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Colloque public
20
ans de dépénalisation ... et après
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Les UEEH
rééditent le concept du colloque public dans la ville
de Marseille.
- En 2001, nous étions accueillis au palais des congrès,
cette année, c'est dans la grande salle du Conseil Régional,
dernier bastion du Parti Socialiste, que se déroulera
cette journée.
- Un conseiller régionnal fut même présent
pour nous dire combien Région était heureuse
et fière de participer à cet esprit d'accueil républicain
initier en son temps par Gaston Deferre, alors Maire de
la ville.
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Un
contexte de discimination
Le colloque
est organisé par l'association "Mémoire
des sexualités", et Christian De Leusse
plantera le décor de cette journée.
Le thème
abordé : "20 ans de dépénalisation
... et après",
- fut l'occasion pour de nombreux(ses) militants(es) d'éclairer
le chemin parcouru.
- ce fut une découverte pour nombre d'oreilles attentives,
d'entendre parler de cette répression dure, même dans
les années qui ont suivies la dépénalisation.
Les
flagrants délits sous prétexte d'atteinte aux moeurs,
le racolage passif (encore
verbalisé il y a peu de temps), avec
à la clé des enfermements parfois violents, voire
des traitements psychiatriques aux effets plus sédatifs
que réparateur d'un je ne sais quel mal".
Un
peu d'histoire avec une projection partielle du documentaire "Bleu,
Blanc, Rose"
- Yves Jeuland, le réalisateur du documentaire "Bleu,
Blanc, Rose" parle des figures des mouvements
qui ont donné, plaqué un sens politique sur la souffrance
des homosexuels délictueux.
Radio
FG était encore une
radio gaie mais seulement parisienne,
- la vie était extérieure, dans les parcs, voire "L'homme
blessé" de Patrice Chéreau), qui
montre souvent la souffrance, la furtivité dans des lieux
plus ou moins glauques.
- Les femmes privilégiaient les ambiances qui favorisaient
les rencontres calmes et paisibles.
David
Girard apparaît. Personne
n'a autant incarné le commerce et la fête que lui.
- Avec ses saunas, ses boites, ses restaurants, il fabriquait tout
ce que les gais veulent bien payer.
- Une position radicalement marketée sur l'homosexualité.
- Nous aurons aussi l'occasion d'en reparler, Yves Jeuland
fera une projection des deux documentaires vendredi.
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Le
projet "Université d'Eté des Homosexualités
de Marseille"
20 ans, les
universités d'été existaient depuis peu.
- La conception initiale devait s'extraire du modèle "club
Med".
- Une option politique a été insufflée dés
le départ, rappelle Jacques Fortin.
"il
fallait aussi être visible en entrant dans la sphère
publique".
- Il est clair que le féminisme a été le lit
de nombreux mouvements homosexuels.
- Rappelons nous du FHAR. Les femmes, déjà
engagées dans une résistance active et radicale ont
été présentes dés le début.
Mais
la non mixité a généré de nombreux débats
et bagarres.
- Il semble que les hommes ne comprenaient pas, et ne comprennent
toujours pas, pourquoi dans la construction d'un mouvement non mixte
homo/hétéro, les femmes voulaient aussi une non mixité
homme/femme.
- Néanmoins, la mixité des Universités
à toujours été une volonté déterminée.
Le
principe du débat sur une semaine, permettait le passage
d'un certain dialogue : débats
conflictuels, moments plus chaleureux aux calanques,
- Les conflits étaient basés sur la réforme
ou le radicalisme.
- En ce sens, les UEEH sont l'enfant du féminisme
et de plusieurs années d'étouffoir arcadien, même
si Jean Louis Boris, qui se situait à la frontière
de l'auto justification, a été le premier à
parler de l'homosexualité profonde.
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Radicalisation
lesbienne dans la fin des années 70
Nous sommes
loin du consensus ambiant LGBT. Les années 70 étaient
marquées par la radicalisation du discours et des actions.
Suzette Triton-Robichon n'est pas historienne, simplement
une militante qui se souvient.
Les
groupes de lesbiennes autonomes apparaissent sur la
place publique, notamment avec la création du FHAR,
- alors que les mouvements féministes n'étaient
pas forcément homosexuels.
- D'autres mouvements encore plus révolutionnaires ont vu
le jour comme les Gouines Rouges ,
mais leur destin fut rapidement consommé.
L'importance
de ces groupes résidaient dans la volonté de construire
une force collective à travers les histoires individuelles.
- L'axe Paris - Lyon a mis en évidence les traces
du lesbianisme dans le passé et permit de jetter les premiers
jalons d'une culture lesbiennes.
La
fin des années 80 a vu la réalité du couple
lesbien s'installer, balbutiant mais évidemment là.
- Le concept d'une nation lesbienne apparaît, avec ses dérives
sectaires et séparatistes.
Une
nouvelle étape est franchie, les groupes, les collectifs
se créent pour travailler sur la santé, la convivialité.
- Ils se font connaître dans toute la France grâce
au journal Lesbia qui
perdure, là où les premiers essais de commerces lesbiens
avaient échoués comme "Désormais".
La
transmission de ce qui a été vécut et produit
se pose.
- Même si des militantes entretiennent les Archives
Lesbiennes [Archives
Recherche Cultures Lesbiennes (ARCL)],
- la majeur partie s'envolera avec les femmes.
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Le CUARH
Le CUARH
a été conçut comme une coordination de groupe
dont l'objet est la lutte contre la répression envers les
homosexuels.
- Le Cuarh se mobilise auprès de personne ayant
perdu leur emploi du fait de leur homosexualité.
- Le Cuarh s'engage aussi sur plusieurs thèmes
: la parentalité,
les fichiers, l'asile politique, la suppression de l'homosexualité
de la liste des maladies psychique en France et à l'OMS,
On
le constate, des thèmes toujours d'actualité.
Jean Michel Rousseau et Catherine Gonnard évoque
ainsi la mobilisation militante à une époque des plus
pernicieuse qui fut pour les homosexuels :
- la jouissance d'une première citoyenneté assombrie
par l'ombre du VIH qui se répand sur la planète.
Le
Cuarh était mixte, et cela l'a conduit dans
une démarche originale sur des revendications gay et lesbiennes,
qui seront poussées avec la même force.
Pour
se faire connaître, le Cuarh édite Homophonie
de 1980 à 1987.
- Mais le passage en kiosque lui donne un autre élan, plus
large, hors du champs connut des militants, celui des personnes,
qui lui imposera aussi une nouvelle ligne directrice.
En
1982, c'est Libération qui titre "Le
cancer gay".
- Un terme malheureux qui fut vite repris en choeur par le reste
de la presse française.
- Le Cuarh réagit contre cette stigmatisation.
Récrire
l'histoire serait si simple, à l'époque, 1982, les
très prudents professeurs Montagnier et Rosenbaum,
commencent à peine à parler de préservatifs.
- Le milieu gay ne s'attendait pas au pire.
- Les 221 cas français ne laissaient pas imaginer l'ampleur
de la pandémie en pleine période de jouissance enfin
libérée, c'était incroyable presque par définition.
Mais
pendant ce temps, la stigmatisation continue :
les homosexuels ne peuvent plus donner leur sang.
- Le mouvement associatif change, les politiques s'essoufflent,
la convivialité et les associations ludiques se développent.
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Pause
déjeuner
L'Hôtel
de la Région son patio était le théatre
de cette pause / détente nécessaire après un
tel voyage dans le passé.
Les groupes
se reforment, les couples se retrouvent, s'ils étaient perdus.
Le vent est de la partie pour emporter couverts, serviettes, assiettes
et leur contenu.
A
l'abri de ces turpides méditéranéennes, Jean
Le Bitoux, Gérard Bach-Ignasse et Geneviève
Pastre dédicacent leur livres respectifs.
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Un
magazine généraliste : "Gai Pied"
"On a dit
et écrit beaucoup de choses sur Gai
Pied,
tant ce média a été unique dans l'histoire
du mouvement gay. Mais chacun a raconté des choses partielles
et pas toujours vraies, réglant ses comptes au passage.
Le
fondateur du journal, Jean le Bitoux, est venu aux UEEH qui
ont fait le bilan de 20 ans de militantisme,
- pour nous livrer enfin pour la première fois l'histoire
vraie de ce média pas comme les autres.
- Un discours dont la vérité referme la parenthèse
des "années Gai Pied", rend leur
honneur aux journalistes, et évoque les origines des médiocres
pratiques que la presse gaie a cru devoir adopter depuis.
[...] Retrouvez
le texte intégral de Jean Le Bitoux en suivant ce
lien http://www.france.qrd.org/media/gai%20pied/index.html
Ce
fut un moment d'intense émotion. Gai Pied a
non seulement été
- le premier journal homosexuel généraliste,
- le fil rouge pour nombre d'entre nous,
- mais il a été aussi un creuset de formation de nombreux
militants.
Jean
Le Bitoux n'en est pas des moindres
et la salle entière s'est levée pour l'acclamer pendant
plusieurs minutes. Merci
!
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Génèse
et lancement du magazine Lesbia
Catherine
Marjollet rédactrice du magazine Lesbia
raconte aussi l'histoire de ce média pas comme les autres.
- Crée en 1982, le numéro 0 a été tiré
à 100 exemplaires. Son objectif était simple : "un
appel à colaboration".
- Le numéro 1 tiré à 400 exemplaires devient
un vrai magazine, encore distribué manuellement. L'enfer
commença. Lesbia avait la volonté d'avoir
un contenu journalistique et d'aider à la rencontre des esseulées.
- Dés le numéro 2 du mois de janvier, la signature
par le nom est adoptée.
- Le tirage atteint 900 exemplaires en juin 1983, Lesbia est devenu
un magazine de 36 pages.
Mais
Lesbia n'est pas seulement un magazine,
- c'est aussi un concept de convivialité qui
permettra l'organisation de fêtes, des moments de rencontre
avec des militantes,
- être et dire tout ce qui se passe partout où vie
une lesbienne.
Au
bout de sept années, les fêtes mensuelles sur la péniche
du chaland, les 48 pages à écrire épuisent
les bénévoles.
- Et jusqu'en 1989 Lesbia n'a pas réussit à
devenir un magazine autonome.
- Comme beaucoup de commerce lesbiens, très rare, Lesbia
ne trouve pas le financement qui lui permettrai de vivre.
- Mais l'essentiel spirituel est conservé.
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Cinéma
cinéma
Un moment de
cinéma avec Lionel Soukaz réalisateur de Race
d'ep. Un des premiers films sur les homosexuels. Il connut
des début difficile, puisqu'il fut interdit ainsi que le
premier festival de film gai à la pagode. Le ministère
de la culture saisit les films. L'évenement fut relaté
longuement dans toute la presse.
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La
difficile dépénalisation de l'homosexualité
(1978-1982)
Gérard
Bach-Ignasse est Directeur de l'Observatoire des Moeurs et responsable
du DESS Genres et Sexualités (Université de Reims).
Si Patrick Bloche et Jean Pierre Michel sont les pères du
PACS, ont dire que Gérard Bach-Ignasse par ses travaux et
ses réflexions en est l'inspirateur. Il nous livre ses pensées
sur cet événement majeur pour nous.
Il aura fallu
quatre ans de débats parlementaires en France, de 1978 à
1982, pour aboutir à une totale dépénalisation
de l'homosexualité. Cette dépénalisation ne
peut être comprise que si on la situe à l'intérieur
d'un grand mouvement de libération sexuelle, initié
én 1968, continué par le mouvement de libération
des femmes et celui de l'homosexualité.
D'autre part,
cette revendication entrait en résonance avec d'autres prises
de parole sur la liberté sexuelle des mineurs : il y a eu
un Front de libération de la jeunesse et de jeunes adolescents
participaient aux actions du Front homosexuel d'action révolutionnaire.
Cela a conduit plusieurs intellectuels dont Michel Foucault, à
envoyer à la fin des années 70, une lettre à
la commission de révision du code pénal sur la liberté
sexuelle des jeunes.
Enfin, c'est
cette lutte pour la dépénalisation qui a permis de
structurer le mouvement homosexuel et d'augmenter sa visibilité.
Aujourd'hui, il y a plus de 500 000 personnes aux Gay Prides, mais
au début des années 70, il n'y avait que quelques
dizaines, au mieux quelques centaines de participants dans les manifestations
homosexuelles. C'est à l'occasion du débat pour la
dépénalisation qu'une manifestation réunit
pour la première fois plus de 1000 personnes le 16 octobre
1980, plus de 10 000 le 4 avril 1981.
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Les
contradictions du libéralisme avancé
Il s'agissait
d'abroger la loi de Vichy qui interdisait les relations homosexuelles
consentantes avec un mineur de 21 ans (alors que les relations hétérosexuelles
étaient autorisées à partir de l'âge
de 15 ans), et une ordonnance de 1960 (moment où l'homosexualité
avait été qualifiée de fléau social)
qui doublait les peines en cas d'outrage public à la pudeur
homosexuel.
L'élection
de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence
de la République en 1974 avait fait espérer une évolution
de l'ensemble de la société sur la question des moeurs.
De fait dès le début de son septennat, l'abaissement
de l'âge de la majorité de 21 à 18 ans et la
liberté de l'interruption volontaire de grossesse donnent
des gages. La première disposition a un effet pour l'homosexualité
puisqu'à partir de 1974 les relations homosexuelles deviennent
légales avec les jeunes de 18 à 21 ans. Un consensus
se fait jour pour supprimer le redoublement de peine en cas d'outrage
public à la pudeur. On aurait pu penser qu'un consensus droite-gauche
se manifeste pour supprimer totalement la loi de Vichy, de la même
manière qu'une majorité s'était dégagée
pour dépénaliser l'avortement. Mais, comme pour le
pacs, vingt ans plus tard, ce consensus sera impossible à
établir et c'est finalement la gauche seule, arrivée
au pouvoir en 1981, qui dépénalisera totalement l'homosexualité.
Pourtant, en
1978, une première proposition de loi avait été
déposée par un sénateur de centre-gauche, Henri
Caillavet, ancien ministre radical chargé de la Marine de
guerre dans le gouvernement Mendès-France. Henri Caillavet
m'a raconté comment cela s'était passé : un
ami homosexuel avait attiré son attention sur les dispositions
du code pénal et les conditions de vie des homosexuels :
" j'ai donc déposé un texte qui prévoyait
au moins l'égalité avec dans mon esprit la volonté
d'aller plus loin. Quand j'ai déposé mon texte, début
78, M. Poher, le Président du Sénat, m'a fait venir
; il m'a dit : " Maintenant, tu t'occupes des pédérastes
". Je lui dis : " Je te ferai remarquer qu'il y a aussi
les lesbiennes. Nous avons le devoir de faire en sorte que rien
d'attentatoire à la liberté ne soit mis en oeuvre.
Tu es chrétien, je fais appel à ta conscience. Il
faut quand même que tu réfléchisses ".
Il a accepté le débat et le texte est venu en discussion.
Le 28 juin 1978,
Monique Pelletier, qui représente le gouvernement de R. Barre
invoque l'évolution de l'opinion pour accepter la proposition
Caillavet. A l'Assemblée, alors de droite, ce sont les socialistes
et radicaux de gauche qui proposent la dépénalisation.
Mais quand le texte vient en séance le 11 avril 1980, le
président gaulliste de la commission des lois Jean Foyer,
connu pour sa conception très réactionnaire en matière
de moeurs, refuse la dépénalisation au nom de la protection
des mineurs : c'est un thème permanent pour stigmatiser l'homosexualité
en France. Jean Foyer s'exprime ainsi : " Songez, entre autres,
qu'il existe des établissements qui reçoivent des
mineurs de 15 à 18 ans dont certains sont des infirmes, des
handicapés, des malades mentaux. Il me répugnerait
d'affranchir pénalement des sanctions qu'ils encourent par
la loi actuelle, ceux qui se livrent, à l'égard de
ces mineurs, à des actes homosexuels ".
Le gouvernement
fait volte-face et se rallie à la position de Jean Foyer.
La majorité est divisée, les gaullistes ne soutiennent
plus Giscard et l'élection présidentielle approche.
Les homosexuel-le-s, comme d'autres, en feront les frais. Le 16
octobre 80, le Sénat lui-même se déjuge. Les
deux chambres étant désormais d'accord pour réprimer,
la loi est définitivement adoptée. Cela donne lieu
à une manifestation très revendicative des homosexuels
et des lesbiennes devant le Sénat.
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L'action
du mouvement homosexuel
Devant l'incapacité
des parlementaires à faire évoluer les choses, le
mouvement homosexuel se structure autour du refus de la loi répressive.
Le Comité d'Urgence Anti-Répression Homosexuelle,
créé l'été 1979 pour fédérer
les groupes homosexuels français envisageait d'abord son
rôle (ainsi que son titre l'indiquait) comme un moyen de réaliser
des actions immédiates face à tel ou tel cas de répression.
Il va devenir l'instrument principal de la lutte pour la dépénalisation.
Dans le même temps, la naissance du journal Gai Pied, vendu
dans tous les kiosques, donne un poids considérable à
l'expression homosexuelle jusque-là souvent soumise à
la censure.
La campagne
pour l'élection présidentielle de 1981 voit, pour
la première fois, le thème de l'homosexualité
apparaître dans le champ politique au plus haut niveau. Le
débat parlementaire entre 1978 et 1980 a recréé
un clivage droite-gauche : en 1980 seule la gauche vote pour la
dépénalisation. Le CUARH décide d'organiser
une grande manifestation pour les droits et libertés des
homosexuels et des lesbiennes le 4 avril 1981, un mois avant l'élection
présidentielle. Il va rassembler plus de 10 000 personnes
ce qui ne s'était jamais vu auparavant. Surtout, le parti
socialiste soutient la manifestation et presque tous les candidats
de gauche à l'élection présidentielle, F. Mitterrand,
H. Bouchardeau, G. Marchais, M. Crépeau, A. Krivine (mais
pas A. Laguiller) se prononcent pour la dépénalisation
de l'homosexualité.
Le 8 mai 1981,
deux jours avant le deuxième tour de la présidentielle,
Le Monde reproduit les programmes des deux candidats en lice. Pour
la première fois, l'homosexualité fait partie des
rubriques citées. Dans la colonne réservée
à F. Mitterrand, on trouve sa position selon laquelle "l'homosexualité
doit cesser d'être un délit". La colonne de Valéry
Giscard d'Estaing est vide. Le président sortant s'est empêtré
dans ses contradictions. L'homosexualité est devenue un thème
du débat politique et elle a probablement contribué
à l'issue du scrutin. "On estimait, dimanche soir, que
le vote homosexuel avait contribué à la victoire du
nouveau président, soit directement, soit par abstention"
indique Le Monde du 12 mai 1981. Gai Pied titre après l'élection
de F. Mitterrand : "Sept ans de bonheur ?".
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Les
suites de l'élection présidentielle de 1981
A partir de
l'élection de Mitterrand commence un dialogue institutionnel
entre la nouvelle majorité de gauche confirmée aux
législatives de juin et les représentants des homosexuels.
Le ministre de l'Intérieur, G. Defferre supprime le groupe
de contrôle des homosexuels et les fichiers les concernant.
En octobre 1981,
les députés socialistes déposent une nouvelle
proposition de loi tendant à supprimer l'article 331-2 du
code pénal. Le 20 décembre 1981, ainsi qu'il l'a rappelé
à Sciences-Po le 6 avril 2002, Robert Badinter, Garde des
Sceaux prend la parole à l'Assemblée devant un hémicycle
clairsemé mais avec des tribunes du public pleines à
craquer. Après avoir fait une étude historique de
l'homosexualité, R. Badinter cite un de ses illustres prédécesseurs,
Cambacérès, homosexuel notoire, et conclut : "Il
n'est que temps de prendre conscience de ce que la France doit aux
homosexuels, comme àtous ses autres citoyens".
Au nom de la
nouvelle opposition de droite, Jean Foyer intervient. Un seul député
de droite s'abstient, tous les autres votent contre la dépénalisation
alors que la gauche unie vote pour. Sur cette question de l'homosexualité,
R. Badinter n'a pas entraîné une partie de la droite
comme il l'avait fait, juste avant, pour l'abolition de la peine
de mort.
Le CUARH souhaite
que la dépénalisation soit le prélude à
une plus grande reconnaissance de l'homosexualité et de la
liberté sexuelle : il fait des propositions pour la révision
du code pénal. On s'apercevra ensuite que la dépénalisation
était sans doute le maximum tolérable dans ces années
quatre-vingts.
Au Sénat,
l'attitude répressive est dominante. L'ère libérale
est terminée et le Sénat veut apparaître comme
le principal opposant à la gauche. Après plusieurs
péripéties, l'Assemblée nationale tranche en
dernière instance le 27 juillet 1982 et l'abrogation devient
la loi du 4 août 1982, date anniversaire de la nuit du 4 août
1789 qui vit la suppression de tous les privilèges de l'Ancien
Régime.
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Débat
Une journée
aussi dense fit naître de nombreuses questions. Un débat
animé s'organisa spontanément. Il apparaît une
sission entre les grandes organisations : l'inter-lgbt, la coordination
lesbienne nationale et les individus. La légitimité,
la représentativité ne se décrète pas.
Elle est le résultat de la vie et des actions de chacun.
C'est la somme des vécut qui permettra de construire notre
vie dans cette société. ce jour a été
un grand travail de transmission et un moment exceptionel d'émotion.
Les grandes organisation semble oublié que chaque jour des
gais et des lesbiennes se font toujours agresser partout en France.
Alors que depuis le PACS aucune avancée n'a pu être
obtenue, le gouvernement actuel donne clairement des signes de renforcement
de la répression.
Le candidat Chirac s'est engagé pour lutter contre l'homophobie
mais pas sur une loi.
Faut-il un autre
rendez-vous annuel dans chaque ville de France, une date unique
d'exclusive revendication contre l'homophobie ?
C'est bien d'echec
qu'il fut question dans ce débat : l'echec des marches des
fiertés pour porter nos revendications politiques.
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Soirée
mouvementée
L'UEEH
ayant conclus quelques accords avec des restaurants de la
ville pour le diner du soir, les GLB les ont soigneusement évité.
- 400 personnes se retrouvant dans dans six restaurants dont un
fermé, ne pouvaient que générer de l'attente.
Mais
c'est au campus que le mouvement fut le plus violent.
L'homme qui
a vu l'homme qui a vu l'ours me l'a raconté.
- Un groupe de filles armées de pistolets
à eau se prennent de jeu en arrosant des garçons assis
au pied du bâtiment C.
- L'un deux poursuivit une fille qui tomba, il l'a plaqua à
terre et dans la chute elle se blessa.
L'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours, me relata qu'il n'y a
eu aucun appel au secours.
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Mais
ce fut le début d'une discussion houleuse et même violente
au sein des UEEH, et la réapparition
de ressentiments sur cette éternelle guerre hommes / femmes.
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