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16 11 2004 : tetu.com > par la rédaction
http://www.tetu.com/index.php?set_language=en&cccpage=info_detail&set_z_les_infos=411

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FRANCE (Société)

Des militants gay manifestent contre le PSG
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Une semaine après le match qui opposait le Paris Saint Germain à l’Olympique de Marseille au Parc des Princes, le 7 novembre, et alors que le Conseil de Paris discutait des subventions accordées au PSG, une cinquantaine de militant(e)s contre les discriminations et pour les droits des personnes LGBT de l’Académie Gay et Lesbienne, Act Up Paris, AGLA France, la Commission LGBT des Verts, les Panthères roses, Paris Foot Gay, Sos Homophobie ont occupé la devanture de la boutique du Paris-Saint-Germain, située au 27 avenue des Champs-Elysées à Paris.

- L’objectif du rassemblement était de «protester contre la direction de ce club, qui tolère régulièrement les pires dérapages sexistes et homophobes dans les tribunes».
- «Cette action interpellait directement les clients et les supporters du club, dont l’indifférence face à la récurrence des propos incitant à la haine raciste, antisémite, sexiste et homophobe est plus que troublante, expliquent les associations dans un communiqué commun.

Il n’est en effet plus tolérable que les matchs joués par le PSG puissent servir de prétexte aux appels à la haine, au viol et au meurtre, comme ce fut encore le cas la semaine dernière.»
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Le texte rappelle que des banderoles homophobes ont été affichées dans le stade et cite le directeur de la sécurité du PSG : «Nous avons pris le parti de ne pas faire retirer ces banderoles de force, tant que cela reste dans certaines limites», avait déclaré M. Larue.

«On ne saurait mieux dire que, pour la direction du club, le sexisme et l’homophobie relèvent du tolérable !» commente le collectif qui demande donc :
- «que la direction du PSG ne tolère plus les appels à la haine contre les femmes et les personnes LGBT ;
- qu’elle mette en place des politiques de sensibilisation au sexisme et à l’homophobie en direction de ses joueurs et de son public,
- que la Mairie de Paris assortisse les subventions qu’elle verse au PSG d’exigences à l’égard du club sur la lutte contre le sexisme, l’homophobie, le racisme et l’antisémitisme»
- et que «le gouvernement mette enfin à l’ordre du jour du Parlement une loi pénalisant au même niveau les propos discriminatoires et les incitations à la haine raciste, antisémite, sexiste, homophobe et transphobe».

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Du côté de la Mairie de Paris, si Bertrand Delanoë réaffirme son soutien au PSG et souligne, cité par Le Parisuen, que «la direction a été très active pour éradiquer les actes antisémites et homophobes, il ajoute : «L’on sait bien pourtant que jamais je ne me résoudrais à ces discriminations».

Pascal Cherki, l’adjoint aus Sports, a d’ailleurs été dépêché à Marseille au lendemain du match pour présenter ses excuses à son homologue marseillais.

Ce matin, mardi 26 novembre, le Conseil de Paris a voté, à une très large majorité, la subvention de la Ville à son club de football, seuls les Verts se prononçant, comme chaque année, contre cette participation financière.

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28 1 2005 : illico n° 118, page 22 > par Jean-François Laforgerie
http://www.e-llico.com/content.php?section=actu&id=3790
http://www.e-llico.com/content.php?id=3788&section=plus_actu_breves
http://www.e-llico.com/content.php?id=3790&section=plus_actu_breves#1

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[Photo de l'écharpe] Pédo Sado Gay

Internet : ça craint
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Un exemplaire d'une écharpe présentée comme " Très rare écharpe anti - Paris-Saint-Germain, Pédo Sado Gay ",
- éditée par les adversaires du club [ Paris-Saint-Germain ]
- et qui détourne les initiales PSG ,
- a été mise en vente, début 2005, aux enchères sur ebay.fr.

Il y a deux mois, le vice-président de l'Académie Gay & Lesbienne avait déjà obtenu le retrait de la vente aux enchères d'une telle écharpe sur le même site [ ebay.fr ].
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L'association [Académie Gay & Lesbienne] a obtenu le retrait de la vente de cette écharpe dont l'enchère n'est plus en ligne.

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8 1 2005 : ebay.fr > par la direction
http://cgi.ebay.fr/ws/eBayISAPI.dll?ViewItem&category=66634&item=5152969949&rd=1

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L'annonce contient des photos, Très rare écharpe "anti-PSG" PEDO SADO GAY !
[...]

Objet non valide
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Cette annonce (5152969949) [de la vente aux enchères d'une "Très rare écharpe anti - Paris-Saint-Germain : Pédo Sado Gay"] a été supprimée par eBay.
[...]
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Si quelqu'un vous contacte pour conclure la transaction sans passer par eBay, veuillez ne pas donnez suite à la demande.

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[...]
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7 1 2005 : e-llico.com > par Jean-François Laforgerie
http://www.e-llico.com/content.php?section=actu&id=3790
http://www.e-llico.com/content.php?id=3788&section=plus_actu_breves
http://www.e-llico.com/content.php?id=3790&section=plus_actu_breves#1
7 1 2005 : lezzone.canalblog.com > Sappho
http://lezzone.canalblog.com/archives/2005/01/index.html

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Homophobie :
PSG
= Pédo Sado Gay

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Un exemplaire d'une écharpe présentée comme "Très rare écharpe anti - Paris-Saint-Germain, Pédo Sado Gay", éditée par les adversaires du club Paris-Saint-Germain qui détournent les initiales PSG pour les affubler d’insultes Pédo Sado Gay est en vente aux enchères sur le site ebay.fr.

Il y a deux mois, le vice-président de l'Académie Gay & Lesbienne a déjà obtenu le retrait de la vente aux enchères d'une écharpe identique sur le même site ebay.fr.

Après l’effervescence consécutive aux injures homophobes lors d’un match OM/PSG et le vote de la loi sanctionnant les propos homophobes,
l’association
[Académie Gay & Lesbienne] alerte les différentes structures de lutte contre l’homophobie pour obtenir le retrait immédiat et définitif de la vente de cette écharpe "qui amalgame les homosexuel(le)s avec les pédophiles et les sadiques, en véhiculant un slogan homophobe".
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Lire aussi :
- Foot : des mesures contre l’homophobie
- PSG / homophobie : le ministre des Sports réprouve

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7 1 2005 : france.qrd.org > par Jean-Benoît RICHARD
http://www.france.qrd.org/internet/article.php3?id_article=1526
http://www.france.qrd.org/actualites/avantgo_article.php3?id_article=1526

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Internet :

Une écharpe homophobe sur ebay.fr
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Le site de vente aux enchères en ligne ebay.fr propose une « très rare écharpe anti - Paris Saint-Germain "Pédo Sado Gay" » (les adversaires du club Paris Saint Germain utilisent les initiales PSG pour le traiter de Pédo Sado Gay ).

Il y a deux mois, le vice-président de l’Académie Gay & Lesbienne a déjà obtenu le retrait de la vente aux enchères d’une écharpe " PEDO SADO GAY " du même site ebay.fr.

Aujourd’hui la loi anti homophobie étant votée, l’association [Académie Gay & Lesbienne] invite tous les internautes à réagir ensemble avec eux de toute urgence pour obtenir
- non pas uniquement le retrait de la vente de cette écharpe (ce que nous l’avons déjà obtenu il y a 2 mois),
- mais qu’on ne remet plus JAMAIS en vente aux enchères en France une quelconque écharpe " PEDO SADO GAY "
qui amalgame les homosexuelLEs avec les pédophiles et les sadiques, en véhiculant un slogan homophobe (stigmatisation avec des accusations graves de "pedo sado" des gays).

Contact : academiegay@yahoo.fr

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7 1 2005 : ladixiememuse.com > message
http://www.ladixiememuse.com/index.php?RAP=art-affichage&ART_ref=ART_1105106696&SES=164b743b18e4af4695d024abaa5caf40

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Message d'archiveshomo.info :
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Nous pensons qu'il est utile de vous avertir qu'un exemplaire d'un soi-disant Très rare écharpe "anti - Paris Saint-Germain" PEDO SADO GAY ! (les adversaires du club Paris Saint Germain utilisent les initiales PSG pour le traiter de Pédo Sado Gay) est de nouveau remis en vente aux enchères sur le site ebay.fr
http://cgi.ebay.fr/ws/eBayISAPI.dll?ViewItem&category=66634&item=5152969949&rd=1

1 - Il y a deux mois, le vice-président de l'Académie Gay & Lesbienne a déjà obtenu le retrait de la vente aux enchères d'une écharpe " PEDO SADO GAY " du même site ebay.fr (nous avons prévenu à l'époque SOS Homophobie, Act Up Paris, le Collectif Egalité des droits...)

2 - Aujourd'hui la loi anti homophobie étant déjà votée, nous vous demandons donc de réagir ensemble avec nous de toute urgence pour obtenir :
- non pas uniquement le retrait de la vente de cette écharpe
(ce que nous l'avons déjà obtenu il y a 2 mois)
- mais qu'on ne remet plus JAMAIS en vente aux enchères en France une quelconque écharpe " PEDO SADO GAY " qui amalgame les homosexuelLEs avec les pédophiles et les sadiques, en véhiculant un slogan homophobe (stigmatisation des gays avec des accusations graves de "pedo sado" ).

Bien à vous touTEs et bonne et heureuse année 2005

B. Phan Hoàng,
président de l'Académie Gay & Lesbienne

http://www.archiveshomo.info
le site d'information du
Conservatoire des Archives et des Mémoires Homosexuelles
de l'Académie Gay & Lesbienne

archiveshomo@yahoo.fr
06 98 32 81 20
Boîte Postale N° 28
94402 VITRY SUR SEINE cedex

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17 12 2004 : illico n° 115, pages 6 et 7 > par Nicolas Desroches et Jean-François Laforgerie
http://www.e-llico.com/content.php?section=actu&id=3734

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Sport, homophobie et intégration :
on est, on est, on est des pédés !

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Les violences se multiplient dans et autour des stades de foot. Injures, propos homophobes, racistes, sexistes... Si l’homophobie dans le sport a toujours été présente, politiques et associations homos tentent désormais d’y faire face. Au point que là où le sport gay était affaire d’associations de convivialité naissent aujourd’hui de vrais groupes militants.
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- "Fiorèse tu simules aussi avec Déhu ?",
- "Déhu-Fiorèse : le mari est parti, la femme suit",
- "Fiorèse-Déhu, c’est Pink TV"
furent parmi les banderoles les moins injurieuses déployées le 7 novembre au Parc des Princes, lors de la rencontre, traditionnellement à hauts risques, PSG-OM.

La raison de ces attaques à caractère homophobe ?
- Fabrice Fiorèse et Frédéric Déhu, qui évoluent aujourd’hui dans l’équipe marseillaise, sont d’anciens joueurs du PSG.
- Du coup, durant toute la rencontre, ces joueurs ont été constamment sifflés, injuriés et visés par de nombreux projectiles lancés par des supporters parisiens.
- Au point même que les CRS devaient les protéger avec leurs boucliers lorsqu’ils frappaient leurs corners.

Les réactions et les manifestations ne se sont pas fait attendre…
- De la part des instances du foot avec Sepp Blatter, président de la FIFA, répondant à une question sur l’homophobie dans les stades, qui explique : "Mon credo est le football pour tous, tous pour le football — sans discrimination de quelque nature que ce soit" (1).
- De la part aussi des politiques. Jean-François Lamour,ministre des Sports, juge cette "violence inacceptable". "Il faut aussi rendre les autorisations de palpation générales (…) pour éviter que certaines banderoles dont celles que nous avons pu voir (…) lors du match PSG / OM, puissent être enlevées et les auteurs sanctionnés et traduits devant la justice" préconise même le ministre.

Les Verts parisiens, toujours hostiles aux subventions municipales versées au club, se disent "consternés et outrés par les propos lus et entendus dans l’enceinte du Parc des Princes" et estiment que "les limites du tolérable ont été franchies".

Coïncidence, la subvention annuelle de la municipalité au club est alors en débat au Conseil de Paris et les Verts en profitent pour réclamer des coupes sombres, refusées par le Maire [de Paris] qui indique toutefois qu’il ne se "résignera jamais à des attitudes discriminatoires".
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Quant aux gays, ils réagissent le 15 novembre en manifestant devant la boutique du Paris-Saint-Germain au bas des Champs-Elysées.
- Echarpes roses autour du cou, calicots déployés, tracts distribués et slogans hurlés ("On est des pédés, on est des pédés, on est, on est, on est des pédés !"), la quarantaine de manifestants LGBT met l’ambiance à l’appel de l’Académie Gay et Lesbienne, d’Act Up-Paris, d’Agla France, de la commission LGBT des Verts, des Panthères roses, du Paris Foot Gay et de SOS Homophobie.

Cette affaire (2), si elle choque les associations sportives gay, ne les surprend pas outre mesure.
- "Etre homo ou lesbienne et jouer dans une équipe de sport co, affirme Bruno Laurent, président du Paris Foot Gay (PFG), ça devient très difficile. Dans le milieu du sport, on vit dans une grande hypocrisie !"
- Il est vrai qu’aujourd’hui dans un monde où l’on parle pourtant de tolérance, sport et homosexualité ont encore bien du mal à cohabiter.

Le PFG est le premier club de foot officiellement gay et ouvert à tous — hétéros ou homos —, s’inscrivant dans une démarche de lutte contre les discriminations qui marque une vraie différence et une vraie évolution avec les autres groupes sportifs gay dont l’activité essentielle jusqu’à présent, que ce soit dans le foot, la natation, le hand ou tout autre discipline, était de nature conviviale et purement sportive.
- "Notre but, explique le président du PFG, est de faire évoluer les mentalités en nous imposant par nos résultats."
- Une réussite de ce point de vue : depuis le début de la saison, le PFG a remporté tous ses matchs, à l’exception d’un match nul. Un beau pied de nez à toutes les mauvaises langues !

Visible au PFG, l’homosexualité reste, publiquement en tout cas, inconnue chez les pros.
- En 1990, le footballeur Justin Fashanu du Nottingham Forest avait été le premier jouer pro britannique à faire son coming-out. Quelques années plus tard, sous la pression des médias, du public et de ses coéquipiers, il se suicidait…

"Le sport reste un milieu particulièrement homophobe, avoue Ronan Rosec, président de SOS Homophobie.
- Et il est particulièrement difficile de recueillir des témoignages de sportifs, parce que soit ils jouent dans des équipes homos, et donc il n’y a plus d’homophobie, soit ils se cachent par peur de briser leurs carrières notamment pour les sportifs pro. Les enjeux sont trop importants !"
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(1) ”Le Monde”, 19 novembre.

(2) Suite au match, l’Inter-LGBT a écrit à Francis Graille, président du PSG : un rendez-vous aura lieu prochainement en présence de l’adjoint aux Sports parisien, Pascal Cherki.

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7 12 2004 à 11 h. : conférence de presse inter associative à l'Assemblée nationale > Académie Gay & Lesbienne, Act Up Paris, Ardhis, ASB, Autre cercle, Bi Cause, Caritig, C¹est l¹bouquet !, Commission LGBT des Verts, Coordination Interpride France, Fédération Moules-Frites, FSU, GAT, HES, Homonormalités, InterLGBT, Lusogay, MAG, Mix-Cité, On est là !, PASTT, SOS Homophobie, UEEH, VigiTrans
- avec Martine Billard, Nicole Borvo, Annick Lepetit, Philippe Meynard, Jean-Luc Roméro ...
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Invitation
Conférence de presse
Mardi 7 décembre 2004 à 11 h.
Assemblée nationale > Salle n°1

Pour un traitement égal de toutes les discriminations :
Rejetons l¹amendement Garraud !
Ne transigeons pas avec la transphobie !

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Académie Gay et Lesbienne, Act up Paris, l¹Ardhis, l¹ASB, l¹Autre cercle, Bi Cause, le Caritig, C¹est l¹bouquet !, la Commission LGBT des Verts, la Coordination Interpride France, la Fédération Moules-Frites, la FSU, le Gat, HES, Homonormalités, l¹InterLGBT, Lusogay, le Mag, Mix-Cité, On est là !, le Pastt, SOS homophobie, UEEH, VigiTrans

vous invitent à une conférence de presse
pour une égale condamnation de tous les propos discriminatoires

en présence de :
-
Nicole Borvo, Présidente du Groupe Communiste, Républicain et Citoyen au Sénat,
- Martine Billard, députée des Verts
- Annick Lepetit, députée PS (sous réserve)
- Philippe Meynard, conseiller national de l¹UDF
- Jean-Luc Roméro, conseiller régional, fondateur d¹Aujourd¹hui, autrement (sous réserve)
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Les parlementaires PCF, PS, UDF, UMP et Verts ont été invités à donner la position que leurs partis défendront.

Le gouvernement a choisi de biaiser : plutôt que de maintenir un projet de loi pour lutter contre les propos homophobes et sexistes, il a souhaité amender la loi portant création de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (HALDE), en lui greffant quatre amendements qui reprennent pour l'essentiel les dispositions prévues par le projet de loi abandonné.
Ces amendements ont été votés par le Sénat le 23 novembre.

Les associations LGBT, même si elles regrettaient la méthode utilisée, se réjouissaient de voir enfin le sexisme et l'homophobie punis à égalité avec le racisme ou l'antisémitisme.
- Elles dénonçaient toutefois le fait que tous les propos discriminatoires ne soient pas soumis à un traitement égal.
- En effet, le gouvernement a délibérément fait l'impasse sur le motif "identité de genre" refusant ainsi aux personnes transsexuelles ou transgenres l'égale protection que les associations ont toujours voulu leur garantir.
- Idem pour les personnes handicapées ou malades : le handicap et l'état de santé ne figurent pas dans le texte.

Mais la colère des associations a atteint son comble quand la Commission des lois de l'Assemblée nationale a adopté ce mercredi 1er décembre un amendement présenté par le député UMP Jean-Paul Garraud, qui aboutirait à rendre la loi totalement inapplicable : il s'agirait en effet de réserver la possibilité de se porter partie civile aux seules associations reconnues d'utilité publique, interdisant de facto à toutes les associations concernées de combattre les provocations à la haine ou à la discrimination.

Les associations demandent donc à la représentation nationale de rejeter l'amendement Garraud, et d'amender au contraire le texte adopté au Sénat afin d'élargir le champ des discriminations punies par la loi aux motifs identité de genre, handicap et état de santé.
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Entrée des journalistes et des invités (munis d¹une pièce d¹identité)
par le 3, rue Aristide Briand, M° Assemblée ou Invalides
RSVP > Rostom : 06 76 27 34 08 rostom.mesli@wanadoo.fr

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5 12 2004 : Aujourd’hui, Autrement > forum animé par Gilloux
http://www.webzinemaker.com/admi/mon_forum/read_mess.php3?num_zine=31424&id=368919
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RE: Communiqué - Halde

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Certains [...] vont encore dire que nous parlons que des homos mais l'actualité est faite ainsi.
- Encore une fois une discrimination se produit et en plus dans une loi contre les discriminations !!!
- Pourquoi tant d'effort pour que l'homophobie, le sexisme et la transphobie (qui manque toujours dans le nouveau texte) ne doivent-ils pas être défendu par des associations ?

Mardi, [7 12 2004 : les associations] On est là !, L'Académie Gay et Lesbienne, Act up Paris, l'Ardhis, l'ASB, l'Autre cercle, Bi Cause, le Caritig, C'est l'bouquet !, la Commission LGBT des Verts, la FSU, le Gat, HES, Homonormalités, l'Inter LGBT, Lusogay, le Mag, Mix-Cité, le Pastt, SOS homophobie, UEEH, VigiTrans vont se retrouver devant l'assemblée nationale :

«Pour un traitement égal de toutes les discriminations :
Ne transigeons pas avec la transphobie !
Rejetons l'amendement Garraud

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Il faut tout faire pour que cet amendement soit retiré. Sinon la loi sera difficilement applicable puisqu'il n'y aura pas de défense.

Gilloux

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19 11 2004 : Nouvel Observateur > interview de B. Phan Hoàng, président de l'Académie Gay et Lesbienne : par Jérôme Hourdeaux
http://permanent.nouvelobs.com/societe/20041119.OBS1982.html
http://archquo.nouvelobs.com/cgi/une?date=20041119
20 11 2004 : itsogay.com
http://www.itsogay.com/index.php?name=PNphpBB2&file=viewtopic&t=694
20 11 2004 : jeanyves.over-blog.com
http://jeanyves.over-blog.com/categorie-7554.html
20 11 2004 : tassedethe.com
http://www.tassedethe.com/cadres/souscadre/webzinfos/dossier7.htm

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3 questions à... B. Phan Hoàng

B. Phan Hoàng est président de l'Académie Gay et Lesbienne,
academiegay@yahoo.fr
(par ailleurs elle même membre du Collectif pour l'égalité de droits)
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"L'égalité des droits entre tous les citoyens"
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Comprenez vous les inquiétudes de la presse vis-à-vis de ce projet de loi ?

- Ce que je tiens tout d'abord à dire c'est que nous ne voulons pas interdire aux gens ni à la presse de parler. Si l'Eglise par exemple souhaite critiquer le mariage homo ou l'adoption par des couples homosexuels avec des arguments, il n'y a aucun problème. On a le droit d'être contre le Pacs ou Pink TV. La presse n'a aucune crainte à avoir.

- Ce que nous voulons, c'est un droit de réponse aux incitations au meurtre ou à la haine envers les gays et les lesbiennes,
> comme ceux que l'on a pu voir lors des manifestations contre le Pacs. A cette époque, des gens avaient été pris en photo avec des pancartes appelant à envoyer les pédés au bûcher et personne n'a pu agir.
> Plus récemment, la télévision a montré, lors du match OM-PSG, des supporters brandissant des banderoles homophobes visant deux joueurs partis à Marseille.
> Ou simplement, regardez le courrier qu'à reçu à la mairie de Bègles, Noël Mamère.Ces lettres ignobles comparaient les unions homosexuels à des unions entre animaux.

- Et, selon la CNCDH [Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme], on ne peut rien faire contre cela.
> Pour éviter les problèmes, la loi doit être claire. Encore une fois, nous ne voulons bâillonner personne mais qu'il n'y ait plus cette impunité qui existe aujourd'hui pour les actes homophobes.
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Ne croyez-vous pas que l'accumulation des interdictions risque à terme de menacer la liberté d'expression ?

- Ecoutez, je suis gay et d'origine asiatique et il est scandaleux qu'aujourd'hui je me sente plus protégé en tant qu'étranger [citoyen francais d'origine étrangère] qu'homo [citoyen français homosexuel].
> Aujourd'hui si n'importe qui se balade avec des pancartes "les juifs au four" ou "les arabes dehors", il est sûr de se retrouver devant un tribunal.
> Mais ce qui est évident et normal pour n'importe quelle personne étrangère est refusé aux homosexuels.
Aujourd'hui, selon la CNCDH, on a le droit d'appeler à envoyer les gays au bûcher, ou de les comparer à des animaux.

- Dans notre République, nous sommes censés avoir une égalité des droits entre tous les citoyens donc, si vraiment l'accumulation des protections est dangereuse, et qu'à ce titre on refuse de réprimer les actes homophobes, dans ce cas, le principe d'égalité des citoyens exige que nous supprimions les lois antisémites et antiracistes!

- Encore une fois, en tant que citoyen français homosexuel d'origine asiatique, je suis extrêmement choqué. Il n'est pas tolérable que l'on compare l'union de deux personnes de même sexe à un mariage de phoques et d'appeler à leur meurtre.
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Quel sera selon vous les conséquences de cet avis sur l'avenir du projet de loi ?

- Je ne suis pas devin. Nous verrons bien mais, a priori il semblerait que l'opposition au projet de loi est de plus en plus forte.

- Mais je constate que le fait, pour un gouvernement de droite, d'avoir déposé ce projet de loi est déjà quelque chose de bien quand l'on sait qu'en cinq ans de majorité absolue, le gouvernement Jospin n'a rien fait à ce niveau.

- Je tiens par ailleurs à signaler que même si elle était adoptée, cette loi sur l'homophobie a totalement fait passer à la trappe les transsexuels. Même si le projet de loi était adopté, on pourrait encore appeler à envoyer les travelos au bûcher. Les trans aujourd'hui en France sont la minorité des minorités.

Propos recueillis par Jérôme Hourdeaux
le vendredi 19 novembre 2004 [à 17h.51]

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16 11 2004 : tetu.com > par la rédaction
http://www.tetu.com/index.php?set_language=en&cccpage=info_detail&set_z_les_infos=411

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FRANCE (Société)

Des militants gay manifestent contre le PSG
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Une semaine après le match qui opposait le Paris Saint Germain à l’Olympique de Marseille au Parc des Princes, le 7 novembre, et alors que le Conseil de Paris discutait des subventions accordées au PSG, une cinquantaine de militant(e)s contre les discriminations et pour les droits des personnes LGBT de l’Académie Gay & Lesbienne, Act Up Paris, AGLA France, la Commission LGBT des Verts, les Panthères roses, Paris Foot Gay, Sos Homophobie ont occupé la devanture de la boutique du Paris-Saint-Germain, située au 27 avenue des Champs-Elysées à Paris.

- L’objectif du rassemblement était de «protester contre la direction de ce club, qui tolère régulièrement les pires dérapages sexistes et homophobes dans les tribunes».
- «Cette action interpellait directement les clients et les supporters du club, dont l’indifférence face à la récurrence des propos incitant à la haine raciste, antisémite, sexiste et homophobe est plus que troublante, expliquent les associations dans un communiqué commun.

Il n’est en effet plus tolérable que les matchs joués par le PSG puissent servir de prétexte aux appels à la haine, au viol et au meurtre, comme ce fut encore le cas la semaine dernière.»
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Le texte rappelle que des banderoles homophobes ont été affichées dans le stade et cite le directeur de la sécurité du PSG : «Nous avons pris le parti de ne pas faire retirer ces banderoles de force, tant que cela reste dans certaines limites», avait déclaré M. Larue.

«On ne saurait mieux dire que, pour la direction du club, le sexisme et l’homophobie relèvent du tolérable !» commente le collectif qui demande donc :
- «que la direction du PSG ne tolère plus les appels à la haine contre les femmes et les personnes LGBT ;
- qu’elle mette en place des politiques de sensibilisation au sexisme et à l’homophobie en direction de ses joueurs et de son public,
- que la Mairie de Paris assortisse les subventions qu’elle verse au PSG d’exigences à l’égard du club sur la lutte contre le sexisme, l’homophobie, le racisme et l’antisémitisme»
- et que «le gouvernement mette enfin à l’ordre du jour du Parlement une loi pénalisant au même niveau les propos discriminatoires et les incitations à la haine raciste, antisémite, sexiste, homophobe et transphobe».

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Du côté de la Mairie de Paris, si Bertrand Delanoë réaffirme son soutien au PSG et souligne, cité par Le Parisuen, que «la direction a été très active pour éradiquer les actes antisémites et homophobes, il ajoute : «L’on sait bien pourtant que jamais je ne me résoudrais à ces discriminations».

Pascal Cherki, l’adjoint aus Sports, a d’ailleurs été dépêché à Marseille au lendemain du match pour présenter ses excuses à son homologue marseillais.

Ce matin, mardi 26 novembre, le Conseil de Paris a voté, à une très large majorité, la subvention de la Ville à son club de football, seuls les Verts se prononçant, comme chaque année, contre cette participation financière.

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16 11 2004 : Le Parisien > par Emilie Torjemen
http://www.leparisien.com/home/maville/paris/article.htm?articleid=245915039

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Manifestation

Les homos taclent le PSG sur les Champs-Elysées
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CORNES DE BRUME et banderoles en main, une trentaine de personnes ont bruyamment manifesté, hier soir vers 19 heures, devant la boutique du PSG sur les Champs-Elysées. Rien à voir avec un attroupement de supporters.

Les banderoles étaient roses et les manifestants scandaient « On est des PD » sur l'air du fameux « On est des champions ».

Le rassemblement, organisé pour protester contre les propos homophobes dans les tribunes parisiennes lors du dernier match PSG - OM, s'est tenu alors que le Conseil de Paris examinait la subvention à attribuer au club.
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A l'appel de la commission Lesbiennes-Gays-Bi et Trans (LGBT) des Verts parisiens, les militants d'associations de lutte contre l'homophobie ont critiqué les propos des supporters parisiens... mais aussi les réactions des responsables du club.

- « Nous sommes particulièrement choqués quand M. Larue, directeur de la sécurité du PSG, qualifie ces dérapages de tolérables », explique Roston Mesli, militant vert.

- Ronan Rosec, président de SOS Homophobie, renchérit : « Si le projet législatif contre l'homophobie ne traînait pas tant, le club serait tombé sous le coup de la loi. »
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Les responsables de la boutique du PSG qui ont interdit aux vendeurs de sortir du magasin sont restés très discrets durant toute la manifestation.
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- [ Photo ] : AVENUE DES CHAMPS-ELYSEES (VIIIe), HIER SOIR.
Une manifestation a eu lieu devant la boutique du PSG contre des propos homophobes de supporters parisiens, lors du match contre l'OM. (LP / FREDERIC DUGIT)

- Lire aussi en pages 2 et 3 de nos informations générales

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16 11 2004 : illico.com > par Jean-François Laforgerie
http://www.e-llico.com/content.php?section=actu&id=3608
16 11 2004 : lezzone.canalblog.com
http://lezzone.canalblog.com/archives/discrimination___homophobie/

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Manif LGBT devant la boutique du PSG
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Une quarantaine de militants LGBT ont manifesté lundi 15 novembre devant la boutique du PSG à Paris pour dénoncer l’homophobie des supporters et l’inaction des dirigeants.

Echarpes roses autour du cou, calicots déployés, tracts distribués et slogans hués ("On est des pédés, on est des pédés, on est , on est, on est des pédés !"), la quarantaine de manifestants LGBT met l’ambiance devant la boutique du Paris-Saint-Germain au bas des Champs-Elysées.

C’est à l’appel de l’Académie Gay et Lesbienne, d’Act Up-Paris, d’Agla France, de la commission LGBT des Verts, des Panthères roses, du Paris Foot Gay et de SOS Homophobie qu’ont répondu ces manifestants qui entendaient dénoncer les insultes et banderoles homophobes qui ont entaché la rencontre opposant le PSG à l’Olympique de Marseille (OM) le 7 novembre.
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Pour les associations LGBT, les attaques homophobes contre certains joueurs passés, du PSG à l’OM, ont "largement franchi les limites de l’acceptable".

Face au mutisme du club, les manifestants marquent le coup en distribuant des tracts aux passants, nombreux en cette fin de journée, et aux quelques acheteurs sortant de la boutique.

- Depuis 19 heures, début du rassemblement, les militants discutent avec les passants tandis qu’un vendeur immortalise le rassemblement avec son appareil numérique.
- Un groupe de jeunes venus faire des emplettes à la boutique ricane un peu lors que les manifestants scandent : "Supporters, les pédés sont derrière vous".
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Mais il n’est pas question que d’humour, le rassemblement est aussi politique puisque les manifestants, aux cris de "à la mairie de Paris, pas de subvention pour l’homophobie", incitent la Ville de Paris à lever le pied sur la subvention qu’elle accorde au club de foot, ce que le maire de Paris ne veut absolument pas faire (La subvention est actuellement de 2,3 millions d’euros).

Vers 19 h 15, des policiers discutent avec les RG, comme les manifestants n’entrent pas dans la boutique du club, tout se déroule dans le calme aux cris de
- "L’homophobie, c’est la guerre. Gloria Gaynor en colère"
- et autres "Foot : plus de caresses et moins de CRS".

Il est 19 h 45, la boutique ferme ses portes comme tous les jours. Les manifestants scandent : "Ils ont fermé, on a gagné". Deux jeunes femmes sortent du bureau. L’une regarde les manifestants et lancent un tonique "Allez l’OM !".

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15 11 2004 : communiqué commun > Académie Gay & Lesbienne, Act Up Paris, AGLA France, Commission Nationale LGBT des Verts, Les Panthères Roses, Paris Foot Gay, SOS Homophobie
http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=4996
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Au Paris Saint-Germain (P. S.G.),
le sexisme et l'homophobie aussi
jouent en Ligue 1 !

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Le 15 novembre 2004, une cinquantaine de militantEs contre les discriminations et pour les droits des personnes LGBT de l'Académie Gay et Lesbienne, Act Up Paris, AGLA France, la Commission LGBT des Verts, les Panthères roses, Paris Foot Gay, SOS homophobie … ont occupé la devanture de la boutique du Paris-Saint-Germain, située au 27 avenue des Champs-Elysées à Paris.

Elles et ils entendaient ainsi protester contre la direction de ce club, qui tolère régulièrement les pires dérapages sexistes et homophobes dans les tribunes.

De plus, cette action interpellait directement les clients et les supporters du club, dont l'indifférence face à la récurrence des propos incitant à la haine raciste, antisémite, sexiste et homophobe est plus que troublante.
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Il n'est en effet plus tolérable que les matchs joués par le PSG puissent servir de prétexte aux appels à la haine, au viol et au meurtre, comme ce fut encore le cas la semaine dernière.
- Le dimanche 7 novembre 2004, le match opposant le PSG à l'Olympique de Marseille a été une fois de plus l'occasion d'injures homophobes et sexistes particulièrement graves.
- Hurlées depuis les tribunes, ces injures s'étalaient aussi sur de grandes banderoles déployées dans le stade.

Or, le club est responsable de ces banderoles, il lui appartient de les contrôler à l'entrée du stade, et il le fait.

Seulement, comme le dit M. Larue, directeur de la sécurité du PSG, " Nous avons pris le parti de ne pas faire retirer ces banderoles de force, tant que cela reste dans certaines limites "

On ne saurait mieux dire que, pour la direction du club, le sexisme et l'homophobie relèvent du tolérable !
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Il y aura bientôt un an, dans le Nord, un homme était brûlé vif parce qu'il était homosexuel.

Des appels au meurtre proférés dans le Parc des Princes jusqu'à l'agression physique, il n'y avait qu'un pas, et il a été franchi. Il avait déjà été souvent franchi avant, il a encore été franchi de nombreuses fois depuis.

Le Garde des Sceaux avait promis une " loi Sébastien Nouchet " contre les propos discriminatoires. Si cette promesse avait été tenue, les banderoles vues au Parc des Princes auraient été interdites par la direction du stade ou l'auraient exposée à des poursuites !
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Nous demandons donc :

- Que la direction du PSG ne tolère plus les appels à la haine contre les femmes et les personnes LGBT ; qu'elle mette en place des politiques de sensibilisation au sexisme et à l'homophobie en direction de ses joueurs et de son public

- Que la Mairie de Paris assortisse les subventions qu'elle verse au PSG d'exigences à l'égard du club sur la lutte contre le sexisme, l'homophobie, le racisme et l'antisémitisme.

- Que le gouvernement mette enfin à l'ordre du jour du Parlement une loi pénalisant au même niveau les propos discriminatoires et les incitations à la haine raciste, antisémite, sexiste, homophobe et transphobe.
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Académie Gay & Lesbienne
Act Up Paris
AGLA France
Commission Nationale LGBT des Verts
Les Panthères roses
Paris Foot Gay
SOS homophobie

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12 3 2004 : illico > par Jean-François Laforgerie
http://www.e-llico.com/content.php?section=actu&id=2633

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Sébastien Nouchet : nouvelles mobilisations

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Les initiatives de soutien à Sébastien Nouchet se poursuivent.

- Plusieurs associations (Académie Gay et Lesbienne, Act Up-Paris, GAT-Groupe action trans, les Panthères roses) ont constitué un collectif pour l’égalité des droits pour défendre une plateforme de revendications, intitulée "L’homophobie, la lesbophobie et la transphobie tuent : Égalité des droits".
Elles se réunissent samedi 13 mars à 16h30 : 2bis, rue Elzevir, 75003 Paris.

- A Rouen, le Collectif "Comme ça !" invite les gays, lesbiennes, bisexuel-le-s, transexuel-le-s ainsi que les syndicats, les élus et toutes les personnes solidaires de nos revendications à se rassembler devant la Cathédrale le samedi 20 mars 2004 à 15h00.

Lire aussi notre édition spéciale
Mis en ligne le 12/03/04

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11 3 2004 : tetu.com > par Quotidien
http://www.tetu.com/mobile/info?num=6251

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Action : France

Agressions homophobes :
Nouvelle A.G. samedi à Paris

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À la suite du rassemblement de soutien à Sébastien Nouchet le 28 février, plusieurs associations (Académie Gay et Lesbienne, Act Up-Paris, GAT-Groupe action trans, les Panthères roses) et particuliers ont constitué un collectif pour l’égalité des droits.

L’objectif est de défendre une plateforme de revendications, intitulée « L’homophobie, la lesbophobie et la transphobie tuent : Égalité des droits ».

Une nouvelle assemblée générale se tiendra samedi 13 mars à 16h30 : 2bis, rue Elzevir, 75003 Paris.

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janvier 2004 : petition Appel contre l'homophobie
> Académie Gay & Lesbienne, Act-Up Paris, Aides, Centre Gai et Lesbien de Paris, Ligue des Droits de l'Homme et du Citoyen, Prochoix, Sida Info Service, SOS Homophobie ...
> Paule Alliot, Christian Baudelot, Aline Baudu, Daniel Borillo, Juliette Boyer, Hervé C., Didier Eribon, Eric Fassin, Jeanne Favret-Saada, Yann Galut, Christophe Girard, Guy Hascoët, Philippe Hayat, Marcela Lacub, René Lalement, Philippe Lasnier, Christine Le Doaré, René-Paul Leraton, Danièle Lochak, Noël Mamère, Jean-Pierre Michel, Marc Morel, Fayaza Omar, Vincent Pelletier, B. Phan Hoang, Franck Ricaud, Agnès Tricoire, Fiammetta Venner, Cy Yung, ...
http://www.archiveshomo.info/polemique_cadhp/401homophobie_appel.htm

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Appel contre l'homophobie
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Chaque jour en France, des hommes et des femmes se font injurier, harceler, agresser et discriminer uniquement en raison de leur homosexualité.
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L'épidémie de sida, puis le récent débat autour du Pacs a donné lieu à de multiples manifestations de rejet, de haine et de violence à l'égard des homosexuels/les.
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Les lesbiennes et les gays ont été caricaturés en une corporation menaçant la famille et mettant en danger l'équilibre de la société.

Afin que cesse cette violation avérée des droits de l'homme, nous demandons :
- La pénalisation de l'incitation à la haine homophobe (les injures, les appels à la violence ne doivent plus rester impunis),
- La répression des discriminations perpétrées à l'encontre des homosexuels/les,
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La mise en place d'une véritable politique de prévention de l'homophobie.

L'orientation sexuelle constitue une liberté fondamentale à part entière !
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Parmi les premiers signataires :

Ligue des Droits de l'Homme et du Citoyen, Act-Up, Aides, Centre Gai et Lesbien de Paris, Prochoix, Sida Info Service, SOS Homophobie, Académie Gay & Lesbienne, ...

Christian Baudelot, Daniel Borillo, Didier Eribon, Eric Fassin, Jeanne Favret-Saada, Yann Galut (député), Christophe Girard, Guy Hascoët (secrétaire d'Etat), Marcela Iacub, Christine Le Doaré, Danièle Lochak, Noël Mamère (député), Jean-Pierre Michel (député), Agnès Tricoire, Cy Yung, Fiammetta Venner, Paule Alliot, René-Paul Leraton, René Lalement, Philippe Lasnier, Marc Morel, Franck Ricaud, Philippe Hayat, Fayaza Omar, Juliette Boyer, Vincent Pelletier, Hervé C., Aline Baudu, B. Phan Hoang, ...

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17 5 2005 : 1ère Journée Mondiale de lutte contre l'homophobie > soutenez l'appel (août 2004) de Louis-Georges Tin
http://inter-centres-lgbt.france.qrd.org/10R/10Rcp10lgt.html
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Appel pour une
Journée Mondiale de lutte contre l'homophobie

Pour une reconnaissance internationale
des lesbiennes, des gais, des bi et des trans
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Selon une opinion largement répandue, l'omosexualité serait aujourd'hui plus libre que jamais :
- partout présente et visible, dans la rue, dans les journaux, à la télévision, au cinéma,
- elle serait même tout à fait acceptée, ce dont témoignent apparemment, dans plusieurs pays, les récentes avancées législatives sur la reconnaissance des couples de même sexe.

Certes, quelques ajustements demeurent nécessaires pour éradiquer les dernières discriminations, mais avec l'évolution des mentalités, ce ne serait en somme, selon certains, qu'une simple affaire de temps, le temps de faire aboutir un mouvement de fond lancé depuis plusieurs décennies déjà.
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Pour l'observateur un peu plus attentif, la situation est globalement bien différente : et à vrai dire, le XXe siècle a sans doute été une des périodes les plus violemment homophobes de l'Histoire :
- déportation dans les camps de concentration sous le régime nazi,
- goulag en Union Soviétique,
- chantages et persécutions aux Etats-Unis à l'époque de McCarthy ...

Évidemment, tout cela peut sembler loin. Mais bien souvent, les conditions d'existence dans le monde d'aujourd'hui restent très défavorables.

L'homosexualité est partout discriminée ;
- dans quatre-vingts Etats au moins, les actes homosexuels sont condamnés par la loi (Algérie, Sénégal, Cameroun, Ethiopie, Liban, Jordanie, Arménie, Koweït, Porto Rico, Nicaragua, Bosnie …) ;
- dans plusieurs pays, cette condamnation peut aller au-delà de dix ans (Nigeria, Libye, Syrie, Inde, Malaisie, Cuba, Jamaïque …) ;
- parfois, la loi prévoit la détention à perpétuité (Guyana, Ouganda).
- Et dans une dizaine de nations, la peine de mort peut être effectivement appliquée (Afghanistan, Iran, Arabie Saoudit e…).
- En Afrique, récemment, plusieurs présidents de la république ont brutalement réaffirmé leur volonté de lutter personnellement contre ce fléau selon eux "anti-africain".

Même dans d'autres pays où l'homosexualité ne relève pas du code pénal, les persécutions se multiplient.
- Au Brésil par exemple, les Escadrons de la mort et les "skin heads" sèment la terreur : 1.960 meurtres homophobes ont pu être recensés officiellement entre 1980 et 2000.
- Dans ces conditions, il paraît difficile de penser que la "tolérance" gagne du terrain.
- Au contraire, dans la plupart de ces Etats, l'homophobie semble aujourd'hui plus violente qu'hier.
- La tendance n'est donc pas à l'amélioration générale, tant s'en faut.
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C'est pourquoi nous proposons cette Journée Mondiale de lutte contre l'homophobie.
- Elle a pour but d'articuler action et réflexion afin de lutter contre toutes les violences physiques, morales ou symboliques liées à l'orientation sexuelle ou à l'identité de genre.
- Elle entend susciter, soutenir et coordonner toutes initiatives contribuant à l'égalité entre les citoyens en la matière, de jure, mais aussi de facto, et cela dans tous les pays où cette démarche sera possible.

L'organisation d'une journée de lutte contre l'homophobie dans chaque pays permettra d'inscrire nos luttes dans une démarche de solidarité avec toutes les personnes lesbiennes, gaies, bi et trans (LGBT) du monde entier.
- Mais il s'agit aussi d'inscrire nos luttes dans une démarche plus globale de défense des droits humains.

Depuis plusieurs décennies, dans le monde entier, de nombreuses actions ont été menées dans cette perspective, non sans succès d'ailleurs.
- Nous nous situons dans cette lignée :
- nous voulons renforcer les expériences engagées, donner plus de visibilité aux tentatives futures
- et nous en appelons aux instances nationales et internationales afin qu'elles inscrivent cette Journée dans l'agenda officiel, à l'instar de la Journée internationale de la femme ou de la Journée mondiale de lutte contre le sida.

La reconnaissance d'une telle Journée serait ainsi un engagement clair de la communauté internationale. Elle s'est mobilisée contre de nombreuses autres formes de discriminations et de violences sociales, mais pas encore sur ces sujets. Voici l'occasion.
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Ce texte a été rédigé par Louis-Georges Tin,
- directeur du Dictionnaire de l'homophobie (Presses Universitaires de France, 2003),
- président de "An Nou Allé !", Association des lesbiennes, des gais, des bi & des trans de Martinique et de leurs amiEs en vue de constituer et d'animer un CGL en Martinique (Membre associé, Association affinitaire de la Fédération française des CGL).

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Si vous aussi vous soutenez cette initiative, et si vous souhaitez que cette Journée de lutte contre l'homophobie soit inscrite officiellement au calendrier national et international, vous pouvez signer cette pétition sur http://www.ilga.org

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PREMIERS SIGNATAIRES DE L'APPEL :
Académie Gay et Lesbienne, Act Up-Paris, A Gauche En Europe (AG2E), Amnesty International France, ARDHIS, Association des Parents et futurs parents Gais et Lesbiens (APGL) , Association européenne pour la défense des droits de l'Homme (FIDH-AE), L'Autre Cercle, L'Autre Cercle IDF, Bagdam Espace Lesbien, Beit-Haverim, CARITIG, Centre Gai et Lesbien de Lille, Coordination des Lesbiennes en France, Collectif Contre l'Homophobie de Montpellier, Conservatoire des Archives et des Mémoires Homosexuelles, David et Jonathan, Etudes et Recherches sur les Orientations Sexuelles (EROS), Femmes publiques, Les Flamands roses, la FSU, Gay-Kitsch-Camp, Homosexualités et Socialisme (HES), Homoboulot, International Lesbian and Gay Association, ILGA-Europe Paris 2005, Inter LGBT, Inter Centres LGBT, Ligue des Droits de l'Homme (France), Ligue des Droits de l'Homme (Belgique), La Lune, Mémoire Gaie, Les Panthères roses, Sida Info Service, SNEG, SOS homophobie,

ET :
Pierre Albertini (historien, lycée Condorcet), David Auerbach (responsable associatif), Clémentine Autain (adjointe au maire de Paris), Robert Badinter (sénateur, ancien ministre), Nicolas Balutet (hispaniste, Université de Strasbourg), Christine Bard (historienne), Celia Baudu (technicienne), Denis Baupin (adjoint au maire de Paris), Edouard Bera (avocat au barreau de Paris), Sandra Boehringer (historienne, Université de Strasbourg), Flora Bolter (responsable associative), Eric Bordas (littéraire, Université Paris III), Daniel Borrillo (juriste, Paris X-Nanterre), Patrick Bray (doctorant, Harvard), Luc Brisson (philosophe, CNRS), Hussein Bourgi (chargé de mission, mairie de Montpellier), Marie-George Buffet (députée, ancienne ministre), Pierre-Olivier de Busscher (directeur de Sida Info Service), Patrick Cardon (éditeur), Alexandre Carelle (cadre culturel), Sylvain Cavaillès (écrivain) , Thomas Chaimbault (bibliothécaire, Université de Savoie), George Chauncey (historien, Université de Chicago), Sébastien Chauvin (sociologue, Université de Chicago), Natacha Chetcuti (doctorante, sociologie, EHESS), Michel Chomarat (Chargé de mission, mairie de Lyon), Lionel Choukroun (Directeur des Ressources Humaines), Micheline Convert (retraitée), Marianne Closson (littéraire, université d'Artois), François Cusset (écrivain), Erwann Debos (ingénieur), Orion Delain (photographe), Christine Delphy (sociologue, CNRS), Catherine Deschamps (sociologue), Florence Dupont (latiniste, Paris VII), Laurent Fabius (député, ancien premier ministre), Eric Fassin (sociologue, ENS), Michael Faure (sociologue), Maggie Flinn (littéraire, Université d'Illinois), Olivier Ferrand (maire adjoint du 3e arrdt de Paris), Geneviève Fraisse (philosophe, CNRS, députée au Parlement européen), Sandra Céline Frey (socio-politologue), Anne-Francoise Garreta (écrivaine, littéraire Rennes II), Monseigneur Gaillot (évêque), Christophe Girard (adjoint au maire de Paris), Christophe Gendron (éditeur), Raymonde Gérard (professeur de lettres honoraire, université de Picardie), Martine Gross (ingénieur de recherches, CNRS), David Halperin ( helléniste, philosophe, University of Michigan), Christelle Hamel (sociologue, EHESS, Université de Dijon), Serge Hefez (psychiatre), Ghislaine Hierso (économiste), Sylvie Hierso (professeur de lettres), Armand Hotimsky (sexotherapeute), Guillaume Huyez, (sociologue, EHESS), Christiane Klapisch-Zuber (historienne, EHESS), Marc Jaffeux (auteur dramatique, librettiste), Jean-Louis Jeannelle (littéraire, Université Paris IV), Gildas Le Berre (poète, responsable associatif), Raphaëlle Legrand (musicologue, Paris IV), Gonzague de La Rocque (médecin, sexologue) , Patrick Lozès (pharmacien), Noël Mamère (député, maire de Bègles), Philippe Mangeot (rédacteur en chef, Vacarme), Stéphane Martinet (maire adjoint du 11e arrdt de Paris), Joelle Matos (productrice, Canal +), Philippe Meynard (conseiller municipal de Barsac), Rostom Mesli (responsable associatif), Mohammed Mezziane (étudiant, EHESS), Jean-Pierre Michel (senateur, conseiller général), Janine Mossuz-Lavau (politologue, EHESS), Pierre Moscovici (député, ancien ministre), Cyril Nouveau (économiste, ENS, Cepremap), Ruwen Ogien (philosophe, CNRS), Guilhem de Pastors (communiquant), Alain Piriou (responsable associatif), Evelyne Pisier (professeur de droit public et de sciences politiques, Paris I), Jean-Manuel de Queiroz (sociologue, Rennes II), Jean-Christian Régnier (journaliste), Matteo Residori (italianiste, Paris III), Thierry Revol (médiéviste, Université Strasbourg II), Angelo Rinaldi (de l'Académie francaise, rédacteur en chef du Figaro littéraire), Yannick Ripa (historienne, Paris VIII) , Jean-Luc Romero (président d'Aujourd'hui, Autrement), Malik Salemkour (cadre territorial), Thierry Schaffauser (travailleur du sexe), Georges Sidéris (historien), Robert Simon (administrateur civil), Pierre Serne (conseiller municipal de Vincennes), Vincent Simonet (littéraire, Université de Reims), Anne Sinclair (journaliste), Anne Souyris (conseillère régionale), Alexis Spire (sociologue, CNRS), Dominique Strauss-Kahn (député, ancien ministre), Florence Tamagne (historienne, Université de Lille), Michel Tubiana (avocat), Helene Vecchiali (consultante en ressources humaines), Paul Veyne (historien), Dominique Voynet (ancienne ministre, sénatrice), Malik Zidi (acteur).

CORRESPONDANTS ÉTRANGERS :
Angleterre : Peter Tatchell ; Belgique : Dan Vam Raemdoncq ; Brésil : Luiz Mott ; Bulgarie : Aksinia Gentcheva ; Canada : Pierre Blain ; Colombie : Juan Pablo Cadavid ; Corée : Huso Yi ; Equateur : Francisco Guayasamin ; Espagne : Pedro Gonzalez Perez ; Inde : Ashok Row Kavi ; Irlande : Brian Finnegan ; Malaisie : Au Waipang ; Pologne : Yga Kostrzewa, Michal Pawlega ; Portugal : Fernando Cascais, Albino Cunha, Paulo Corte-Real ; Ukraine : Vlasdilav Topchev.

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Réponses de Louis-Georges Tin sur la
Journée Mondiale de lutte contre l'homophobie

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1 - Quels sont les objectifs pratiques de cette Journée ?
- En pratique, notre premier objectif est de susciter des actions. Elles pourront prendre des formes très diverses : un débat dans une classe, une exposition dans un café, une animation dans la rue, une émission à la radio, une projection dans une maison de quartier, une table ronde organisée par un parti politique, un concours de nouvelles lancé par un journal, une campagne de sensibilisation menée par un syndicat, etc. Ces initiatives pourront êtres portées par des associations LGBT (lesbiennes, gaies, bi et trans), par des organisations de défense des droits humains, mais aussi par des citoyennes et des citoyens de tous horizons. En effet, aujourd'hui, de nombreuses personnes qui ne s'intéressaient pas spécialement à l'homosexualité se sentent de plus en plus interpellées par ce problème qu'est l'homophobie.
- Le second but de cette Journée est de coordonner et rendre visibles les actions. Si elles ont lieu le même jour, elles seront d'autant plus visibles et efficaces. Et si ce jour devient un rendez-vous annuel, les médias et l'opinion publique seront d'autant plus attentifs aux questions soulevées, ainsi qu'aux progrès ou reculs constatés. Par ailleurs, ceux qui coordonnent cette Journée pourront faire le compte rendu des actions menées, renseigner les journalistes et favoriser les échanges de bonnes pratiques entre les acteurs de terrain.
- Ce projet a un troisième objectif : il s'agit d'inscrire cette Journée au calendrier national dans un maximum de pays, et ensuite, pourquoi pas, de la faire adopter au niveau international. Evidemment, c'est une visée lointaine, si ce n'est utopique. Mais la reconnaissance officielle n'est pas seulement un symbole, encore les symboles sont-ils une chose essentielle, on le sait bien. Elle contribuera à la pérennisation du combat. Elle permettra aussi de montrer que la lutte contre l'homophobie n'est pas seulement l'affaire des personnes homo, bi ou trans, mais qu'elle relève pleinement de l'autorité publique et de la volonté de l'ensemble de la société.

2 - Vaut-il mieux parler d'homophobie, ou de LGBTphobie ?
- Le mot "LGBTphobie" devrait permettre de tenir compte à la fois des lesbiennes, des gais, des bi et des trans. Malheureusement, ce qu'on voudrait gagner en visibilité, on le perd en fait en lisibilité. Le mot "homophobie" est aujourd'hui connu, et reconnu, dans un grand nombre de pays. Le mot "LGBTphobie" est, lui, à peu près inconnu dans la plupart des pays du monde. Par ailleurs, certains suggèrent même LGBTQphobie pour inclure les "queer". Pourquoi pas en effet ?
- Selon nous, tout est affaire de contexte. Une "Journée mondiale de lutte contre la LGBTphobie" aurait évidemment peu de chances d'être comprise du grand public, et encore moins d'être reconnue par les instances nationales ou internationales. Nous n'y gagnerions pas beaucoup. Et c'est pourquoi nous préférons la formule "Journée mondiale de lutte contre l'homophobie", à condition de rappeler sans cesse au grand public que notre combat ne concerne pas seulement l'homosexualité masculine, mais qu'il s'agit tout autant des lesbiennes, des bi et des trans. Dans ces conditions, l'expression LGBT nous paraît très utile afin de mettre en évidence la diversité des problèmes évoqués.
- En effet, l'homophobie concerne les lesbiennes (lesbophobie), les gais (gaiphobie) et les personnes bisexuelles (biphobie). Par ailleurs, notre engagement nous porte aussi à combattre la transphobie qui, quoique distincte de l'homophobie puisqu'elle concerne l'identité de genre et non l'orientation sexuelle, renvoie malgré tout à des dispositifs sociaux souvent proches des logiques homophobes elles-mêmes.
- En définitive, nous refusons les exclusives. Nous parlons de la "Journée mondiale de lutte contre l'homophobie", mais nous tenons aussi à rappeler au grand public que nous nous battons pour les droits des lesbiennes, des gais, des bi et des trans, c'est-à-dire pour les personnes LGBT, et contre toutes les discriminations en général.

3 - Qu'en est-il justement des autres discriminations ? Cette Journée contre l'homophobie ne risque-t-elle pas des les occulter ?
- Non. S'il importe d'envisager la Discrimination comme un phénomène général, il est nécessaire de la combattre aussi sous ses formes spécifiques – et l'homophobie est l'une de ces formes. Faute de quoi, le discours et l'action demeurent dans l'abstraction, dans l'indifférenciation, si ce n'est dans la confusion.
C'est d'ailleurs l'un des intérêts de la Journée internationale de la femme. Elle permet de mettre l'accent de manière spécifique sur l'inégalité entre les sexes. De même, la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie permettra de mettre l'accent de manière spécifique sur l'inégalité entre les sexualités.
- Cependant, la lutte contre l'homophobie débouche nécessairement sur l'affirmation des droits sexuels en général, qu'il s'agisse du sexe, du genre, de l'identité de genre ou de l'orientation sexuelle. C'est pourquoi elle rejoint le combat contre le sexisme ; ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les personnes les plus sexistes sont souvent, en même temps, les plus homophobes. Mais elle rejoint aussi la lutte contre le sida et contre toutes les infections sexuellement transmissibles, l'autonomie sexuelle ne pouvant guère s'exercer sans un accès minimal à l'information et aux soins.
- Enfin, la lutte contre l'homophobie débouche aussi sur l'affirmation des droits humains en général. Du reste, les associations LGBT s'engagent souvent bien au-delà des problématiques sexuelles, et elles se trouvent ainsi à l'unisson de nombreux autres mouvements sociaux dont elles sont bien sûr solidaires. Dans ces conditions, la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie favorisera le rapprochement entre les associations LGBT et les associations de défense des droits humains.

4 - En quoi la Journée Mondiale se distingue-t-elle de la Marche des Fiertés ?
- Ces deux événements se distinguent précisément dans la mesure où ils se complètent :
> au niveau du principe : les Marches mettent l'accent sur la fierté des lesbiennes, des gais, des bis et des trans, qui refusent l'opprobre ; la Journée mondiale, elle, montre que la véritable honte, c'est l'homophobie, laquelle doit être déconstruite dans ses logiques sociales et combattue sur le terrain ;
> au niveau de la pratique : à travers la Marche des fiertés, nous sortons dans la rue pour nous faire entendre de la société civile ; à travers la Journée mondiale, nous rentrons dans la société civile pour porter le débat au cœur même des institutions, des écoles, des quartiers, etc. On le voit, les deux démarches sont tout à fait symétriques et complémentaires.
- Par ailleurs, certaines personnes qui, quoique sensibles au problème de l'homophobie, pensent ne pas avoir leur place au sein d'une Marche des Fiertés, pourraient malgré tout apporter leur contribution à travers l'alternative que constitue une Journée contre l'homophobie. De manière analogue, mais à l'échelle internationale, dans certains pays où l'organisation d'une Marche des Fiertés est manifestement impossible, une action contre l'homophobie pourrait être envisagée à l'occasion de la Journée mondiale, surtout lorsque, officiellement du moins, l'homosexualité n'est pas condamnée par les lois en vigueur.
- En ce sens, la Journée mondiale peut constituer un levier politique prolongeant l'action des fiertés pour les personnes ou les pays qui ne peuvent pas (ou ne veulent pas) s'inscrire dans la logique de celles-ci. Mais dans l'ensemble, il est clair que ces deux démarches sont à la fois nécessaires et complémentaires.

5 - Parler d'homophobie, n'est-ce pas se complaire dans une attitude de victimes ?
- Il est peu probable que les victimes de l'homophobie aient lieu de se complaire dans un pareil rôle. Les actes et les discours homophobes sont une réalité qu'on ne peut (plus) ignorer. Notre but est précisément de dénoncer les violences passées et présentes pour prévenir, ou du moins limiter, les violences futures. Le problème n'est pas l'homosexualité, mais l'homophobie : nous devons donc concentrer nos efforts sur ce terrain.
- Que nous le voulions ou non, nous sommes toutes et tous des enfants de l'homophobie. Cependant, le combat que nous menons contre elle, et d'abord en nous-mêmes, nous rend plus forts qu'elle-même. Loin de nous affaiblir dans une attitude de victimes, la connaissance des mécanismes de l'homophobie sociale fait de nous des sujets plus autonomes. C'est pourquoi l'affirmation d'une politique LGBT ne peut se faire sans une déconstruction préalable des logiques qui la rendaient jusqu'alors impossible, et qui la rendent désormais nécessaire.

6 - La Journée Mondiale prendra-t-elle la même forme un peu partout ?
- C'est peu probable. L'homophobie prenant des formes très diverses selon les espaces géographiques ou sociaux, les réponses apportées seront certainement très différentes elles aussi.
- Dans de nombreux pays du Sud, le problème réside dans le mariage forcé (hétérosexuel bien sûr), notamment pour les femmes ; dans de nombreux pays du Nord, c'est l'interdiction du mariage (homosexuel bien sûr) qui est au cœur des débats. Dans certains milieux, les hommes sont exclus ou lynchés sur la place publique, tandis que les femmes sont enfermées ou punies dans le silence des gynécées. Dans certains cas, l'homophobie s'exerce au nom de Dieu, dans d'autres cas, au nom de la Science. Parfois, l'homosexualité est condamnée mais les transgenres sont "tolérés", et parfois c'est l'inverse. Selon les cas, la bisexualité est regardée comme un moindre mal ou comme le comble du vice, etc.
Bref, les situations sont multiples, et le travail de coordination générale ne pourra que révéler la couleur originale et spécifique des initiatives menées ici et là. De fait, depuis quelques décennies, de nombreuses actions très positives ont vu le jour. Les marches des fiertés ont lieu un peu partout dans le monde et sont de plus en plus nombreuses.
- En 1996, l'Afrique du Sud a ouvert la voie (bientôt suivie par l'Équateur) en affirmant dans sa constitution l'égalité entre tous les citoyens, quels que soient leur sexe, leur identité ou leur orientation sexuelle.
- Par ailleurs, depuis quelques années, existe aux Etats-Unis une journée du souvenir pour les victimes d'actes transphobes. Désormais, elle est aussi célébrée par des associations en Espagne, en France, au Chili et au Canada.
- Et depuis 2003, le Canada organise chaque année une Journée nationale de lutte contre l'homophobie dont nous devons nous inspirer.
- Enfin, au-delà des initiatives locales ou nationales, deux faits retiennent notre attention dans la mesure où ils mettent en jeu les instances internationales.
> Le premier concerne la récente résolution présentée par le Brésil à la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies pour faire reconnaître les droits des personnes LGBT. Bien entendu, nous ne pouvons que soutenir cette initiative et nous espérons qu'elle pourra être votée au plus tôt, malgré les obstacles rencontrés jusqu'ici.
> Le second fait est un peu plus ancien, mais n'est pas moins significatif : le 17 mai 1990, l'Assemblée générale de l'Organisation Mondiale de la Santé supprimait l'homosexualité de la liste des maladies mentales. Ce faisant, elle entendait mettre fin à plus d'un siècle d'homophobie médicale. Dès lors, poursuivant cette logique historique, nous souhaitons que le Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme et la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies condamnent également l'homophobie dans ses manifestations politiques, sociales et culturelles en reconnaissant cette Journée. La décision de l'OMS constitue pour nous une date historique et un symbole fort : nous proposons donc que cette Journée mondiale ait lieu chaque année le 17 mai.

7 - Quel est donc le calendrier des actions à venir ?
- Dans un premier temps, sur la base du texte proposé, nous voulons obtenir un maximum de signatures, par internet ou sur papier, dans un maximum de pays. Elles peuvent émaner d'associations LGBT, d'associations liées à la défense des droits humains, de syndicats, de partis politiques, de citoyennes, de citoyens, etc. Nous souhaitons également obtenir le soutien de l'ILGA (International Lesbian and Gay Association) et de ses branches continentales lors des prochaines réunions (à Katmandou, Budapest et Santiago du Chili).
- Ayant réuni un maximum de soutiens, nous voudrions fixer au 17 mai 2005 la première Journée Mondiale de lutte contre l'homophobie. Dans tous les pays où cela sera possible, la pétition pourra être remise officiellement aux autorités nationales ce même jour, de manière symbolique. Cela ne peut que renforcer la dimension internationale de notre engagement, et aider celles et ceux qui se trouvent dans des pays où ces actions ne sont pas encore possibles. Dès lors, nous pourrons dresser un premier bilan qui permettra d'améliorer et d'amplifier les initiatives des années à venir.
- Nous espérons que notre requête pourra être présentée aux Nations Unies dès la deuxième année ou, le cas échéant, la troisième ou la quatrième année, c'est-à-dire dès que la Journée mondiale aura pris suffisamment d'ampleur pour être présentée de manière significative.
- Évidemment, nous ne savons pas quand les Nations Unies reconnaîtront la légitimité et l'importance de nos actions, mais cela ne nous empêche pas de continuer notre combat contre l'homophobie et pour les droits des lesbiennes, des gais, des bi et des trans dans tous les pays du monde.

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