans paraît donc infondée".
Face
aux inquiétudes affichées de voir les lebiennes et les trans
marginalisés dans le projet,
le communiqué réaffirme par ailleurs que
- "le projet scientifique du CADH de Paris, qui prévoit
également un Centre de Documentation destiné
à recueillir le plus grand nombre de publications françaises
et étrangères de toutes les minorités sexuelles,
n'est apparu en aucune façon limité, dans ses perspectives
de développement, aux seules archives de la mouvance homosexuelle
masculine :
- il prévoit simplement de s'appuyer au démarrage sur les
fonds les plus en vue, qui sont souvent aussi ceux dont le sauvetage,
en raison notamment de leur volume et de leur ancienneté, apparaît
le plus urgent.
Le
travail de prospection qu'il est prévu de mener durant la phase
de préfiguration se déploiera dans toutes les directions
et ne manquera
pas de révéler des archives, lesbiennes, gays, bi et trans,
aujourd'hui méconnues sinon complètement oubliées".
.
De son côté,
la Coordination Lesbienne en France
(CLF) explicite sa position par un texte dans lequel elle
réaffirme
- à la fois son attachement au projet
- et ses préoccupations quant à la mixité.
La
CLF écrit :
"Par la dotation d'une subvention de 100.000 euros pour aider au
démarrage d'un Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles,
la Ville de Paris
- fait un pas historique dans la reconnaissance de l'homosexualité
- et comble ainsi en partie son retard sur d'autres grandes métropoles
comme Londres, Berlin, Amsterdam, Barcelone, Montréal ou
San Francisco.
.
Mais
si ailleurs une réflexion préalable et approfondie a en
général été menée
- pour éviter une hégémonie
gaie tant pour les archives retenues que pour les personnes appelées
à participer au projet,
- il nous faut en France encore batailler pour éviter la
mise au silence des lesbiennes.
.
Ce
n'est pas en parlant des lesbiennes
qu'on brise l'universalité,
c'est en n'en parlant pas.
.
La
Coordination Lesbienne en France (C.L.F.), se donne
pour objectif une plus grande visibilité du lesbianisme et des
lesbiennes dans ce Centre.
Deux
moyens sont déjà mis en uvre :
-
d'une part, le soutien aux démarches qui exigent cette visibilité
- c'est ainsi que la C.L.F. est signataire de la pétition
" Archilesb !" portée par Marie-Hélène
Bourcier, sociologue, et par Marie-Jo Bonnet, historienne -,
-
et d'autre part, des contacts réguliers avec les instigateurs
du projet du C.A.D.H.P.
afin
d'imaginer ensemble comment compenser ce déficit à l'égard
des lesbiennes d'hier
et d'aujourd'hui.
.
Notre
démarche s'inscrit totalement dans la volonté affichée
de parité et d'égalité entre femmes et hommes.
Nous
espérons ainsi contribuer au progrès vers une réelle
universalité ".
.
Lire aussi :
- Archives Gay, mauvaise passe
- Archilesb! et Vigitrans veulent rencontrer
Delanoë
.
|
10 1 2003 : gayvox.com > édito de Lionel Duroi
http://www.gayvox.com/gay/index.php?gays=4&lesbienne=42&rencontre=37&idmenu=958
atitud-inn.com
http://atitud-inn.com/pages/2-5-25-221.html |
|
.
Archives Gay à Paris
: le feuilleton
.
Les
fondements de cette polémique trouvent leurs justifications au
cur même de la naissance du projet et de la
communication approximative de ces initiateurs.
Je ne suis pas d'accord
pour dire comme Jean-François Laforgerie de Illico
magazine qu'on cherche une mauvaise querelle au CADHP.
- La question n'est pas de savoir si la querelle est bonne ou mauvaise
mais de la comprendre, de l'analyser et de permettre à chacun de
s'y retrouver.
Il
faudrait que les uns et les autres finissent par entendre que tous les
arguments ont une valeur qu'il ne s'agit pas de nier.
- En effet, les arguments des un(e)s et des autres ne sont pas à
classés en deux rubriques : Pour ou Contre le CADHP.
- A bien y regarder de près, ils sont tous POUR mais PAS COMME
CA !
Or, depuis le début,
il est question
- de surdité des porteurs du projet face
aux reproches qui bruissent,
- de négation et de non-reconnaissance des initiatives existantes,
que ce soit par le silence ou le mépris (lun nourrissant
lautre),
- du refus dentendre des formes de spécificités
affirmées, affichées ou défendues de la part des
groupes lesbiens notamment.
.
Non-reconnaissance
et négation
Comme nous l'écrivions
le 4 octobre 2002 ici même, le projet
dans sa forme initiale, niait les compétences, les structures,
les volontés dispersées ça et là dans toute
la France, ne faisant référence à titre d'exemples
qu'aux centres d'archives à l'étranger.
- Et nous posions la question de savoir ce que pouvait exprimer cette
vague volonté fédérative de la part du CADHP
qui ne citait pas (donc ne reconnaissait pas) les actions engagées
par d'autres, en France.
- Comment le CADHP pouvait-il ainsi se prévaloir
d'une volonté fédérative ?
Première erreur.
.
Mauvaise
foi
Après la publication
de notre édito du 4 octobre 2002, nous avons reçu un appel
de Monsieur Philippe
Lasnier de la Mairie de Paris.
Il
nous était reproché de n'avoir pas tenu compte que l'ensemble
des élus de la Mairie (opposition comprise) avait voté
la subvention de 100 000 euros et quà ce titre on pouvait
difficilement discuter le bien fondé de cette subvention.
- Ce nest pas parce que des élus, fussent-ils unanimes, votent
une subvention, que nous serions mal placés pour commenter la mise
sur orbite du projet (non la décision de le subventionner).
- A cet argument, nous avons répondu que ceci n'expliquait pas
cela, à savoir : l'éviction ou l'oubli
dans lequel se considéraient ceux qui mènent des actions
depuis bien longtemps et auxquels l'équipe du CADHP
(Mairie de Paris comprise) n'avait pas prêté d'attention,
au motif qu'ils manquaient parfois de sérieux
(je songe à l'Académie
Gay & Lesbienne )
Autre
argument évoqué : Le projet était évalué
comme imparablement sérieux par les politiques parce quune
liste (elle
est où cette liste exhaustive ?) de noms
de personnes considérées comme compétentes et représentatives
(en quoi ? de qui ?) avait été présentée
dans le dossier de demande de subvention à la Mairie de Paris.
- Or, ce que nous reprochions à l'équipe du CADHP,
cétait de nous avoir communiqué un dossier incomplet
lorsqu'ils nous ont démarché pour nous demander ce que nous
ferions des archives de Gai Pied.
- En effet, nous n'avions pas dans le dossier cette
fameuse liste de noms. Ce qui voudrait dire, que les politiques ont eu
un dossier complet, et pas ceux qui sont détenteurs d'archives
et approchés à ce titre.
- Y aurait-il plus d'importance à recevoir 100 000 euros plutôt
que 100 000 documents ?
- Que signifie cette manière différenciée de traiter
les uns plus que les autres ?
Deuxième erreur.
Il est trop facile
de reprocher à certains pétitionnaires de faire référence
à 59 membres du Comité scientifique, de jouer
sur les mots, de pinailler sur les chiffres et de leur répondre
: "Ces chiffres sont erronés : le Comité de Soutien
compte 35 noms, dont une dizaine de femmes".
- Au lieu de nourrir la polémique : publiez
la liste ! Et donnez-lui un titre clair !
.
Quant
à savoir par qui est instruit le dossier en Mairie,
personnellement, je m'en tape et je ne pense pas être le seul, mais
puisqu'il y a polémique autour de ça aussi, disons que si
les informations dispensées au public étaient claires, elles
seraient clairement reprises.
- Cela dit, ce serait prendre les électeurs pour des imbéciles
que de leur faire croire qu'un tel dossier est instruit en Mairie
sans que les ténors s'en mêlent un peu au détour des
couloirs pour qu'il avance plus vite (et c'est tant mieux !)
- Cela dit, je lis dans l'article de JFL d'Illico
: "le dossier a été instruit par Odette Christienne,
adjointe à la Mémoire, et non par ladjoint
à la Culture
"
- Je veux bien, mais c'est à Christophe
Girard, Adjoint Chargé de la Culture que le mémorandum
intitulé : "Un outil pour la mémoire collective : un
Centre de Documentation et d'Archives consacré aux homosexualités"
a été remis le 18 juin 2001
- On va finir par nous faire croire qu'il n'était pas au courant
Arrêtons
Enfin,
le projet n'est pas municipal mais associatif
- qu'est-ce qu'on rigole ! Je commente ou je m'en dispense ?
- Ce projet est avant tout le résultat
d'une conjonction d'initiatives personnelles (là encore,
je me fiche d'ailleurs qu'à la base ce soit ça, car c'est
très bien qu'il existe !) et le prétexte
associatif (devenu réalité en partie) n'est
là désormais que pour soutenir et impulser tout ce qui sera
fait pour ce projet.
- On sait très bien que les élus ont besoin de sentir qu'il
y a du monde là derrière
C'est
bien par un traitement inadéquat de l'information et de la communication
que pêche le CADHP.
- Nous pensons que c'est bien là l'une des erreurs majeures du
projet.
- Ce nest pas le projet en lui-même qui est
visé aujourdhui par ceux qui se préoccupent de le
voir avancer avec un peu plus de rigueur médiatique et dentente
cordiale communautaire.
A
bien y regarder de près, à lire entre les lignes des récriminations,
des pétitions, des reproches fait par les un(e)s et les autres,
- ce n'est pas le projet d'un grand centre qui est remis
en cause mais la manière, la façon, le style, le contenu
du projet en lui-même et la constitution de son équipe, sa
représentativité qui sont discutés.
- Ce nest pas parce que les politiques se
contentent dune liste de quelques noms soit disant représentatifs
pour faire valoir un quelconque bien-fondé dune demande de
subvention que le projet est en tout point irréprochable.
.
Aveuglement
et surdité
La
pétition d'Archilesb
ne dit rien de moins :
- "Pour que cesse l'exclusion des lesbiennes
dans le projet du futur centre de documentation et d'archives homosexuelles
de Paris !!! Nous demandons que les manquements et les erreurs volontaires
commises dans la conception du projet ne perdurent pas et que les différents
interlocuteurs (concepteurs du projet et Mairie
de Paris) qui en ont été alertés
à plusieurs reprises ne fassent plus font la sourde oreille."
- Voilà ce qui pêche : faire la sourde oreille.
- D'un autre côté, qualifier les manquements et les erreurs
de "volontaires", c'est peut-être un peu fort
mais
ça le deviendra encore plus si en face on se la joue grand seigneur
Quant
à l'argument qui consiste à demander : qui reproche aux
Archives Lesbiennes dinterdire leur accès aux
hommes ?
- Il est un peu facile et surtout mal venu car Archilesb
n'est pas l'ARCL (Archives,
Recherches et Cultures Lesbiennes). Et poser la question ainsi,
c'est entretenir (voir installer) une confusion qui n'est pas nécessaire.
- En effet, les Archives Lesbiennes
de la Maison des Femmes dans le 11ème arrondissement de
Paris fonctionnent depuis longtemps selon des modalités
qui les regardent et surtout, elles n'ont pas la prétention d'être
LA seule et unique référence en la matière.
- Comme elles le communiquent sans détour :
L'association
loi 1901 "Archives, Recherches et Cultures Lesbiennes"
(communément appelée les Archives Lesbiennes)
a été créée en 1984, période où
les groupes lesbiens se développaient en grande majorité
dans la non-mixité politique.
- Depuis près de vingt ans, l'association poursuit
ses buts qui sont de collecter et d'archiver tout document ayant trait
au lesbianisme et au féminisme.
- De par l'histoire des mouvements lesbiens et féministes, l'association
reste dans une politique de non-mixité qui lui assure une totale
indépendance dans ses choix d'acquisition et d'archivage.
Les
revendications de groupes et d'associations tels Archilesb! ou
Vigitrans (" pour que cesse l'exclusion
des lesbiennes, des bi et des trans dans le projet du futur Centre
de Documentation et d'Archives Homosexuelles de Paris ")
s'inscrivent dans une mouvance politique mixte.
De
plus, il est quelque peu déplacé d'aller soudainement reconnaître
l'existence de l'ARCL
- parce que c'est arrangeant concernant l'argument polémique de
la mixité,
- alors que le CADHP n'est pas fichu
de reconnaître ce qui se fait par ailleurs en France et même
aux portes de Paris;
je veux parler de l'Académie
Gay et Lesbienne !
Enfin, toutes les
lesbiennes n'ont pas forcément envie de fonctionner et d'être
exclusives comme le sont les Archives Lesbiennes,
- et le CADHP devrait interpréter la requête
d'Archilesb ou Vigitrans comme un honneur
et ravaler un orgueil sans fondement.
Quant à leur
demander : "d'axer leurs efforts pour que le centre
trouve enfin un local
" je trouve le propos un peu gonflé.
- Que le CADHP commence par ne pas
les ignorer et que la presse cesse de jouer sur la corde culpabilisante
!
- Bientôt, et à ce rythme, si le CADHP ne
trouve pas de local ce sera de la faute des lesbiennes
.
Pour terminer le tour d'horizon, et pour conclure
provisoirement par une note plus modérée, citons la contribution
des UEH [ Universités
d'Eté Euroméditerranéennes des Homosexualités
] :
"Ce
projet doit être fédérateur et soutenu
par toutes les composantes de la mouvance homosexuelle
- Pour ce qui concerne le Centre de ressources documentaires,
il doit offrir la plus large documentation possible sur lensemble
des minorités sexuelles
- Un fond féministe important devra être constitué,
car lhistoire de la libération des homosexuels et des lesbiennes
est indissociable de lessor du mouvement des femmes dans les années
60 et 70
- Enfin, le fonctionnement du centre, et en particulier
celui du Comité scientifique, doit tendre vers
la parité." Etc.
.
Ha ! Encore un mot. Je ne suis pas certain que "La
générosité de la municipalité a réveillé
les rivalités."
- Comme l'écrit Blandine Grosjean dans Libération
du 7 décembre 2002.
Mais bon
.
Conclusion
Le CADHP
est à notre sens lun des plus beau projet, (avec celui du
Grand CGL) que la Municipalité parisienne
verra éclore pendant sa mandature sil est mené
à son terme et de la manière la plus fédérative
possible.
Il
faudra simplement, aux porteurs de ce(s) projet(s) savoir exister avec
et au milieu des membres dune communauté qui se sentent concernés.
- La preuve, le CADHP ne cesse de les intéresser.
- On aurait envie de leur dire à ces personnalités compétentes
et représentatives : arrêtez dêtre sourds aux
reproches quil faut entendre comme des conseils et de faire comme
si, de toute façon, la réalisation effective aboutira quoi
quil arrive.
Ce
serait comme construire un pont que les automobilistes refuseraient demprunter.
- Dites au moins, haut et fort, que vous prenez
en compte les remarques et que vous tenez comptes des suggestions (le
dire et le faire, cela va de paire
).
Ce
serait un début et ça changerait lambiance de
ce qui fini par être, à notre sens, faussement interprété
comme de mauvaises querelles, une lutte de pouvoir, un remake dun
autre âge, un pugilat intra-communautaire dixit Jean-François
Laforgerie sur le site E-llico
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1 2003 : communiqué des Universités d'Eté Euroméditerranéennes
des Homosexualités (UEEH) > sur le projet
du futur Centre d'Archives et de Documentation Homosexuelles de Paris
(CADHP)
http://www.france.qrd.org/assocs/ueh/spip/breve.php3?id_breve=6
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Pour un centre d'archives et de documentation
gai, lesbienne, trans et féministe à Paris
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